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Comprendre la répression politique en Thaïlande avec une simple infographie

Infographic published by Prachatai, used with permission

Infographie publiée par Prachatai, utilisée avec permission.

L'infographie ci-dessus, imaginée par le portail d'information indépendant, Prachatai, donne un aperçu de la situation présente en Thaïlande, où depuis l'année dernière, l'armée est au pouvoir après avoir orchestré un coup d’État.

En mai 2014, l'armée thaïlandaise, sous le commandement du général Chan-ocha, s'est emparée du pouvoir par un coup d’État, imposant peu après la loi martiale à tout le pays. Sur sa lancée, elle a également suspendu la constitution, incarcéré plusieurs leaders politiques, mis étroitement sous contrôle les médias et interdit toute manifestation publique.

L'armée affirme que ce coup d’État était nécessaire pour rétablir la stabilité dans le pays et mettre fin aux vives confrontations entre les différentes forces politiques. Bien qu'elle se soit engagée à rétablir un gouvernement civil, celui-ci ne sera envisageable qu'une fois certaines réformes politiques et électorales mises en œuvre.

Approuvée en août 2014, la constitution provisoire a précédé la nomination des autorités civiles soutenues par les militaires et que le général Prayut, actuel Premier ministre, dirige. Un organe législatif a également été instauré, malgré que tous les membres qui le composent, aient été nommés par l'armée.

Dès le premier jour du coup d’État, les militants thaïlandais se sont opposés à la dictature militaire. Les citoyens ordinaires ont depuis rejoint ces militants dévoués à la cause de leur pays, exigeant du nouveau régime qu'il rétablisse les élections ainsi que d'autres droits démocratiques. La réponse de la junte s'est traduite par l'arrestation des manifestants et des opposants qu'elle suspectait, pour qu'ils reçoivent un traitement dit “d'ajustement comportemental”.

Cependant, cela n'a pas paralysé les Thaïlandais, qui ont eu recours à des moyens créatifs pour continuer à exprimer leur dissidence. Puisque les rassemblements publics de cinq personnes ou plus ont été prohibés, les manifestants se sont mis à transmettre  individuellement et  subtilement  leurs messages, comme lire le roman 1984 de George Orwell à bord des trains, imiter le salut à trois doigts de la trilogie Hunger Games ou bien interpréter l'hymne national français.

L'infographie de Prachatai énumère les quelques activités ordinaires que les autorités ont interdites au cours de ces neuf deniers mois :

  1. Tenir une feuille A4 blanche ou une feuille A4 où sont inscrits des messages contre le coup d’État
  2. Se couvrir le visage, les yeux et la bouche
  3. Soutenir les manifestants arrêtés
  4. Tenir un t-shirt avec le message “Pour la paix”
  5. Imiter le salut à trois doigts de la trilogie Hunger Games
  6. Se rassembler dans un McDonald's
  7. Lire le roman 1984 de George Orwell
  8. Manger des sandwichs dans un lieu public
  9. Interpréter l'hymne national français
  10. Porter une chemise rouge tout en vendant des calamars frits
  11. Tenir un discours pour dénoncer le coup d’État
  12. Porter un masque représentant une “personnalité”
  13. Porter un t-shirt où est écrit “Respectez mon vote”
  14. Contacter des journalistes ou être contacté par eux
  15. Courir pour la démocratie
  16. Tenir des pancartes où on peut lire “Tenir des pancartes n'est pas un crime”
  17. Publier sur Facebook une photo anti-junte et des messages “Non à la loi martiale”
  18. Organiser des colloques universitaires sur la situation politique du pays
  19. Se rassembler pour regarder la première de Hunger Games 3
  20. Distribuer des tracts où est écrit un poème ayant pour thème la démocratie
  21. Donner des saluts à trois doigts à Prayut, le chef de la junte
  22. Vendre des fruits avec en logo le visage de Thaksin Shinawatra (l'ancien Premier ministre)

Les personnes qui ont “commis” ces activités, ont été arrêtées pour “atteinte à la sécurité nationale de la Thaïlande”. La junte sombre dans la paranoïa aiguë.

Selon Prachatai, la suppression par la junte du droit à la liberté d'expression, n'a eu que pour seul résultat de couper davantage la population du régime :

Although these anti-junta actions have resulted in intimidation, arrest, detention, and lawsuits from the military, the junta’s draconian measures to suppress people who simply want to exercise their basic rights only drive more people against the regime.

Bien que ces actions contre la junte se soient traduites par des intimidations, des arrestations, des incarcérations et des poursuites de la part de l'armée, les mesures draconiennes de la junte pour réprimer les citoyens, qui souhaitent simplement pouvoir exercer leurs droits fondamentaux, ne font qu'élargir le cercle des opposants au régime.

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