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L'avenir de l'audiovisuel francophone se trouve en Afrique

“Ensemble, nous deviendrons une force” Capture d'écran de la bande-annonce de “Ady Gasy”, un documentaire les façons joindre les deux bouts à Madagascar, par Lova Nantenaina via YouTube

“Ensemble, nous deviendrons une force” Capture d'écran de la bande-annonce de “Ady Gasy”, un documentaire les façons joindre les deux bouts à Madagascar, par Lova Nantenaina via YouTube

L'audiovisuel francophone a récemment été sous les feux des projecteurs avec le succès du film Timbuktu et du documentaire malgache Ady Gasy. Le marché de l’audiovisuel français étant actuellement en baisse, certains voient en l’Afrique un moyen de relancer la croissance du secteur. Mais si le continent a des atouts pour être un marché d’avenir du développement audiovisuel il a également de nombreuses carences. L’Afrique: terre alternative prometteuse pour l’audiovisuel français ?

[Ce billet est une republication d'un article publié sur Economie Afrique avec la permission de l'auteur de l'article] 

Les prévisions sont unanimes : en 2050, 85% des francophones seront en Afrique. Une population qui y est très jeune et au vue de l’enthousiasme croissant des jeunes générations pour les écrans, les acteurs de l’audiovisuel français ont vite compris tout le potentiel et les promesses de succès de ce marche. Un secteur où tout reste à construire en matière de communication: ordre juridique pour orchestrer son développement, création du câble (quasiment inexistant), développement de l’ADSL…

Les Français ont été dans les premiers à s’installer et à développer le marché. Dès les années 2000, de nombreuses coopérations ont vu le jour, notamment avec les chaînes francophones TV5 ou CanalSat ou bien encore la création d’organe de contrôle comme le conseil supérieur de l’audiovisuel 1. Suivant le pas de ces pionnières, des chaînes françaises ont relevé le défi et tenté de tirer leur épingle du jeu. Ainsi la chaine musicale TraceTV a décidé d’y installer son réseau. Et elle a bien fait ! La croissance fut extrêmement rapide et aujourd’hui l’Afrique représente un tiers de son chiffre d’affaire. La chaîne a même vu bien plus grand en décidant d’étendre son réseau aux mobiles et à la radio.

Malgré ces succès et même si le développement du secteur semble idyllique et promis à une belle réussite pour les candidats, très peu d’entreprises françaises ont osé le pari et, aujourd’hui le secteur est finalement occupé principalement par des entreprises chinoises ou américaines surpris et heureux de trouver la place libre !

Un marché difficile à atteindre pour les français 

Pourquoi une telle hésitation des entrepreneurs français ? Instabilité politique, problèmes de corruption, pénétration économique très compliquée, infrastructures absentes…alors que les français étaient les premiers et historiquement et linguistiquement les mieux places, ils sont aujourd’hui peu nombreux et n’émettent rien d’autres que des signes d’hésitations.

Un problème qui interpelle même les politiques français ! Ainsi, le 11 septembre 2014, alors que l’assemblée nationale française débattait de la stratégie à appliquer pour réintroduire leur audiovisuel sur le marché africain, Bernard Chaussegros suggéra une réinvention du modèle économique : plutôt que de subventionner des organismes et entreprises, « pourquoi ne pas favoriser la coopération entre locaux et groupes français ? ». Cela permettrait, selon lui, une insertion plus rapide. Ainsi, les entreprises françaises apporteraient la structure et les entreprises locales l’action directe.

Mais il semble que les médias français se soient réveillés et ai dépassé leur préjugés. Ainsi, le groupe Lagardère a monté un bureau de production télévisuelle. Canal + a lancé, en octobre 2014, A+, une chaîne consacrée aux contenus africains avec l’ambition de devenir « la grande chaîne africaine ». Suivant son exemple, Euronews va proposer, en 2015, Africanews, une TV d’information multilingue panafricaine.

A l’heure où les économies européennes sont en stagnation l’Afrique semble être le continent où investir pour les compagnies de l’audiovisuel. Mais la croissance n’attend pas, surtout dans les NTIC et, déjà, les places sont chères ! Les Français risquent de regretter cet eldorado perdu et son manque de témérité. Tant pis pour eux !

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