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Les réseaux sociaux sont la bouée de sauvetage pour les victimes du tremblement de terre au Népal

Rescuers trying to dig out people still suspected to be buried in the ruins of the Hari Shakher Temple in Patan. Photo taken by Kunda Dixit, editor of the Nepali Times. Use with permission.

Les sauveteurs essaient de dégager des victimes probablement ensevelies sous les décombres du temple Hari Shakher à Patan. Photo de Kunda Dixit, rédacteur du Nepali Times, utilisé avec sa permission.

Ta maison vient de s'écrouler. Les gens sont en train de hurler dans la rue. Tu ne peux pas joindre ton frère qui est à l'autre bout de la ville car les téléphones ne fonctionnent plus. Mais tu peux encore poster des messages sur Facebook et informer tes amis sur ta situation, qu'ils soient en Chine ou à New York. Tel est le quotidien à Katmandou depuis le 25 avril, quelques heures après un des pires tremblements de terre qui ait frappé le pays en 80 ans.

Le bilan des victimes ne cesse d'augmenter à chaque heure, dépassant déjà les 2.000, et les habitants essaient de surmonter de nombreux obstacles : de fortes répliques sismiques, des traumatismes, l'angoisse de ne pas avoir de nouvelles de ses proches, la pluie et un gouvernement peu préparé à ce genre de catastrophe. Par contraste, les réseaux sociaux se sont mobilisés très rapidement, et fournissent des informations vitales en dehors des réseaux traditionnels du téléphone et des médias.

Grâce aux bonds de la technologie, l'information est transmise par les rares personnes à Katmandou qui disposent encore d'un accès aux réseaux sociaux internationaux comme Twitter, Facebook et par ceux qui sont en dehors du Népal – les membres de la diaspora népalaise, les spécialistes en aide d'urgence et en réseaux sociaux, mais aussi de nombreux amoureux du Népal (anciens touristes, pèlerins) qui collectent les données pour apporter un appui essentiel aux populations et pour mobiliser les efforts de tout le monde.

Le grand écrivain népalais Prajwal Parajuly a dit à Global Voices via un message Facebook :

On a ressenti le tremblement de terre à Gangtok, au Sikkim, sur une longue période de temps. Ma mère a dit que ce n'était pas aussi long que celui de septembre 2011. On n’ a pu contacter aucun membre de la famille de ma mère à Katmandou, du coup je suis allé sur Twitter pour voir ce qui se passait. C'était affreux — les premières images étaient insoutenables.

Sur le terrain, les nouvelles de la situation au Népal sont aussi commentées par un autre écrivain, Manjushree Thapa, sur sa liste Twitter Népal. Kashish Das Shrestha, travailleur d'une ONG, a posté des photos de la situation dans la rue:

Tremblement de terre historique au Népal ; beaucoup de pertes et de deuils, autant à reconstruire. On espère que le pire est derrière nous. Restez vigilants et à l'abri.

Réactions des communautés de langue chinoise 

La Chine, le grand voisin au Nord du Népal, accorde une grande attention à la catastrophe par l'intermédiaire de ses réseaux sociaux comme Weibo (l'équivalent chinois de Twitter) et Weixin (l'équivalent de WhatsApp, aussi appelé WeChat en anglais) pour plusieurs raisons.

La Chine est sujette à des tremblements de terre majeurs – le dernier en date étant celui de 2008 qui a coûté la vie à près de 90.000 personnes – et celui qui vient de frapper le Népal a aussi causé des victimes au delà de la frontière en régions tibétaines. Les gens sont très sensibles à ce genre d'informations car ils se sentent directement concernés vu les fortes densités de population en Chine.

Ensuite, le Népal est un des rares pays à accorder un visa à l'arrivée pour les touristes chinois – ce qui fait que de nombreux touristes de Chine continentale – plus de 100.000 par an depuis 2013 – visitent le Népal comme touristes, alpinistes, pèlerins bouddhistes et ont noué des liens personnels avec des guides, chauffeurs, managers d'hôtel, propriétaires de magasins, traducteurs, moines et peintres de thangka  [peinture sacrée bouddhiste révérée par les bouddhistes en Chine et ailleurs].

Screen capture from a Chinese Buddhist community public account from WeChat.

Capture d'écran d'un compte public WeChat d'une communauté bouddhiste chinoise.

L'image spirituelle et romantique du Népal a été portée aux nues par un film chinois à grand succès, Up in the Wind [En attendant le vent] en 2013. Mais de nombreux bâtiments historiques et religieux montrés dans ce film ont été détruits.

Le Népal est une destination majeure pour les pèlerins bouddhistes et de nombreux sites bouddhistes et des comptes Weixin affichent des mises à jour et appellent à la prière.

De nombreux touristes se disent inquiets et expriment aussi leur solidarité sur les réseaux sociaux. Ruby, un Taïwanais vivant à Katmandou, maintient une page Facebook avec les dernières nouvelles, et aide les gens à retrouver leurs familles et leurs amis en visite au Népal.

Récemment, l'aéroport de Katmandou a fait la une de l'actualité en Chine lors d'un accident à l'atterrissage d'un vol de la Turkish Airlines qui a bloqué le trafic aérien pendant plus de trois jours, bouchant la seule piste d'atterrissage internationale du pays et bloquant ainsi des centaines de touristes chinois et d'autres pays.

Les réseaux sociaux internationaux réagissent et offrent des solutions 

Des informations sur le tremblement de terre et les répliques sismiques sont accessibles ici et sont rapportées par les habitants de Katmandou sur leurs comptes Twitter:

Cette avalanche de répliques sismiques autour de #Katmandou ces dernières 20 heures est alarmante.

Friend of the newly married couple was looking for them on Facebook.

Un ami de ce couple marié récemment demande de leurs nouvelles sur Facebook.

De façon plus pratique, plusieurs groupes ont été créés pour utiliser les réseaux sociaux et le crowd sourcing afin de retrouver les personnes portées disparues. Google a lancé son Person Finder [Localisateur de personnes] pour permettre aux utilisateurs de déposer un dossier de personnes portées disparues. Mais nombreux sont ceux qui utilisent les réseaux sociaux comme cette page Facebook, où des Népalais et des étrangers qui ont des amis ou de la famille au Népal postent des informations et demandent des nouvelles des personnes qu'ils n'arrivent pas à joindre :

Par exemple, quelqu'un demande des nouvelles d'un couple qui vient juste de se marier:

Et déjà, les gens posent des questions difficiles à affronter:

Plusieurs pays sont en train d'envoyer des troupes et de l'aide pour nous porter secours après le tremblement de terre. Mais qui va se charger de la coordination ??? Qui va décider de la marche à suivre ?? Est-ce que le gouvernement népalais a un plan pur localiser ces troupes ? A-t-il un plan pour la distribution de l'aide ? Il faut réfléchir à cette question.

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