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Le Danemark à la croisée des chemins après les attentats de Copenhague

"Old lady lighting a candle in honor of #CopenhagenShooting victims 2night in front of Aarhus city Hall alongside 100s," tweets @Fatenhbu

“Une vieille dame parmi des centaines de personnes allume une bougie en mémoire de victimes de la fusillade de Copenhague ce soir devant la mairie d'Aarhus” tweete @Fatenhbu

En 2013, le Danemark a été consacré “pays le plus heureux du monde”, et les Danois ont pu s'enorgueillir de l'environnement de sécurité, de tolérance et de liberté que leur pays leur assure. Pour la Saint Valentin, ce n'est pas l'amour qui était dans l'air dans le café de Copenhague où se déroulait un débat sur la liberté d'expression. Un homme y a ouvert le feu et laissé le pays choqué et incrédule.

L'individu, identifié par les médias danois comme Omar Abdel Hamid El-Hussein, 22 ans, a fait feu de nombreuses fois et tué le metteur en scène de cinéma Finn Norgaard, âgé de 55 ans. Plus tar, dans un autre attentat en soirée, El-Hussein a abattu Dan Uzan, 37, un Juif qui montait la garde devant la synagogue de Copenhague.

Cinq policiers ont également été blessés dans les deux attentats exécutés par le même homme. L'auteur des attaques a été tué par la police dimanche matin dans son quartier de Norrebro. La police danoise a arrêté deux personnes en liaison avec les attentats, qui auraient assisté le suspect en lui fournissant des armes et en l'aidant à se cacher.

L'artiste suédois Lars Vilks, qui assistait à la rencontre-débat, et recevait des menaces de mort pour ses dessins du prophète Mahomet, était, pense-t-on, la cible prévue. Il est désormais entré dans la clandestinité. L'ambassadeur de France François Zimeray était également sur les lieux. Tous deux en sont sortis indemnes.

Sur Twitter, Angelique Chrisafis, la correspondante à Paris du Guardian, partage cette photo de la vitrine du bar, criblée de balles :

Attentats de Copenhague : “tout le bar était sous une pluie de balles”

Les premières constatations ont établi que El-Hussain venait de sortir de prison, après avoir purgé une condamnation pour avoir agressé au couteau un jeune homme dans une gare en 2013.

Le ministre danois des Affaires étrangères Martin Lidegaard a indiqué à la BBC que le suspect était sur le radar de la police pour ses activités dans un gang criminel, et qu'il n'était pas un djihadiste de retour, mais un citoyen danois à la réputation de violence. Il a exhorté les Danois à “faire bloc” et “ne pas vivre dans la peur”.

Soutien et solidarité se sont aussitôt exprimés sur les médias sociaux, avec des photos de personnes se rassemblant devant la synagogue et déposant des fleurs à l'endroit où Dan Uzan a été tué.

Des dizaines de gens viennent devant la synagogue de Copenhague où un homme a été abattu, avec fleurs et billets “Je ne laisserai pas la peur gouverner”

La Premier Ministre danoise dépose des fleurs devant la synagogue de Krystalgade à Copenhague, après les attentats dans un centre culturel

L'endroit à Copenhague où l'assaillant de la fusillade danoise a été tué dimanche par la police, bordé de fleurs

Arabe né au Danemark, Philip Halloun, a créé une image du drapeau danois avec l'inscription en arabe : “Le Danemark c'est chez moi”. Il a partagé l'image sur sa page Facebook et a rapidement reçu de nombreux “j'aime” et partages :

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FunAbridged a partagé ce mème :

La France, qui n'est pas néophyte en matière de violence ciblée depuis l'attentat contre Charlie Hebdo, n'a pas hésité à étendre son soutien au Danemark.

Le journal français Libération a montré sa solidarité en dédiant son titre de une au Danemark :

Tandis que Maxime Haes partageait ce dessin montrant la solidarité de la France avec le Danemark :

Lynn, une étudiante japonaise de 21 ans en programme d'échange à Aarhus, qui n'a pas voulu donner son nom de famille, raconte qu'elle attendait la visite d'amis pour son anniversaire cette semaine, mais a été surprise de leur entendre dire que leurs parents s'opposaient à leur venue en Europe en ce moment, par crainte que la région soit la cible d'attentats, surtout depuis qu'E.I. a publié une vidéo revendiquant la décapitation d'un journaliste japonais. Lynn a déclaré à Global Voices Online qu'elle s'est efforcée de les convaincre que le Danemark était sûr, et qu'elle a été confortée par ses amis au Danemark qu'il n'y avait pas de lieu plus sûr.

J'ai été très surprise de cet attentat et ai été soulagée qu'ils ne viennent pas. Quand mes amis m'ont annoncé qu'ils annulaient leur voyage, j'ai trouvé cela exagéré, mais maintenant je pense que leur décision était bonne. Il peut y avoir des attentats partout.

Lynn fêtait la Saint Valentin et son anniversaire avec d'autres amis à Copenhague au moment des attentats et a compris qu'aucun endroit n'est totalement à l'abri.

Avant-hier soir, la ville d'Aarhus s'est jointe à Copenhague pour pleurer les victimes des fusillades. Des centaines de personnes se sont rassemblées devant l'Hôtel de Ville pour écouter le maire Jacob Bundsgaard exhorter la société danoise à s'unir et à avoir foi en les valeurs de démocratie et de liberté. Les gens ont levé le drapeau danois, allumé des bougies et déposé des fleurs pour honorer les victimes des attentats de Copenhague la semaine dernière.

Des centaines de personnes se rassemblent devant l'hôtel de ville d'Aarhus en solidarité après l'attentat de Copenhague pour pleurer les victimes.

Allumé de bougies autour de l'hôtel de ville d'Aarhus en deuil pour les victimes des attentats de Copenhague. Des centaines de présents.

Aarhus, la deuxième ville du Danemark, est connue pour abriter le journal controversé qui avait imprimé à l'origine les caricatures du Prophète Mahomet en 2005. Et aussi, la sulfureuse mosquée Grimhøj, qui aurait publiquement défendu l'E.I., et responsable de l'envoi d'au moins 22 des 100 combattants partis du Danemark pour rejoindre l'E.I. en Syrie et en Irak — des allégations démenties par l'imam de la mosquée, Abu Bilal Ismael.

Dans un entretien mené par l'auteur avec l'imam, ce dernier a affirmé n'avoir aucune idée avant leur retour de qui part combattre, arguant que la mosquée n'encourage pas les jeunes adultes à rejoindre les combattants à l'étranger. Pour lui, ce que ces jeunes adultes voient sur les médias sociaux et les atrocités commises par le président syrien Bachar Al Assad déclenchent leur sentiment de jalousie et de protection de leur religion et communauté, ce qui a pu les conduire à aller combattre aux côtés de leurs frères et soeurs à l'étranger.

Ismael a aussi été signalé comme ayant précédemment appelé en public à tuer des Juifs, selon une vidéo qui a refait surface sur les médias sociaux après la mort du vigile juif.

Il s'en est expliqué en disant qu'il avait seulement récité une prière demandant à Dieu de se venger et de punir les tueurs sionistes, en particulier ceux qui commettent des crimes contre l'humanité à Gaza, en Palestine, et non pas les Juifs en général.

“Je n'ai pas appelé au meurtre de non-musulmans, le faire n'est pas dans notre religion, parce que notre religion nous interdit d'appeler au meurtre d'innocents. Je n'ai pas appelé au meurtre d'innocents, juifs ou non-juifs. On a pris mes propos hors de leur contexte et on leur a donné un sens différent”, a-t-il dit.

Aarhus a aussi été largement critiquée, notamment par les partis conservateurs comme le parti anti-immigrantion du Peuple Danois, pour avoir mis en oeuvre une méthode douce à l'égard des djihadistes de retour, consistant à leur trouver un emploi et à les aider à se réinsérer dans la société danoise. Un contraste avec la sévérité des lois adoptées par les pays voisins comme la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni.

Mais pour un blogueur qui s'est surnommé Che's Little Brother, l'affaire devrait être l'occasion de discuter de l'immigration et du multiculturalisme au Danemark :

[Les attentats de] Copenhague rallume[nt] le débat sur la sécurité des Juifs en Europe. Et si on débattait d'imigration et de multiculturalisme en général ?

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