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L'importation de films de Bollywood fait un drame au Bangladesh

Film Development Corporation complex, The hub of the film industry in Bangladesh.

Le campus de la Film Development Corporation [Compagnie de Développement Cinématographique], centre névralgique de l'industrie cinématographique au Bangladesh. Photographie via Wikimedia. CC By 3.0

Au Bangladesh, les distributeurs de film et les propriétaires de salles ont puni le célèbre acteur Shakib Khan pour avoir mené les manifestations contre la diffusion de films indiens dans le pays, en suspendant la diffusion de tous les films dans lesquels il joue.

Khan n'était pas le seul à manifester. De nombreux acteurs, metteurs en scène et ouvriers de production ont participé à la campagne contre la diffusion des films de Bollywood de peur qu'elle ne provoque l'effondrement d'une industrie locale déjà boiteuse. Au moment des manifestations, le film de l'acteur indien Salman Khan, “Wanted”, sortait tout juste dans soixante cinémas bangladais.

Les manifestations se sont arrêtées fin janvier après avoir obtenu la promesse du gouvernement de ne plus importer de films indiens.

Les distributeurs et propriétaires de salles défendent leur décision de diffuser des films de Bollywood en argumentant que les films indiens attirent un public plus important que les films bangladais et leur permet de garder leurs affaires à flot. Ces dix dernières années, le déclin de l'industrie du film bangladais a causé la fermeture de plus d'un millier de cinémas. A un moment, près de cent films étaient réalisés chaque année. Aujourd'hui il n'y en a plus que trente à quarante. (Lisez cet article de Global Voices pour plus d'informations)

Le Bangladesh avait interdit les films indiens depuis la courte guerre de 1965 entre l'Inde et le Pakistan, lorsque le Bangladesh faisait partie de ce dernier. Le gouvernement a ensuite brièvement levé l'interdiction en 2010, se pliant aux exigences des cinémas en difficulté. Mais il l'a rapidement rétablie à la suite des protestations furieuses des acteurs et metteurs en scène locaux, qui affirmaient que l'industrie du film bangladais risquait de subir les conséquences des importations.

Afin de sauver l'industrie chancelante et ramener les spectateurs dans les cinémas, le gouvernement a à nouveau levé l'interdiction en 2015.

Pendant ce temps Shakib Khan, l'acteur interdit de diffusion, écrit sur Facebook :

কোন একটি দেশকে ধ্বংস করার প্রথম শর্ত সেই দেশের সংস্কৃতিকে ধ্বংস করে দেওয়া। বাংলাদেশে হিন্দি সিনেমা মুক্তির সিদ্ধান্ত নিয়ে একটি কুচক্রিমহল বাংলাদেশের চলচ্চিত্র নয়, দেশ ধ্বংসের পাঁয়তারা করছে।

La première chose à faire pour détruire un pays, c'est de détruire sa culture. En décidant de diffuser des films de Bollywood au Bangladesh, un groupe de conspirateurs est en train de détruire le pays.

L'utilisateur de Facebook Kallol Mustafa pense que l'importation de films indiens va renforcer la suprématie de la langue hindi et de la culture indienne :

আমি বিদেশী ছবি আমদানীর বিপক্ষে নই। বরং সারা দুনিয়ার মানসম্পন্ন ছবি যেন দেশের মানুষ দেখতে পারে সেটাই আমার কাম্য। কিন্ত সেটা এখন যেভাবে বাজারি প্রতিযোগীতার মাধ্যমে করার কথা বলা হচ্ছে তার পক্ষে নই। কারণ বাজার দেখে মুনাফা, মুনাফার প্রয়োজনে বাজার বাজারি ছবিই আমদানী করবে আর তার সাথে প্রতিযোগীতায় লিপ্ত হয়ে এদেশের চলচ্চিত্রের পুরো বিলুপ্তি ঘটবে নতুবা আরও অধগতি হবে আর পার্শ্বপ্রতিক্রিয়া হিসেবে হিন্দীভাষা আর আধিপত্যবাদী সংস্কৃতি আরো জাকিয়ে বসবে।

Je ne suis pas contre l'importation de films étrangers. Je voudrais bien que les Bangladais puissent voir des films de qualité du monde entier. Mais là, la diffusion des films indiens n'est promue que pour des raisons commerciales. Ces intérêts commerciaux n'iront chercher que des films commerciaux qui rapporteront de l'argent rapidement. De cette façon, l'industrie cinématographie nationale sera perdante: elle ne pourra pas rivaliser avec les films indiens à gros budget et l'impérialisme culturel sera  renforcé.

Wahid Ibne Reza proteste également contre la diffusion des films indiens :

সিনেমার বড় পর্দায় আমাদের অনেক নিজস্ব গল্প আছে বলার। এই গল্প বলার অধিকার ছিনিয়ে নেবার অধিকার পৃথিবীর কারো নেই।

Nous avons nos histoires locales à raconter sur grand écran. Personne ne devrait être capable de nous enlever cela.

Le blogueur Himu aborde la question de façon plus logique : doubler les films en bengali.

বাংলাদেশের দাপ্তরিক ভাষা দুটি, বাংলা ও ইংরেজি। এর বাইরে অন্য কোনো ভাষার চলচ্চিত্র নিয়ে যদি প্রেক্ষাগৃহ মালিকরা ব্যবসা করতে চান, সেক্ষেত্রে বাংলায় ডাবিংকে অবশ্যপালনীয় শর্ত হিসেবে রাখা হোক। একই সাথে এ ডাবিং হতে হবে বাংলাদেশের কোনো ডার্বিং স্টুডিওতে, এমন শর্তও আরোপ করা হোক।

Les langues officielles du Bangladesh sont le bengali et l'anglais. Si un propriétaire de salle veut gagner de l'argent en diffusant des films étrangers, il devrait les faire doubler. Cela devrait être la loi. Ce doublage devrait aussi être réalisé dans le pays, il devrait être ajouté.

Le journaliste et blogueur Rezaur Rahman Rizvi est contre l'importation de films étrangers. Pourtant, le blogueur Ekush Tapader est d'avis que les films du monde entier devraient être importés :

নির্লজ্জ নকলবাজরা যখন বলে তমুক দেশের সিনেমা চালালে আমরা সিনেমা বানানো বন্ধ করে দেব তখন সেটা জাতির জন্য আর্শীবাদ :)
পৃথিবীর সমস্ত দেশের, সমস্ত ভাষার সিনেমা দেখতে চাই।

Je pense que ce sera une bénédiction pour le pays quand les producteurs d'imitations annonceront qu'ils s'arrêtent si les films d'un certain pays sont diffusés. Je veux regarder des films de tous les pays et dans toutes les langues.

Screenshot of Video label for the movie Beder Meye Jotsna, the best commercial success for Bengali movies. Image courtesy Image arcade.

Copie d'écran de l'affiche du film Beder Meye Jotsna, le plus grand succès commercial des films bangladais. Il a rapporté 150 millions de takas. Image fournie pas Image arcade.

L'utilisateur de Facebook Pritom Ahmed mentionne que certains films réalisés au Bangladesh sont des copies de scripts et de chansons de films de Bollywood. Les acteurs bangladais adoptent même Khan comme nom de scène, copiant ainsi une tendance des acteurs montants de Bollywood qui eux-mêmes imitent les superstars comme Salman Khan et Shah Rukh Khan :

এদেশে হিন্দি সিনেমা প্রদর্শন বন্ধের দাবি তোলার আগে আমি দাবি জানাই বাংলা সিনেমার নায়কদের নামের পাশে বোম্বে ইন্ডাস্ট্রি থেকে ধার নেয়া “খান” উপাধি লাগানো বন্ধ করেন । যে দাদা ভাইদের নামের অংশ নিজের নামের সাথে জুড়ে দিয়ে নায়ক স্ট্যাটাস নিয়েছেন, যে দাদা ভাইয়ের ব্রেসলেট থেকে শুরু করে চুলের ডিজাইন পর্যন্ত নকল করছেন সেই দাদা ভাইয়ের বিরুদ্ধে লড়বেন কি ধইঞ্চা হাতে ??

Avant d'interdire les films indiens dans ce pays, cessez, s'il vous plaît, d'ajouter “Khan” au nom de l'acteur imitant Bollywood. Comment voulez-vous les combattre si vous les imitez de la tête aux pieds ?

La page Facebook Dhallywood Karcha fait écho à la déclaration de Pritom :

হিন্দি সিনেমা প্রদর্শনে এতো জোরালো বাধা ও হিন্দি সিনেমার প্রতি এতো তীব্র ঘৃণা থাকার পরেও তাদের সিংহভাগ সিনেমা কেন হিন্দি সিনেমার কপি পেস্ট? এই নকলের ব্যাপারে তাদের জোরালো কোন ভূমিকা কখনো দেখা যায় না কেন? তাহলে প্রতিবাদের কারণ কি নিজেদের অক্ষমতা? ভালো, মৌলিক ও মেধা না খাটিয়ে সিনেমা বানাতে চাওয়া? অথবা নকল ধরা পড়ার ভয়?

Ils haïssent immensément les films de Bollywood et manifestent contre leur importation. Dans ce cas, pourquoi est-ce que la majorité de leurs films sont des copies de films indiens ? Pourquoi n'essaient-ils pas de changer cela ? Est-ce que ces protestations ont lieu maintenant parce qu'ils pourraient être découverts ? Ou bien est-ce qu'ils refusent d'investir temps et argent dans la production de films uniques et de qualité ?

Le journaliste et blogueur Mahbub Morshed écrit :

এইসব টিভি চ্যানেল আর এইসব সিনেমা আর এইসব এফডিসি দিয়া ভারতীয় বিনোদন আধিপত্য ঠেকানো যাবে না। নিজস্ব বাজার সংরক্ষণের নামে আবাল পোষার দিন শেষ। কচু বনের শেয়াল রাজাদের দেখে দেখে হয়রান হয়ে গেলাম।
এবার নতুন কিছু করো।

On ne peut pas entraver l'impérialisme du divertissement indien en bloquant les chaînes de télévision et les cinémas, ou via la mauvaise Film Development Corporation [Compagnie de Développement Cinématographique]. L'époque où on protégeait une bande d'idiots au nom de la protection de notre propre marché est révolue. Faisons quelque chose de nouveau.

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