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Argentine : un musée restitue officiellement la dépouille d'un chef Mapuche à son village

Museo de la Plata - Argentina del usuario de Flickr Cristian bajo licencia  (CC BY-NC 2.0)

Musée  de la Plata – Argentine . Photo sur Flickr de Cristian sous licence CC BY-NC 2.0)

Le Musée de la ville de La Plata en Argentine a fait restituer à la communauté indigène Tehuelche dans la ville de Tecka, la dépouille du Cacique Inacayal, qui est mort dans ce musée. En 1994, une première restitution partielle avait concerné les ossements, l'année dernière il s'agissait de sa tête embaumée et son cuir chevelu ainsi que des restes de son épouse et de sa nièce…

En 1881, A. Roca, alors président de l'Argentine, s'est lancé dans une campagne contre les aborigènes de Patagonie. Modesto Inacayal, leur cacique, après avoir résisté, a été fait prisonnier avec sa famille. En octobre 1886, le directeur du musée de la Plata lui a offert l'hospitalité. Perito Francisco Moren voulait ainsi le remercier pour son accueil pendant son séjour en Patagonie. Il s'installa alors au musée avec sa famille et y mourut en 1888 pour des raisons inconnues.

Le blog Les mystères de la ville de la Plata propose des hypothèses sur les causes de son décès :

 Il est mort le 24 septembre 1888 pour des raisons peu claires ; les théories suivantes ont été élaborées sur la cause de son décès :

  •  Il se serait suicidé de désespoir, étant loin de son pays et prisonnier dans le musée où il voyait exposés derrière des vitrines les restes de ses ancêtres.
  •  Il aurait été poussé dans les escaliers d'accès au musée alors qu'il se dénudait en public lors d'un de ses rituels. Ten Kate, un anthropologue, a observé que le squelette avait les os du nez cassés et qu'il lui manquait plusieurs dents 
  •  Enfin, la version la plus reprise dit que Inacayal, sachant qu'il allait mourir, a réalisé un rite, après lequel il a disparu. Voici ce que décrit le naturaliste italien Clemente Onelli,  secrétaire de Moreno : “Il ne bougeait déjà pratiquement plus de son fauteuil de vieillard, et un jour, alors que le soleil couchant faisait rougeoyer le majestueux propylée de cet édifice serti dans de sombres eucalyptus, Incayal apparut,  soutenu par deux indiens, sur l'escalier monumental. Il arracha ses vêtements, ceux des envahisseurs de sa patrie, fit un un geste en direction du soleil, puis un autre longuement vers le sud, prononça des mots inconnus et dans le crépuscule, l'ombre de ce vieillard accablé, seigneur de sa terre, disparut, furtive évocation de tout un monde….

  Voici ce qu'il écrit au sujet de ses restes :

 Le squelette du cacique a été  préparé pour être exposé dans ce musée où il avait vécu ses dernières années. Il est  ainsi resté exposé à la vue du public durant plus de 50 ans jusqu'aux années 40.

 Une première réclamation de ses restes avait été faite en 1994. En 2006 le processus de restitution a commencé grâce à la loi nationale 25.517 stipulant que ‘les restes des aborigènes, faisant partie des collections des musées ou de collections publiques ou privées, doivent être mis à disposition des peuples indigènes et/ou des communautés à qui ils appartiennent et qui les réclament”.

Une video réaliste et émouvante de Movimiento Estudiantil Liberación a filmé cet acte de restitution:

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