Toutes les langues dans lesquelles nous traduisons les articles de Global Voices, pour rendre accessibles à tous les médias citoyens du monde entier

En savoir plus Lingua  »

Des enfants qui ont des enfants : pas d'école pour les jeunes mariées au Népal

Girls from Newar community wearing traditional wedding dresses take part in Bael Bibaha, a practice where a girl is wed to a bael fruit, representing one of the gods, before her marriage. Image by  Nabin Baral. Copyright Demotix (3/12/2011)

Des fillettes de la communauté Newar en robe traditionnelle de mariage prennent part au Bael Bibaha, une pratique où une jeune fille épouse un fruit du bael. Ce n’est pas un mariage d’enfants, mais un rite traditionnel qui symbolise qu’une fois mariées (adultes), elles ne seront jamais veuves parce qu'elles auront été mariées enfants à un symbole divin (le fruit). Copyright Demotix (3/12/2011)

(Billet d'origine publié le 3 mars 2015) Les enfants-parents sont une dure réalité en Asie du Sud où le mariage d’enfants reste très répandu malgré les efforts des gouvernements et de la société civile pour le combattre. Dans cet environnement, ce sont en particulier les jeunes filles qui souffrent d’être piégées dans un cycle de pauvreté. Le terme mis soudainement à leur éducation piège la prochaine génération d'enfants qui auront dans le même destin.

Dans le monde, environ 1 femme sur 4 était mariée avant l’âge de 18 ans, avec les plus hauts taux de mariage d’enfants en Asie du Sud.

Le Népal a la neuvième plus haute prévalence de mariages d’enfants au monde et compte un tiers des fillettes mariées…

L’année dernière, 4 000 jeunes mariées au Népal avaient moins de 15 ans, en dépit du fait que l’âge légal pour le mariage des filles et des garçons soit de 18 ans avec consentement parental et 20 sans consentement.

Affectant principalement la classe historiquement la plus marginalisée, les dalits (également connus comme ‘les intouchables’ pour leur position dans le moribond système de castes hindou), le mariage d'enfants est souvent conduit en secret ; en partie rituel en partie nécessité économique, dans les basses-terres du Sud du pays connues sous le nom de Terai. Dans certains districts de l’est du Terai, les données de 2012 montrent que plus de la moitié des mariages concernent des jeunes filles âgées de moins de 12 ans.

Le Népal a aboli le mariage d'enfants il y a 50 ans. Néanmoins, 4 femmes sur 10 sont mariées avant leurs 18 ans. Refus=enlèvement.

Une enfance perdue

Une fois mariées, les jeunes épouses doivent immédiatement faire face aux responsabilités d’adulte qui leur sont imposées par leurs communautés. La procréation — malgré le fait qu’elles ne soient prêtes ni physiquement ni émotionnellement — est une des principales attentes.

Selon le Fonds des Nations Unies pour la Population (FNUAP), lorsque une mariée trop jeune se retrouve enceinte, ses risques de mourir pendant l'accouchement sont cinq fois plus élevés que pour une jeune femme d'une vingtaine d'années.

Après avoir élevé des enfants, il est fort peu probable qu’elle ait la chance de reprendre son éducation, ce qui la laisse à la merci de l'analphabétisme, d’abus physiques et moraux, et de la pauvreté.

Selon un rapport réalisé en 2014 par le Partenariat Mondial pour l’Éducation, au Népal le taux d’alphabétisation des femmes est de seulement 57 %, comparé à 75 % pour les hommes, largement dû au taux élevé d'abandon scolaire dans le pays. De plus, des recherches indiquent que les jeunes filles qui se marient avant leur 15e anniversaire ont trois enfants ou plus que les femmes âgées de 20 à 24 ans.

Une des principales raisons pour lesquelles les jeunes filles sont mariées jeunes est liée à leur dot, la somme dont les parents doivent s’acquitter pour payer la famille du marié.

Quand une jeune fille prend de l'âge et devient plus éduquée, le prix de sa dot augmente. En effet, les prix allant de 200 à 20 000 dollars, selon l’âge de la mariée et ses qualifications, découragent les parents démunis d'envoyer leurs filles à l’école. Ses beaux-parents, eux-mêmes analphabètes, la forceront de toute façon à se consacrer aux tâches ménagères. Ceci explique pourquoi certains spécialistes ont affirmé que la meilleure manière de combattre la pratique serait de poursuivre pénalement les familles, mais la loi serait difficile à faire respecter dans des zones où la portée de l’État est limitée.

S’échapper est difficile. Mais certaines, comme cette enfant dalit de 13 ans kidnappée qui fut à la fois courageuse et chanceuse, peuvent retourner à l’école.

Les garçons souffrent aussi. Shashank Bengali, le correspondant du Los Angeles Times en Asie du Sud, explique que le mariage d'enfants est une manière courante de contrôler la sexualité des garçons et de se débarrasser d’eux dans les familles nombreuses.

À l’âge de 13 ans, nombre d’entre eux traversent la frontière avec l’Inde pour trouver du travail en tant que travailleurs migrants, laissant femme et enfants à la maison se débrouiller tout seuls.

Rompre un cycle

Avec le effets bien documentés de la pratique, de nombreuses personnes questionnent un apparent manque de progrès dans le combat contre cette pratique :

Voici Sonakshi Malik, marié, le mariage d'enfants est endémique au Népal, pourquoi le gouvernement est incapable d’y mettre fin ???

Le gouvernement népalais et des militants civiques ont tenté de s'attaquer au système de la dot :

Veuillez regarder & vous engager Vidéo pour changer les normes sociales afin de mettre fin au mariage d'enfants & à la dot au Népal

Une contribution totale de 146.000 roupies népalaises reçue lors de la Campagne Nationale pour l'Éradication du Mariage d'enfants et de la Dot, Népal, à ce jour.

Ces efforts sont entravés par d’autres réalités comme le fait que les écoles sont surchargées, et très éloignées des villages, rendant lla scolarisation difficile.

Mais il y a de l’espoir. 

Depuis 2009, les écoles ont été rendues gratuites pour les jeunes filles jusqu'à la 10e classe. Ceci a donné naissance à des histoires inattendues telle celle de jeunes filles gagnant une autonomie à travers la pratique du football ou choisissant réellement leur mariage.

Certains observent la montée de rendez-vous galants rendue possible par la pénétration de la culture hindi de Bollywood et des téléphones mobiles :

Il est stupéfiant de constater que 41 % de femmes au Népal sont mariées avant d’atteindre 18 ans. Que faites-vous quand c’est par choix ?

Des adolescents qui travaillent comme avocats dans l’ouest du Népal suggèrent que dans une société patriarcale comme le Népal, émanciper les jeunes filles pour créer du changement est plus pertinent que jamais :

Regardez ce que des adolescentes des districts népalais de Kapilvastu, Kavre et Sindhupalchowk disent à propos du mariage d’enfants :

Mettre fin à la pratique du mariage d’enfants, néanmoins, requerra beaucoup plus d’efforts :

Des interventions multi-sectorielles sont nécessaires à tous niveaux pour mettre fin au mariage d’enfants en Asie du Sud, dit l'UNFPA Népal

En novembre 2014, des Etats de l’Association Sud-asiatique pour la Coopération Régionale (ASACR) ont donné suite à l'adoption en août 2014 d’un Plan d’Action Régional pour mettre fin au mariage d'enfants avec un Appel à l'Action de Kathmandu pour mettre fin au mariage d'enfants in Asie.

Ces plans soutiennent l'objectif précis de mettre fin au mariage d'enfants à travers l’utilisation de l'état de droit et de stratégies légales qui promeuvent la responsabilité pour mettre fin au mariage d'enfants.

Il est à espérer que ces nouveaux pas en avant auront un impact fort.

Ce dernier tweet nous laisse avec de l’espoir que quel que soit l’âge d’une personne, un regard neuf est toujours possible :

“Mes petites-filles se marieront après l’école.” certains anciens discutaient école et mariage d’enfants…nous écoutions.

1 commentaire

  • […] Les enfants-parents sont une dure réalité en Asie du Sud où le mariage d’enfants reste très répandu malgré les efforts des gouvernements et de la société civile pour le combattre. Dans cet environnement, ce sont en particulier les jeunes filles qui souffrent d’être piégées dans un cycle de pauvreté. Le terme mis soudainement à leur éducation piège la prochaine génération d'enfants qui auront dans le même destin.  […]

Ajouter un commentaire

Merci de... S'identifier »

Règles de modération des commentaires

  • Tous les commentaires sont modérés. N'envoyez pas plus d'une fois votre commentaire. Il pourrait être pris pour un spam par notre anti-virus.
  • Traitez les autres avec respect. Les commentaires contenant des incitations à la haine, des obscénités et des attaques nominatives contre des personnes ne seront pas approuvés.

Je m'abonne à la lettre d'information de Global Voices en Français
Non merci, je veux accéder au site