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#StopBokoHaram, la campagne des blogueurs camerounais

#StopBokoHaram campaign banner.

La bannière de la campagne #StopBokoHaram de l'Association des blogueurs du Cameroun. Photo utilisée avec autorisation.

Le groupe rebelle ultra-violent Boko Haram, qui occupe actuellement de larges pans du territoire nigérian, a lancé 114 attaques sur le sol camerounais l'année dernière, selon le gouvernement du Cameroun. Le mouvement a tué des centaines de civils camerounais, des dizaines de militaires, et perdu un millier de combattants dans ces opérations.

L'attaque la plus meurtrière de Boko Haram sur le sol camerounais a eu lieu le 4 février 2015, à Fotokol, où ont péri environ 90 civils, selon des sources officielles (d'autres sources ont évalué le nombre de morts à plus de 500).

En réaction aux attaques persistantes et de plus en plus macabres de Boko Haram au Cameroun et dans les pays voisins, l'association des blogueurs du Cameroun vient de lancer une campagne #StopBokoHaram. Selon le AfrIct blog :

The goal of the campaign is threefold: highlight the threat posed by the terrorist group in Cameroon, show support for Cameroonian troops who have so far held back the Boko Haram onslaught, and express solidarity with the people of the North region who have been hardest hit by Boko Haram.

L'objectif de la campagne est triple : mettre en lumière la menace posée par le groupe terroriste au Cameroun, montrer le soutien aux troupes camerounaises qui ont contenu jusqu'à présent l'offensive de Boko Haram, et exprimer la solidarité avec les populations du Nord qui sont les plus durement frappées par Boko Haram. 

Dans un entretien donné au quotidien gouvernemental Cameroon Tribune, Florian Ngimbis, président de l'association des blogueurs, a détaillé la motivation de cette campagne :

La blogosphère voudrait, au-delà des individualités fortes dont elle regorge, créer un vrai pole de conscience politique, non pas en créant un parti politique, mais en mettant la puissance de son réseau au service des causes nationales. C'est une modeste contribution à cette guerre qui n'est pas celle du Nord, mais bel et bien celle de tout notre pays et notre continent contre l’obscurantisme et le terrorisme.

La campagne s'est d'abord déroulée sur les médias sociaux, où les blogueurs ont partagé leurs opinions sur la guerre contre Boko Haram et expliqué pourquoi ils prenaient part à l'opération #StopBokoHaram. Le blogueur Ulrich Tadajeu Kenfac explique qu'il a rejoint la campagne pour prêcher un message de paix :

J’ai commencé à bloguer il y a quelques années pour « crier et forcer le monde à venir au monde » pour reprendre les mots de Sony Labou Tansi. Mais avec de tels désastres de notre espèce sur notre propre espèce, avec une pareille terreur qui décime des vies, terrorise des familles, on peut bien se demander avec Hölderlin « pourquoi des poètes en temps de détresse ? » Autrement dit, « pourquoi des blogueurs en temps de barbarie ? » Des blogueurs en temps de barbarie pour annoncer un message d’amour et de paix, un message de fraternité et d’humanité. C’est ce message que je passe aujourd’hui à travers mon blog. Que l’humain vive, que la paix et la fraternité soient nos valeurs pour que cesse Boko Haram et vive l’humain.

Pour la blogueuse Pulse Lounge, la campagne est une occasion de parler haut et fort contre Boko Haram :

Une amie m’a demandée implicitement quelle action je préconise, serai-je prête à prendre les armes ? J’ai souri. Question pertinente je l’avoue. Mon arme à moi ce sont mes mots, ma plume, ma facilité à poser mon ressenti, mes choix, mes idées à travers des textes. Mon action est celle d’inciter chaque camerounais peu importe sa géolocalisation d’oser parler, militer pour un retour de la paix au Nord du pays…
Le Cameroun est ma Terre, riche humainement et hospitalière. Je refuse que sa Liberté et son intégrité soient bafouées par des individus motivés par la haine gratuite et dont la force et le pseudo courage se cachent derrière des armes et la violence à des populations sans défense.

Au coeur de la campagne, il y a le recours des blogueurs à Facebook et Twitter pour publier des nouvelles du front ainsi que des messages patriotiques pour rallier les Camerounais à l'effort de guerre :

Des centaines de Camerounais les ont rejoints, en remplaçant leurs photos de profil et de couverure par les bannières spéciales créées pour la campagne, et en émettant des milliers de tweets avec le mot-dièse #StopBokoHaram. De nombreux utilisateurs de Twitter ont également exprimé leur soutien à cette campagne ou expliqué ce qu'elle signifiait pour eux.

L'utilisateur @DailyRetroCMR s'y donne à fond :

Pour Citizens Initiative, la campagne est un point de ralliement pour tous ceux qui combattent le terrorisme :

Nous faisons partie du mouvement pour stopper Boko Haram – La terreur gagne trop de terrain dans le monde entier : rejoignez-nous, où que vous soyez !

@DarealBlueMagic dit qu'il s'agit dans cette campagne de promouvoir les valeurs que chérissent les Camerounais et qui sont inscrites dans le blason de leur pays :

L'utilisateur @Camerlive saisit l'occasion pour rappeler l'avertissement d'Edward Burke sur les piège de ne rien faire face au mal :

Boko Haram signifie “L'éducation occidentale est interdite” en haoussa. La blogueuse Fadimatou Bello édicte une réfutation sans ambiguïté de ce message rétrograde :

Un certain nombre de musiciens camerounais se sont aussi joints à la campagne, il faut notamment citer la collaboration d'un groupe de musiciens urbains qui ont produit une chanson appelée Je Suis Kolofata en l'honneur d'une ville dans l'extrême nord du Cameroun attaquée à maintes reprises par Boko Haram :

La campagne #StopBokoHaram a aussi eu un écho hors du Cameroun, ainsi dans la communauté des blogueurs togolais :

Le soutien étranger le plus remarqué est venu de Guillaume Soro, ex-premier ministre de la République de Côte d’Ivoire et actuel président de l'Assemblée Nationale ivoirienne :

Grâce à la campagne des blogueurs camerounais, beaucoup de leus concitoyens ont pris conscience que la guerre contre Boko Haram n'est pas qu'une “affaire du Nord” mais une guerre contre une secte terroriste dont les agissements menacent la souveraineté et la stabilité du Cameroun.

La gratitude de l'opinion pour l'Association des blogueurs camerounais est résumée par ce tweet de Georgie du Kamer :

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