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Un artiste chinois censuré pour avoir voulu vendre un T-shirt Ai Weiwei

T-shirt designed by Wu Tun, now available for purchase at corlectionstore.com

On peut maintenant acheter le T-shirt créé par Wu Tun sur corlectionstore.com

Ceci est une version résumée d'un entretien avec Wu Tun, propriétaire d'un site de vente en ligne que la plateforme Taobao a obligé à fermer en novembre 2014. L'entretien a été mené par Yi Que Tang  et a été publié en chinois sur  pao-pao.net le 10 février 2015. Mandy Wong en a fait une traduction en anglais reprise par Global Voices.

En novembre dernier, alors que tous les vendeurs enregistraient des records sur le site de vente en ligne chinois Taobao, Wu Tun, un artiste de 28 ans, s'est vu interdire la vente de son T-shirt. Après 5 jours sur le site et 10 ventes de ce T-shirt, l'aventure de Wu s'est brusquement arrêtée à cause d'un T-shirt particulier. Sur le T-shirt on voit une inscription écrite sur un mur en brique “愛 Can’t Be Here”. Le caractère chinois signifie “amour” – qui peut être transcrit par “Ai”.

Par ce simple T-shirt Wu voulait créer une action en ligne pour soutenir le projet d’ Ai Weiwei, le célèbre artiste dissident assigné à résidence en Chine depuis 2011, Ai (Love) Can’t Be Here (Ai -l'amour- ne peut pas être ici). “J'ai décidé de soutenir ce projet et d'y participer quand j'en ai eu connaissance”, dit Wu, “je pensais que c'était une façon subtile de soutenir Ai Weiwei et je ne m'attendais pas à ce que les autorités de censure me trouvent. Les conditions politiques actuelles tendues ne permettent l'existence ni de Ai (Ai Wewei) ni de ai (l'amour).”

Mais Wu n'a pas renoncé à soutenir Ai Weiwei. Il est décidé à poursuivre ses efforts pour vendre ses T-shirts.

La police détient le passeport d'Ai depuis 2011, et il ne peut pas se rendre à l'étranger. Je souhaite que mon action attire l'attention de beaucoup de monde sur sa situation. Je fais aussi cela pour moi. J'ai été obligé de fermer mon site marchand à cause du T-shirt. Je veux continuer à reproduire des T-shirts et je cherche des sites qui puissent le vendre.

Wu a créé une page sur Indiegogo, la seconde plateforme américaine de financements participatifs, où l'on trouve un descriptif du projet et une vidéo promotionnelle. Le Grand Pare-feu ne l'a pas bloqué et son contenu est accessible en Chine continentale. Mais le contenu de la vidéo, hébergée sur YouTube, n'est pas visible.

Wu souhaite que la vidéo soit vue par un maximum d'internautes chinois, car elle explique ses motivations et son soutien à Ai Weiwei et critique les pratiques de censure d'internet en Chine continentale. Un soir très tard, début février, il a téléchargé la vidéo sur Youku, une version chinoise de YouTube, en espérant que que la vidéo resterait plus longtemps et pourrait être vue s'il la postait la nuit. Mais le lendemain matin elle avait déjà été supprimée.

Wu était furieux, et il constate tous les jours que la censure devient de plus en plus rigoureuse :

Je suis de la génération d'après 1985, et j'ai commencé à utiliser internet un peu plus tôt que les autres. J'ai commencé à surfer sur le net quand j'étais à l'université en 1999. A cette époque-là je recherchais de la musique, des articles à la mode, des jeux et tout ce qui peut intéresser les jeunes. Subitement de nombreux sites ont été bloqués pour des raisons inconnues. Plus tard, j'ai appris que Fang Binxing (le grand développeur ou “père” du Grand Pare-feu) et son GPF travaillait en coulisses. Inimaginable d'utiliser un VPN et contourner le pare-feu uniquement pour regarder une vidéo. C'est la même chose avec la fermeture de mon site sur Taobao. Quand j'ai compris que Ai Weiwei était un mot interdit en Chine, j'ai remplacé le prénom de Ai par Amour mais les autorités ont aussi fermé mon site marchand. Des amis d'outre-mer m'ont demandé pourquoi et je n'ai pas su comment leur expliquer…

Wu a essayé d'utiliser un VPN pour contourner la censure, mais de nouvelles restrictions sur l'utilisation des VPN en Chine lui ont compliqué la tâche. “J'ai besoin de Twitter, et un VPN est indispensable pour les internautes chinois”, déclare Wu. “Poster la photo d'un chaton sur Twittet est actuellement un luxe, c'est très difficile. Se connecter à un VPN avec un smartphone, c'est comme gagner le gros lot au loto.”

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