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Angoulême encage ses sans-abris

A la veille de Noël, dans l'après-midi du 24 décembre 2014, les habitants d’Angoulême, une ville moyenne du Sud-Ouest de la France, ont été effarés de découvrir neuf bancs d'une place du centre ville entourés de hauts grillages, “pour que les SDF ne viennent pas s'y alcooliser”. 

La municipalité assume la décision, prise, dit-elle, “en concertation avec les commerçants sédentaires de la place”.

L'indignation a été immédiate et a encore enflé quand on a appris que le maire d'Angoulême augmentait au même moment son indemnité d'élu :

Certains ont suggéré un boycott du célèbre festival annuel de bande dessinée d'Angoulême :

Le site web de la radio France-Info s'est fait l'écho de l'indignation des artistes de BD. Ainsi, Denis Robert, scénariste et membre du jury du festival international de la BD, qui n'est pas favorable au boycott, invite, sur sa page Facebook, ses confrères à écrire au maire :

Je ne suis pas un dingue des pétitions, mais avec quelques amis nous avons écrit ce court texte et l’avons expédié à la mairie d’Angoulême à cette adresse : communication@mairie-angouleme.fr
A recopier, à diffuser largement et à expédier à fond les manettes…

Mr le Maire,
Au début, nous avons cru à un gag mais il a bien fallu nous rendre à cette évidence. Vous avez réellement fait grillager les bancs publics d'Angoulême pour éviter que les sdf et autres punks à chien ne s'y posent. Il est très délicat pour nous, dessinateurs, journalistes, éditeurs, amateurs de bandes dessinées ou simples passants d'accepter cette manifestation d'intolérance, de laideur et d'indignité sans broncher. Nous vous demandons donc de retirer ces grilles et de rendre aux bancs publics d'Angoulême leur fonctionnalité. Nous aimerions y poser nos fesses lors du prochain festival. Cela vous éviterait des embarras et des manifestations supplémentaires de notre désarroi.

Le compte humoristique agencefrancePresque suggère sarcastiquement une mesure plus humaine :

L'utilisateur de Twitter @Nitro_Politic, qui se dit “En guerre contre la #pauvreté, la précarité, le racisme et les politiciens menteurs”, confronte l'installation aux commerces de la place :

Des jeunes ont montré leur solidarité avec les SDF visés :

Devant la polémique, le maire a fait discrètement retirer les grilles dans la nuit de jeudi à vendredi – provisoirement ?

Mais d'autres villes françaises, et des plus grandes, sont dans la même logique, comme dans l'exemple ci-dessous l'initiative d'une banque à Paris :

 Ailleurs, des dispositions plus accueillantes sont pourtant prises :

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