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Au Guatemala, “les Puissantes” utilisent le théâtre contre la violence

Naciendo

“Naciendo” (Naissant) est une nouvelle production du groupe Las Poderosas. Photographie fournie par le groupe et publiée avec autorisation. 

Avec des représentations à la fois thérapeutiques et responsabilisantes, le groupe de théâtre guatémaltèque Las Poderosas (les Puissantes) envoie, depuis la scène, un message très fort en faveur de l'égalité des sexes et contre la violence faite aux femmes. Leur travail s'est développé à travers les médias sociaux et dans la région depuis 2008. Pour ces femmes, le théâtre est un moyen de guérir, condamner, communiquer et sensibiliser dans un pays où, d'après les données d’ONU Femmes, “deux femmes meurent (de violences) en moyenne chaque jour.”

Le groupe s'est formé après avoir participé à une expérience théâtrale dans le documentaire de Marco Canale “Hoy puedo ser” (Aujourd'hui je peux exister). Cette expérience a mené ces femmes à se consacrer entièrement à explorer le pouvoir du témoignage et le monde des émotions. Leur objectif principal est l'écriture et la représentation de pièces qui révèlent les différentes formes de violence: de la plus évidente à la plus subtile, celle qui demeure invisible dans la vie quotidienne et n'est remarquée que lorsque observée de façon collective.

Le blog Heroínas (Héroïnes) raconte l'histoire de Las Poderosas : 

El gusanito del teatro invadió las entrañas de estas siete mujeres y sus hijos, que decidieron continuar con el montaje escénico y hacer presentaciones a lo largo y ancho de Guatemala. […] De las vueltas del destino y de un sueño que tuvo Lesbia Téllez [una de las participantes] en el cual, estas supervivientes se veían sobre el escenario vestidas de luchadoras, nace “Las Poderosas”. Una compañía de teatro sin parangón que tiene como propósito, sanar a aquellas personas que han sido objeto de la violencia mediante la catarsis y el espacio creativo que ofrece el teatro. […] Cuando se les pregunta qué significa para ellas el teatro, esta “Liga de la Justicia” de siete heroínas […] no dudan en asegurar que ha sido su salvación y el motor de cambio de sus vidas.

Ces sept femmes et leurs enfants ont été mordues par le virus du théâtre, alors elles ont décidé de continuer à se produire sur scène et jouent à travers tout le Guatemala. […] Las Poderosas est né grâce à un coup du sort et un rêve de l'une des participantes, Lesbia Téllez. Les survivantes arrivent sur scène vêtues comme des luchadoras [lutteuses]. La mission de cette compagnie théâtrale sans pareil est de guérir les victimes de violence à travers la catharsis et l'espace créatif qu'offre la scène. […] Quand on leur demande ce que le théâtre signifie pour elles, les sept femmes de cette “Ligue des Justicières” n'hésitent pas : il a été leur salut, une force motrice du changement dans leurs vies.

La bande-annonce du groupe donne une meilleure idée de leur style et de leur approche. La vidéo montre les membres de Las Poderosas partageant leurs expériences :

Mi marido me mandó matar. Me dispararon al corazón. Perdí mi brazo, pero hice justicia.

Mon mari a donné l'ordre de me tuer. On m'a tiré dans le coeur. J'ai perdu mon bras mais j'ai obtenu justice.

Las Poderosas participe également à des ateliers communautaires avec des femmes de différentes régions du Guatemala ou d'ailleurs. Elles encouragent les femmes à partager leurs expériences afin d'attirer l'attention sur la violence et y apporter des solutions. Un exemple de leurs efforts est leur implication dans la Journée internationale  pour stopper la violence contre les femmes, avec “près de soixante femmes de huit municipalités du département de Sololá, dont certaines sont des dirigeantes et survivantes de la violence.”

Leur dernière production, “Naciendo” (Naissant), examine les nombreuses facettes de la violence, y compris sa présence dans l'héritage culturel mixte du Guatemala et dans sa douloureuse guerre civile, qui a fait plus de 250 000 morts. De façon plus profonde pourtant, elle amorce une conversation sur le corps, le sexe et la recherche de soi.

Naciendo Poderosas

Scène de Naciendo. Publiée avec autorisation.

[“Naciendo”] nace de una investigación sobre nuestra sexualidad, nuestro origen y la guerra. Hablamos con nuestras madres, con nuestras hijas, con nuestras nietas y con mujeres sobrevivientes del conflicto armado, buscando las huellas de nuestra historia, de nuestro país, la historia de nuestros cuerpos.¿Qué es lo que vivimos? ¿Qué estamos por vivir?

Hacer esta obra, recordar, tratar de entender las sombras y la luz, nombrar, cantar o hablar sobre cómo hacemos el amor, fue una forma de mirar a los ojos ese camino tan ancho que cada una de nosotras guarda adentro.

Mirarlo como si fuera un río.

Es el lugar desde el que estamos naciendo.   

“Naciendo” est né d'une recherche sur notre sexualité, sur nos origines, et sur la guerre. Nous avons parlé à nos mères, à nos filles, à nos grand-mères, et aux femmes qui ont survécu un conflit armé. Nous avons cherché les traces de notre histoire, de notre pays et de nos corps. Qu'est-ce que nous vivons-là ? Qu'est-ce que nous allons vivre ?

Monter cette pièce, nous souvenir, essayer de comprendre l'ombre et la lumière, nommer, chanter ou parler de la façon dont nous faisons l'amour a été une façon de regarder ce chemin en face, ce chemin qui prend tant de place et que chacun d'entre nous garde à l'intérieur.

    Le contempler comme on contemple une rivière.

    C'est l'endroit d'où nous venons.

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