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Digital Citizen : veille sur les droits humains dans le monde arabe

Photo of Kuwait City skyline by Cajetan Barretto, CC BY-NC-SA 2.0

Photo de Koweit city par Cajetan Barretto, CC BY-NC-SA 2.0

 

Digital Citizen, ou le Citoyen Numérique, est une revue bimensuelle sur l'actualité, les politiques et les recherches sur les droits de l'homme dans le monde arabe. Cette édition se penche sur la répression au Koweit, les attaques DDoS au Liban et bien plus.

Algérie

Le 15 april, un tribunal en Algérie a confirmé  la condamnation à six mois de prison du militant  des droits des travailleurs Rachid Aouine. Le mois dernier, Aouine a été reconnu coupable pour “incitation à un attroupement non-armé” pour une note sur Facebook. L'appel à manifestation, de nature plutôt sarcastique, était en fait une réponse à une annonce gouvernementale dissuadant les agents de l'ordre de prendre part à des manifestations. Aouine avait écrit: “Agents de police, pourquoi ne descendrez pas dans la rue aujourd'hui pour protester contre les décisions arbitraires à l'encontre de vos collègues…au lieu de réprimer les militants libres et les manifestants contre le gaz de schiste ?”

Bahreïn

Le 14 mars dernier, la blogueuse Ghada Jamsheer, également militante pour les droits des femmes et des droits religieux au Bahreïn, s'est vu interdire de voyager par les autorités de son pays. Ghada Jamsheer a été interceptée à l'aéroport international du Bahreïn alors qu'elle comptait se rendre en France pour se faire soigner. Cette décision, à savoir l'interdiction de voyager, à été prise conformément  à un ordre du procureur général. Aucune explication n'a été  rendue publique. Ghada Jamsheer a dans le passé fait l'objet d'une enquête par le département des délits électroniques, affilié au bureau d'investigations criminelles, pour avoir tweeté contre la corruption sévissant dans un hôpital, administré par la famille régnante au Bahreïn.

Egypte

Le gouvernement égyptien a ratifié un projet de loi  sur la cybercriminalité. et l'a présenté à la présidence de la république pour approbation. Le document a été critiqué pour vouloir museler la liberté d'expression. D'après le site d'info Alaraby, la loi rendrait passible de réclusion à perpétuité le blasphème et les crimes électroniques commis dans le but de troubler l'ordre public, de mettre en danger la sécurité de la société, ou de porter atteinte à l'unité nationale ou la paix social. Le  projet de loi prévoit une peine allant jusqu'à trois ans sous les barreaux pour piratage de courriels, d'infos personnels ou gouvernementaux et incitation au terrorisme. Le document n'exige toutefois pas aux sites de s'inscrire auprès des autorités mais évoque des sanctions pour diffusion de rumeurs.

Toujours en Egypte, le 11 avril, un tribunal au Caire a condamné le directeur exécutif du site d'informations Cairo Rassd, Abdullah al-Fakharany et le co-fondateur du site, Samhi Mustafa ainsi que le présentateur de la chaîne télé Amgad TV,  Mohamed al-Adly à perpétuité. Les trois hommes ont été arrêtés en août 2013, deux semaines après la dispersion d'un sit-in à la place Rabaa Al-Adawiya au Caire, où les partisans de l'ex-président égyptien Mohamed Morsi s'étaient rassemblés pour protester contre sa destitution par l'armée.Ils ont été accusés de collaboration avec les Frères Musulmans à présents bannis, et ce afin de saper l'institution militaire et le gouvernement en Egypte. Le directeur des relations publiques au sein de Rassd, Amrou Faraj a lui aussi écopé d'une peine de prison à vie par contumace. Dans la foulée de cette répression sur ce sit-in, les autorités égyptiennes ont par ailleurs arrêté plusieurs journalistes y compris le photographe Mahmoud Abou Zeid, connu sous le nom de Shawkan, et qui a déjà purgé plus de 600 jours en détention préventive. Shawkan a également été arrêté en août 2013, alors qu'il couvrait pour le site de journalisme citoyen Demotix, les affrontement entre les forces de sécurité égyptiennes et les partisans de Morsi.

Irak

Le ministre irakien des communications Hassan Rashed  a annoncé l'entrée en vigueur en juin prochain, de nouvelles procédures destinées à contrôler les médias en ligne. On ne sait pas exactement quelles sont ces procédures et si elles seront uniquement appliquées aux médias en ligne ou à tous les internautes du pays.

Koweït

Le 5 avril, la Cour suprême du Koweït a confirmé un verdict de deux ans en prison contre le militant de l'opposition Ayyad al-Harbi à cause de tweets jugés insultants à l'égard critical du souverain du pays. Al-Harbi, qui est également journaliste au site d'informations Sabr news, se trouve en prison depuis mai 2014, pour avoir publié sur Twitter, des versets d'un poème critiquant les dirigeants arabes. Le même jour, deux activistes avaient été remis en liberté après avoir été interrogés pendant cinq jours pour avoir tweeté contre l'offensive militaire saoudienne au Yémen.

Liban

Al-Akhbar, le site du quotidien de gauche du même nom, a été mis hors ligne le 4 avril, à causes d'attaques. La publication s'oppose à la guerre contre les rebelles Houthis au Yémen. Un jour avant, le quotidien saoudien Al-Watan, avait indiqué que l'ambassade du Royaume à Beyrouth allait porter plainte contre le journal. L'ambassadeur saoudien est même cité en disant “il est temps de mettre fin à cela”.

Check Point une entreprise de sécurité informatique aurait identifié des maliciels, opérés peut-être par le gouvernement libanais ou par un groupe politique du pays. Le maliciel s'appelle Explosive et confère aux attaquant un accès à distance au matériel de communication de leurs cibles, ce qui leur permet de contrôler ce que ces derniers font et disent en ligne. Des organisations  en Israel et d'autres pays voisins, tels que des entrepreneurs travaillant pour la défense, des compagnies de télécommunications, des médias et des institutions éducatives sont parmi les cibles potentielles.

Deux cents villages libanais, chacun habité par plus de 200 000 personnes, sont privés d'internet DSL à haut débit selon un rapport publié par le quotidien An-Nahar.

Maroc

Le 31 mars, un tribunal à Rabat  a condamné le militant pour la liberté de la presse Hicham Mansouri à dix mois de prisons et  $ 4,057 soit 3 800 euros d'amende pour ‘complicité d'adultère” que ce que ses collègues qualifient de fausses accusations. Mansouri est chef de projet  à l’Association marocaine du journalisme d’investigation (AMJI), un groupe qui oeuvre pour la promotion de la liberté d'expression, l'accès à l'information et au journalisme d'investigation. Avant son arrestation, il travaillait sur un rapport sur la présumée surveillance en ligne des activistes et des journalistes par les autorités marocaines . Le 7 avril, Mansouri a entamé une grève de faim pour protester contre le verdict.

La police  dans la province du Taroudant a arrêté  Alhassine Boujeghmat un activiste qui avait dénoncé sur facebook, les difficultés dans son village en critiquant les responsables locaux pour cette situation.

Le 7 avril, trois groupes de la société civile ont annoncé le lancement officiel de marsadhouriyat.org, (observatoire des libertés), une plateforme en ligne dédiée à rapporter sur la liberté d'expression et les violations à l'encontre de la liberté des médias.

Oman

Les autorités omanaises poursuivent leur chasse aux sorcières contre militants et blogeurs qui dénonceraient les violations des libertés numériques.

Quatre activistes de la province du Liwa au nord du pays ont été arrêté  après avoir demandé la libération du députéTaleb Al-Maamari, sous les barreaux depuis août 2013 pour avoir participé à une manifestation contre la pollution de l'environnement. Majid Al-Bloushi, Abdullah Al-Kundi, et Saed Al-Khourosi ont été arrêté le 5 avril, alors que Mohammed Al-Manaee a été arrêté un jour après. Les quatre militants seraient détenus au secret et privés de communiquer avec leurs avocats.

Pendant ce temps, Saed Jadad, un défenseur des droits de l'homme au Sultanat, a été libéré sous caution le 7 avril. Jadad avait écopé de trois ans en prison en mars dernier pour avoir envoyé une lettre au président américain Barack Obama. La lettre avait été publiée sur internet le 31 mai 2013. Jadad  y critiquait les politiques des Etats-Unis quand aux droits de l'homme dans les pays du Golfe. Il avait également été condamné à un an de prison pour une autre affaire, où il aurait été reconnu coupable de violer la loi de la cyber-criminalité du pays.

Syrie

Le 6 avril , l'Observatoire syrien pour les droits de l'homme —un organisme qui  documente les violations des droits humains perpétrés dans le conflit syrien —a signalé que les miliciens d'ISIS ont pris d'assaut des Internet Cafés dans la ville de Deir Ezzor, confisquant des ordinateurs et arrêtant 15 personnes.

Mazen Darwish, le directeur emprisonné du Syrian Centre for Media and Freedom of Expression ou Centre Syrien pour les Médias et la Liberté d'Expression (SCM) a obtenu le prix mondial UNESCO/Guillermo Cano pour la liberté de la presse pour l'année 2015. Darwish ainsi que ses collègues Hani Al-Zitani et Hussein Gharir sont en prison depuis 2012 et pour cause il sont accusés de“publier des informations sur des actions terroristes” , leurs activités comprenant  en fait le monitoring d'infos en ligne et la publication de rapports sur les droits de l'homme. Le 15 avril, le tribunal anti-terroriste de Damas a reporté la délivrance du verdict dans l'affaire Darwish, Al-Zitani and Gharir pour vingt et unième fois.

Tunisie

Le 16 avril, un juge a  accordé la liberté conditionnelle au blogeur Yassine Ayari, arrêté en Décembre dernier pour avoir “porté atteinte à l'armée” sur Facebook. Dans un premier procès, Ayari avait été condamné par contumace en novembre dernier à trois ans en prison puis avait vu sa peine réduite à un an en Janvier après avoir fait appel. En Mars, une cour d'appel avait encore réduit sa peine à six mois.

Yemen

Yemen Net, organisme public et le plus grand fournisseur d'internet au pays, continue de bloquer les sites web qui couvrent l'offensive militaire saoudienne contre les rebelles Houthis. Les rebelles qui contrôlent à présent la capitale Yemeni Sana’a ainsi que ses bureaux gouvernementaux dont le ministère de la communication et de l'information. Après avoir bloqué un nombre de site d'infos locaux à la fin du mois de mars, ce sont des portails régionaux comme Al Jazeera et Al Arabiya qui ont été interdit le 7 avril.

Infos diverses

  • Depuis sa cellule de prison, Nabeel Rajab adresse une  lettre ouverte au président américain.
  • Kirolos Nathan, du Cairo Institute for Human Rights (Institut pour la Recherche sur les Droits Humains du Caire), se penche sur les mesures draconiennes adoptées par les gouvernements arabes contre la liberté d'expression en ligne.

L'Actualité de nos partenaires

  • EFF a publié une liste de lecture à l'intention des jeunes LGBTQ portant sur l'autodéfense de la surveillance.

Notre Calendrier

  • Conférence re:publica, 5-7 mai, Berlin, Allemagne

Le Netizen report  est le fruit de la collaboration entre Advox, Access, EFF, Social Media Exchange, et 7iber.com. Pour ce mois, ce sont Afef Abrougui, Ellery Roberts Biddle, Mohamed ElGohary, Amira Al Hussaini, Thalia Rahme, Hayder al-Shakeri, and Jillian C. York qui ont pris soin de la recherche, l'édition et la rédaction de ce numéro traduit également vers l'arabe par Mohamed ElGohary.

Photo de la ville du Koweït par Cajetan Barretto, CC BY-NC-SA 2.0.

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