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#CharlieHebdo : Rachid, “je suis Français, et le hasard a fait que je sois d’origine arabe, et de culture musulmane. Aujourd’hui, je suis triste et apeuré.”

Catégories: Catastrophe naturelle/attentat, Dernière Heure, Liberté d'expression, Relations internationales, Religion

Sur Kombini [1], un jeune Français qui se définit comme ‘d'origine arabe et de culture musulmane” “par hasard”, a publié son témoignage, écrit dans la nuit suivant l'attentat de Charlie Hebdo.

l’auteur dessiné par Raphael Choyé

“Je suis Français, et le hasard a fait que je sois d’origine arabe, et de culture musulmane. Aujourd’hui, je suis triste.

Triste, de constater la réalité que nous subissons. Triste, au nom de la liberté. Souvent, je n’ai pas été d’accord avec la ligne éditoriale de Charlie Hebdo ; mais aujourd’hui, Je Suis Charlie. Il faut accepter la liberté de chacun. La liberté de partager un avis, ou la liberté d’être contre. Personne n’a le droit de mourir pour s’être exprimé.

Triste, de voir à quel point certains extrémistes salissent une religion qui ne prône en aucun cas, en aucuns termes, leurs convictions et leurs actes. Ces criminels ne représentent en rien une grande majorité d’arabes, une grande majorité de musulmans. Ils prétendent tenir entre leurs mains maculées de sang un Coran qui dit pourtant que tuer une seule personne revient à tuer l’humanité tout entière. Ces barbares ne sont pas l’islam ; ils sont le fardeau de l’islam.

Je suis triste, de devoir subir les conséquences de leurs agissements. Triste de voir la tournure prise par les événements. Triste, de devoir me justifier. Triste, de devoir me défendre pour un crime que je n’ai pas commis. Triste, d’observer des mentalités tomber dans le piège de l’amalgame. Quand un arabe devient un ennemi. Quand un musulman devient un terroriste.

Triste, d’essuyer certaines remarques, d’entendre quelques réflexions. Des mots, des regards, captés jusque sur une place symbolique, celle de la République à Paris, lors du rassemblement en hommage aux victimes. “De toute façon, que veux-tu faire avec ces gens de banlieue”, ces jeunes des quartiers, des cités.” Lire le post en entier sur Kombini [1].