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L’opposition met en exergue le non-respect de la constitution en Guinée

via Guinee360 avec leur permission

Les leaders de l'opposition se sont retrouvé à Paris – via Guinee360 avec leur permission

Les leaders de l’opposition républicaine, notamment Cellou Dalein, Sidya et Kouyaté, se sont réunis les 22 et 23 mars 2015 à Paris. Lors de cette rencontre, ils ont fait une déclaration dans laquelle ils ont pris des décisions pour étouffer ‘’la dictature’’ qui ‘’émerge’’ en Guinée.

Ces trois leaders, accompagnés de Bah Oury, de Hadja Tété Nabé et de Baidy Aribot, ont passé en revue les quatre ans de gestion du pouvoir par Alpha Condé. Ce bilan, au-delà de plusieurs aspects jugés négatifs par l’opposition, est caractérisé par ‘’la violation répété’’ de la Constitution:

La gouvernance d’Alpha CONDE s’est illustrée depuis son installation comme Chef de l’État guinéen par un mépris total de l’Autorité de la loi et une violation systématique des dispositifs de la Constitution fondant les principes de l’État de droit. 

peut-on lire dans cette déclaration de Paris datée du 23 mars 2015.

L’opposition reproche au président Alpha Condé d’être le président de son parti et son ‘’refus’’ de mettre en place certaines institutions constitutionnelles nationales: 

La déclaration de ses biens et patrimoines (cf article 36 ), la démission officielle de son poste de Président du RPG (article 38), la délivrance du message annuel de l’Etat de la nation (article 50), l’installation de la Haute Cour de Justice (articles 117 à 120) et les mises en place de la Cour Constitutionnelle et de la Cour des Comptes (article 160) ne sont pas effectives tout au long du mandat présidentiel. 

A cela ils ajoutent le cas de l’Institution nationale indépendante des droits humains (INIDH), les différents assassinats enregistrés pour la plupart lors des manifestations politiques.

Aux yeux de l’opposition guinéenne, les lois nationales ne sont pas les seules à avoir été violées par le gouvernement d’Alpha Condé. C’est le cas notamment du contrôle par le pouvoir central de la décentralisation. Les opposants d’Alpha Condé rappellent que l’installation des délégations spéciales, est illégale au tant que leur maintien après la période de six mois: 

Ces attitudes politiciennes méconnaissent également l’article 2 point 2 du protocole de la CEDEAO sur la Démocratie et la Bonne gouvernance, signée et ratifiée par la Guinée, qui stipule ‘’les élections à tous les niveaux doivent avoir lieu aux dates et périodes fixées par la constitution et les lois électorales’’. L’État guinéen est à ce jour en butte à plusieurs contentieux juridiques devant des juridictions internationales du fait des violations de l’article 13 relatif au code foncier et domanial notamment en ce qui concerne la protection du droit de la propriété foncière et la procédure d’expropriation pour cause d’utilité publique.

Selon l’opposition, c’est la violation de cet article 13 du code foncier et domanial qui aurait découragé les investisseurs guinéens et étrangers de poursuivre leurs activités dans le pays. Suite à ces différents constats, ces leaders de l’opposition confirment leurs décisions prises lors de leur déclaration du 6 mars 2015. A cela, s’ajoutent de nouvelles décisions de taille : «Au vu de toutes ces dérives: M. Alpha CONDE perd toute légitimité pour présider encore aux destinées de la Guinée. Son maintien au pouvoir constituerait une grave menace pour la paix et l’unité de la Guinée et la stabilité de la sous-région. Au regard de tout ce qui précède, les leaders ont décidé:

De renforcer l’unité et la cohésion de l’opposition qui va s’atteler dès maintenant à l’élaboration d’un programme commun de gouvernement ;

De rentrer immédiatement en Guinée pour mener avec les autres partis politiques et toutes les forces vives du pays la lutte pour le respect de la Constitution, des lois de la République et des accords.

Il reste à savoir si l’opposition va appliquer à la lettre ces décisions qu’elle vient de prendre. Car, bon nombre de citoyens l’accuse d’être trop ‘’flexible’’ face à un pouvoir ne compte que préserver ses avantages.

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