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Ce que cela signifie d'être un citoyen japonais, après l'exécution des otages japonais par ISIS

Images mixed by Izumi MIHASHI

Photomontage de  Izumi MIHASHI

En 1945, l'avancée des troupes américaines, et les exhortations de l'armée japonaise, ont conduit   des milliers de civils d”Okinawa à se donner la mort pour ne pas être capturés. La réaction des internautes japonais à l'exécution des civils japonais Kenji Goto et Haruna Yukawa par l'état islamiste (ISIS) évoque des circonstances extrêmes, comme celles de la tragédie d'Okinawa, il y a si longtemps. 

Dewi Sukarno,  une personnalité de la télévision japonaise, par ailleurs veuve de feu le premier président indonésien Sukarno, a déclaré qu'elle aurait préféré que les otages se donnent la mort eux mêmes :

私は 1970年6月、3才3ヶ月になった娘のカリナを連れて、パリからスカルノ大統領の 死の床に殺される事を覚悟で馳せ参じました。その時、只ひとつのことを神に祈りました。「もし私が銃弾に倒れることがあったら、どうか数秒でもいい、 カリナの命を我が手で絶つ力を与えて下さい」と願ったのです。カリナが敵の手におちることなど考えられなかったからです。不謹慎ではありますが、後藤さんに話すことが出来たらいっそ自決してほしいと言いたい。私が彼の母親だったらそう言います。我が子を英雄にする為にも ・・・

En Juin 1970, j'ai amené ma fille de 3 ans et trois mois, Carina, sur le lit de mort du Président Sukarno. J'était totalement prête à être assassinée. J'ai demandé à Dieu une seule chose :“Si je dois être exécutée, s'il vous plait, accordez-moi quelques secondes pour tuer Carina de mes propres mains”. Je ne pouvais pas imaginer Carina tombant aux mains des ennemis. Je sais que cela peut sembler impudent. Si je pouvais parler à M. Goto, je l'aurais pressé de faire harakiri. Si j'étais sa mère, c'est absolument ce que je ferais. Je voudrais que mon fils soit un héros.  

Le post de Mme Sukarno a reçu plus de 50 commentaires applaudissant sa prise de position, qui reflèterait celle des lecteurs (il est cependant bon de savoir que Mme Sukarno filtre et modère les commentaires sur son blog). Un commentaire anonyme :  

ジャーナリストの中には行ったことを擁護する発言をしている人もいましたが、その結果がどうでしょうか?取材の自由も大切かもしれませんが、日本国民全体を敵視される結果になった責任はどう考えるのでしょうか?

Certains journalistes défendent son droit d'aller là bas, mais ce qui en ressort est ceci : la liberté de la presse est peut-être importante, mais quid de la responsabilité qu'il y a à leur faire considérer toute la nation japonaise comme leur ennemie ?

L'ambassade du Japon est aussi largement critiquée en ligne pour abandonner à eux-mêmes ses citoyens à leur sort dans des pays dangereux. Asa Nonami, auteur de polars et de romans d'horreur, écrit :

大手新聞社で記者をしていた知人は、かれこれ20年以上前から海外で何らかのトラブルに見舞われたとき、日本大使館が動いてくれたことは唯の一度もなかったと言っていた。いつだって、見るに見かねた他国の大使館が手を差し伸べてくれたそうだ。この国は、そういう国だという覚悟が必要らしい。

Un de mes amis était reporter pour un grand groupe de médias. Il a souvent dit que l'ambassade japonaise ne l'a pas aidé une seule fois quand il a eu des problèmes dans un pays étranger. Les ambassades d'autres pays l'aidaient toujours, parce qu'elles ne supportaient plus de regarder en observateur,  sans rien faire. Il semble qu'il nous faille admettre le fait d'appartenir à un tel Etat. 

Rieko Saibara, auteure de mangas, se souvient que son mari, photographe de guerre, avait pour habitude de dire :

生前の鴨ちゃんが言ってた。ミャンマーで後ろから銃撃されて日本大使館に逃げ込もうとしたら日本人だと確認した上でドアを閉められた。命からがら師匠の橋田さんに報告したら「バカヤロー常識を知らんのか!迷わずアメリカ大使館に逃げるんだよ!あそこはとりあえず助ける!」

De son vivant, Kamo m'a raconté qu'il avait été touché par une balle au Myanmar, qu'il avait essayé de se réfugier dans l'ambassade japonaise. Quand l'ambassade japonaise a eu confirmation qu'il était bien un ressortissant japonais, ils ont fermé les portes. Il ne s'en est tiré que de justesse, et il a raconté plus tard ce qui s'était passé à son professeur. Ce dernier s'est écrié  :  “Espèce d'idiot ! Mais comment peut-on être aussi stupide que toi ! Tu demandes asile à l'ambassade des Etats-Unis sans hésitation ! Ils t'auraient aidé, qui que tu sois !”

Masahiko Komura, vice-président du Parti libéral démocrate japonais, n'a pas même dissimulé son peu de compassion pour les otages.

日本政府の警告にもかかわらず、テロリストの支配地域に入ったことは、どんなに使命感が高くても、真の勇気ではなく蛮勇と言わざるを得ない

Pénétrer sur le territoire des terroristes en dépit des avertissements du gouvernement japonais n'était pas courageux. C'était de la pure imbécilité, aussi intense qu'ait été leur conviction d'avoir une mission. 

Tous les Japonais ne sont pas aussi prompts à accuser les dernières victimes en date de ISIS. Keigo Takeda, ex-rédacteur en chef de l'édition en japonais de Newsweek, a expliqué comment il concevait le soutien qu'un état doit à ses citoyens :

違うね。セクハラでDVで保険料未納で反日的で興味本位で行って取っ捕まっても国民である限り救出努力義務を負うのが国家。 RT @ararano 個人が危険地帯に行く。それを止める意見も聞かず、自ら勝手にもたらした災い。それに無限責任を政府は追わないのが、道理。なにをトチ狂っているの

Non. Même si un harceleur sexuel, anti-Japon, qui n'a pas payé ses cotisations retraite, y va, par pure curiosité, et est enlevé, un Etat est contraint d'essayer de lui porter secours, tant qu'il s'agit de l'un de ses ressortissants.  

[Tweet en réponse à] @ararano:  Goto n'a pas écouté ceux qui ont essayé de l'arrêter, et il est allé dans la zone de danger seul. Il a provoqué le malheur qui lui est arrivé. Par ailleurs, la responsabilité d'un gouvernement  [envers ses citoyens] n'est pas illimitée par défaut.

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