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263Chat, la plate-forme de conversations qui séduit au Zimbabwe

Nigel Mugamu,  blagueur zimbabwe et fondateur de 263chat. Photo par Davina Jogi. Utilisée avec la permission.


Nigel Mugamu, blogueur zimbabwéen et fondateur de la plate-forme 263chat. Photo par Davina Jogi. Utilisée avec la permission.

263Chat est un projet qui a débuté en 2012 comme un hashtag sur Twitter pour encourager le dialogue et les conversations sur le Zimbabwe. L'idée a depuis été élargie pour inclure d'autres plates-formes de médias sociaux, des blogs collectifs, des événements en direct et de la formation et de la stratégie des médias sociaux. La plate-forme a remporté le prix pour l'utilisation novatrice de la technologie pour l'engagement communautaire au Telkom-Highway Africa New Media Awards [fr] 2013.

Pour en savoir plus sur cette initiative, nous avons récemment rencontré le fondateur de 263chat, Nigel Mugamu.

Ndesanjo Macha (NM): Merci d'avoir accepté de parler avec Global Voices. Pouvez-vous vous présenter ?

Nigel Mugamu: Merci beaucoup pour cette opportunité. L'Afrique a souvent été mal comprise. Donc en bref, je suis un passionné du Zimbabwe et de l'Afrique et intéressé à jouer un rôle en racontant l'histoire de l'Afrique à l'aide des médias sociaux et  d'Internet en général. Je porte souvent plusieurs casquettes, mais ma passion réside dans les médias.

NM: Le principal objectif de cette entrevue est d'en apprendre davantage sur 263Chat. Qu'est-ce ?

Nigel Mugamu: 263Chat est passée d'un compte Twitter et hashtag à un organe de presse qui utilise des outils de médias sociaux, des événements en direct et des blogs pour encourager le dialogue et les débats au Zimbabwe. L'idée est de s'engager dans ce que j'appelle “dialogue nécessaire” comme une façon de commencer quelque chose de positif dans la communauté.

NM: Quand avez-vous commencé 263Chat ?

Nigel Mugamu: J'ai d'abord eu l'idée en janvier 2012, mais je n'ai rien fait pendant neuf mois. J'avais peur, je suppose. J'étais inquiet de savoir si j'étais prêt à “m'exposer” et si le concept lui-même serait accepté par le grand public. À la fin de septembre 2012, nous avons eu notre première discussion #263Chat et nous en avons parlé tous les jours depuis.

NM: En dehors de Twitter, quelles autres plates-formes utilisez-vous?

Nigel Mugamu: Nous avons un site webune page FacebookGoogle +SoundCloud et YouTube en dehors du compte Twitter.

NM: Comment choisissez-vous un sujet de discussion ?

Nigel Mugamu: La nature des discussions est intéressante. Nous avons des conversations quotidiennes qui sont généralement lancées par la communauté. N'importe qui peut utiliser le hashtag #263Chat et le compte Twitter pour contribuer et partager ses pensées. Nous essayons de retweeter autant que nous le pouvons. Nous posons des questions et sondons encore. Nous aimons amplifier la voix des gens aussi – c'est important pour nous. La discussion la plus structurée de #263Chat les mardis est encore quelque peu différente, la communauté décide ou suggère un thème et je planifie et prépare l'information de base à l'avance. Les sujets dépendent de ce qui se passe à un moment donné.

NM: Qui d'autre est impliqué dans cette initiative ?

Nigel Mugamu: Maintenant, je ne peux pas gérer 263Chat selon mon bon vouloir. Ma femme joue un rôle fondamental dans le processus. Elle est ma “caisse de résonance” et fait beaucoup de recherches de base pour nous. Elle a été la première personne avec laquelle j'ai parlé de cette idée et, à l'époque, elle m'a immédiatement suggéré d'aller de l'avant. Je me demande où 263Chat serait sans son soutien initial. J'ai aussi une petite équipe de journalistes à Harare et Bulawayo qui nous fournissent du matériau pour le site. Nous essayons de publier sur une base quotidienne et encore une fois il y a plusieurs personnes qui contribuent avec leurs articles et leurs idées dans le processus.

NM: Quelles questions ont suscité un intérêt énorme sur 263Chat jusqu'ici ?

Nigel Mugamu: Les questions qui tournent autour des femmes, de la corruption et de la prestation de services ont tendance à susciter un énorme débat au sein de la communauté 263Chat. Bien sûr, il y a d'autres questions telles que les élections et la nouvelle constitution qui attirent beaucoup de gens dans les débats. La discussion se poursuit comme plus de gens se joignent à Twitter et d'autres plates-formes de médias sociaux en général. En fin de compte les questions aussi simples que le pain et le beurre ont tendance à dominer les conversations.

Le logo de 263Chat.

Le logo de 263Chat.

NM: Y a-t-il des questions que vous jugez trop sensibles au Zimbabwe pour en discuter sur 263Chat ?

Nigel Mugamu: Oui, il y a certainement des questions qui sont sensibles à discuter pour diverses raisons. Par exemple, je ne pense pas personnellement que 263Chat soit l'endroit le mieux placé pour mener une discussion sur Gukurahundi [une répression brutale des civils dans les terres Matebele par le président Robert Mugabe du Zimbabwe]. Nous avons besoin d'un organisme national pour conduire cette question pertinente pour le pansement des plaies et la réconciliation nationale. C'est un vrai débat qui doit avoir lieu, cependant, nous avons besoin d'une consultation plus large que le pays avec des gens et des organisations compétentes. Cela dit cependant, les gens parlent souvent ouvertement. Pas plus tard qu'hier il y avait une conversation sur Twitter à ce sujet on nous a inclus et nous y avons participé. Cependant, certaines questions doivent effectivement être résolues. Nous ne pouvons pas continuer à parler de la corruption, par exemple, tandis que ceux qui sont impliqués dans des activités de corruption ne sont pas interpellés et arrêtés. Toutefois, le dialogue que je ressens est un bon début.

NM: Est-ce que 263Chat a déjà eu des problèmes avec les autorités ?

Nigel Mugamu: Non, pas du tout et je ne m'attends pas qu'il y ait des ennuis.

NM: Que considérez-vous comme votre plus grande réalisation à ce jour avec l'initiative ?

Nigel Mugamu: Nous aimons célébrer les victoires simples. En arriver à ce point est un bon et un vrai départ. Je n'ai jamais eu des plans pour faire durer 263Chat aussi longtemps ou faire le travail dans lequel nous sommes impliqués. Le lancement du site a été énorme pour nous. Remporter un prix au Highway Africa en 2013 a changé le jeu pour nous d'une manière très importante.Des choses simples comme la mise en place de nos groupes de WhatsApp et la discussion qui a lieu tous les jours dans ces groupes est vital. J'apprécie et salue ces apparemment petites victoires.

NM: Quels sont vos grands projets pour 2015?

Nigel Mugamu: Nos plans pour 2015? Il y aura plusieurs événements, plusieurs événements à travers le Zimbabwe. La collaboration avec différents acteurs est essentielle. Nous devons travailler ensemble davantage surtout si nous opérons dans les mêmes espaces. Plus de contenus sur le site. Nous travaillons sur l'application 263Chat que nous aimerions lancer cette année. Nous espérons voir une croissance de l'organisation 263Chat.

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