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Une chaîne humaine de Macédoniennes pour protéger la police lors d'une manifestation

Female protesters forming human shield protecting the police from provocateurs, preventing escalation of violence. Photo: Meta.mk, used with permission.

Des manifestantes font une chaîne humaine pour défendre la police contre les provocateurs, pour éviter une escalade de la violence. Photo: Meta.mk, reproduite avec autorisation.

Étonnant spectacle, au lendemain de la dispersion violente par la police des manifestants en Macédoine, avec des canons à eau, des bombes fumigènes et des matraques, que ce groupe de manifestantes formant une chaîne humaine autour des policiers pour les protéger des provocateurs qui lançaient des bouteilles de verre.

Ces femmes de Skopje, la capitale de la Macédoine, participaient au deuxième jour de manifestations pour réclamer justice, après des fuites d'enregistrements semblant révéler que des fonctionnaires ont tenté de couvrir le meurtre de Martin Neskovski en 2011 par des policiers.

Le 6 mai, ils étaient encore des milliers dans les rues de Skopje, et le mouvement s'est étendu à Bitola et Prilep [en anglais]. Le gouvernement n'a pas renouvelé sa démonstration de force de la veille, et les manifestants sont restés pacifiques comme annoncé.

Mais à Skopje quelques heures plus tard, quand la foule a commencé à se disperser, quelques manifestants ont averti de la présence de provocateurs plus nombreux. Un groupe de «supporters de foot» portant masques et capuches a commencé à se réunir et à jeter des objets divers [en anglais] contre le bâtiment du parlement et les cordons de police.

L'agence d'information META.mk a communiqué [en anglais]:

Although there were several attempts for provocation by fifteen protesters, protest for justice for Martin Neshkovski, which instead of in front of the Government was held in front of the Assembly, ended peacefully.

The last attempt of part of the protesters to initiate violence was prevented by group of female activists, who stood between them and the police.

A dozen protesters remained sitting on the grass in front of the Assembly and are talking.

Some participants collected waste and plastic bottles from the grass and the road, but there were some who, even though the road was put into use, didn’t allow vehicles to pass.

Most of the special forces and police vehicles left.

Few bottles and eggs were thrown at the building of the Assembly, but there were no seriously injured policemen or protesters.

Protesters called citizens to join them on a peaceful protest tomorrow at 6 pm, but the location has not yet been precisely determined.

Bien qu'une quinzaine de manifestants ait tenté de se livrer à quelques provocations, la manifestation demandant justice pour Martin Neskovski qui a eu lieu non pas devant les bâtiments du gouvernement, mais devant l'Assemblée, s'est achevée dans le calme.

La dernière tentative d'une partie des manifestants de se livrer à de violentes provocations a été interrompue par un groupe de manifestantes qui se sont dressées entre eux et la police.

Une douzaine de manifestants est restée assise dans l'herbe devant l'Assemblée à discuter.

Quelques participants ont ramassé des déchets et des bouteilles en plastique dans l'herbe et sur la route, et certains, bien que la circulation ait repris, ont refusé de laisser passer les voitures.

La majeure partie des employés et des véhicules de police avait quitté les lieux.

Quelques bouteilles et quelques œufs ont été lancé dans le bâtiment de l'Assemblée, mais aucun policier ni manifestant n'a été sérieusement touché.

Les manifestants ont appelé leurs concitoyens à se joindre à eux pour un rassemblement demain à 18 heures, mais le lieu n'est pas encore déterminé.

Une vidéo des événements a été publiée par le journaliste Vlado Apostolov (@apostolov80).

Depuis des mois, les leaders de l'opposition ont fait “fuiter” des enregistrements audio [en anglais], qui confirmeraient les soupçons dans de nombreuses affaires impliquant de hauts responsables d'Etat, parmi lesquelles des fraudes électoralesdes écoutes téléphoniques illégales et la dissimulation de preuves dans une enquête sur le meurtre d'un jeune homme de 22 ans, Martin Neskovski.

Martin Neskovski a été battu à mort en 2011 pendant la fête qui a suivi les élections. Cet assassinat avait alors provoqué d'importantes manifestations, et un officier avait finalement été arrêté et condamné à quatorze années de détention.

Suivant la tradition instaurée par ces manifestations contre les violences policières, [en anglais], les manifestants ont décidé de se réunir chaque jour à 18 heures, jusqu'à ce que leurs revendications soient satisfaites: suspension et jugement de tous les fonctionnaires impliqués dans la dissimulation des preuves. Le 6 mai, la police a bloqué les rues autour du bâtiment du gouvernement, où les participants s'apprêtaient à manifester, si bien que la foule s'est redéployée [en macédonien] et s'est dirigée vers le parlement [en anglais]. Quelques dizaines de manifestants  sont restés dans les rues bloquées [en macédonien] pour orienter les nouveaux arrivants. Certains ont déclaré [en anglais] que le gouvernement, par ce blocage, violait l'article 21 de la Constitution de la République de Macédoine:

Граждане имеют право мирно собираться и выражать публичный протест без предварительного уведомления властей и специального разрешения.

Использование этого права может быть ограничено только в условиях чрезвычайного и военного положения.

Les citoyens ont le droit de se réunir pacifiquement et d'exprimer publiquement leur protestation sans donner de préavis aux autorités et sans autorisation particulière.

L'usage de ce droit peut être limité seulement en cas de situation d'urgence ou d'état de guerre.

Alors que la manifestation du 5 mai 2015 avait réuni environ 5 000 personnes, celle du lendemain, selon les estimations, a été deux à trois fois plus importante. Le frère de Martin Neskovski, qui a pris la parole devant la foule, a fait état de 15 000 personnes.

Peaceful protest demanding responsibility for cover up of murder of Martin Neshkovski in Skopje. Photo: Vancho Dzambaski, CC BY-NC-SA.

Manifestation pacifique pour exiger des poursuites après la dissimulation de pièces dans l'affaire du meurtre de Martin Neskovski à Skopje. Photo: Vancho Dzambaski, CC BY-NC-SA.

Avant le début des manifestations, les militants, utilisant le hashtag #протестирам (Je proteste!) pour se coordonner, ont demandé aux gens de ne pas amener leurs enfants, pour éviter qu'ils soient blessés au cas où le gouvernement ordonnerait une nouvelle dispersion violente.

Après la manifestation, les usagers de Twitter ont vite identifié la jeune femme à l'origine de la chaîne humaine comme étant l'une des leurs.
@Momichet0 a répondu par la suite et s'est expliquée:

Honnêtement, j'ai bien pris les louanges, mais il y a eu un moment où je ne me suis pas sentie courageuse, où je ne me suis pas sentie héroïne. J'étais terrorisée.

Et si j'ai fait ça, ce n'est pas parce que j'aime la police. Je ne les justifie pas et je pense qu'ils avaient le choix.

J'ai fait ça parce que [sinon] un hooligan allait créer un problème et s'enfuir, et laisser des manifestants innocents en subir les conséquences, comme hier, et se faire à nouveau tabasser.

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