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La police russe pourrait bientôt être autorisée à tirer sur des femmes, sauf en cas de “grossesse visible”

The amendments suggest shooting at women should be allowed, unless there are "visible signs of pregnancy." Images mixed by Tetyana Lokot.

Les amendements laissent entendre qu'il devrait être permis de tirer sur des femmes, à moins qu'il n'y ait de «signes visibles de grossesse.» Images mixées par Tetyana Lokot.

Un groupe de parlementaires de la Douma russe suggère d'augmenter les prérogatives de la police concernant l'utilisation des armes à feu en proposant des modifications à la loi qui interdit actuellement aux officiers de police de tirer dans la foule ou sur des femmes.

Un ensemble d'amendements à la loi sur la police introduits à la chambre basse du parlement russe par Irina Yarovaya, députée du parti Russie Unie et présidente du comité parlementaire sur la sécurité, recommande [lien en russe] d'accorder aux policiers une «présomption de confiance et de soutien», ce qui signifie qu'ils ne pourraient être assignés en justice pour tout acte commis dans l'exercice de leurs fonctions, aussi longtemps que ledit acte présente un motif recevable et conforme aux lois en vigueur.

D'après la loi actuelle, la police a l'interdiction de tirer sur des femmes. Les projets d'amendements rendraient nulle cette règle générale: l'interdiction de tirer s'appliquerait uniquement lorsqu'une femme présente des «signes visibles de grossesse.» La nouvelle législation permettrait également à la police de tirer dans la foule (jusque-là interdit), sous réserve qu'elle le fasse «pour empêcher des actes terroristes ou des prises d'otages.» D'autres suggèrent que les amendements confèrent aussi à la police le droit d'effectuer des recherches sur des personnes et de fouiller des biens personnels sur la base de «soupçons valables» au lieu de fournir des preuves irréfutables, et qu'ils autorisent les officiers de police à s'introduire dans des résidences privées afin d'arrêter des individus, même s'ils n'ont pas encore été inculpés ou officiellement soupçonnés d'avoir commis une infraction pénale.

Etant donné l'histoire de brutalité policière et de mauvais traitements contre les prisonniers en Russie, la réaction de certains membres de RuNet [N.d.T. communauté de langue russe sur Internet] était assez prévisible, les utilisateurs déplorant l'expansion des pouvoirs de la police et de son impunité.

Toute personne sensée comprend que les autorités ont plus peur de leur propre peuple que de l'ennemi occidental mythique.

D'autres ont déclaré en plaisantant que les parlementaires ayant soumis les amendements avaient peut-être des motivations cachées, en particulier en ce qui concerne les femmes.

Vous ne saviez pas, c'est un moyen judicieux de combattre les problèmes démographiques. Si vous êtes enceinte, vous n'avez rien à craindre.

La proposition d'amendement à la loi qui interdit de tirer sur des femmes a semble-t-il provoqué un véritable tollé. La chanteuse des Pussy Riots Nadya Tolokonnikova, qui a lancé l'année dernière MediaZona [lien en français], un nouveau portail média consacré au suivi de l'actualité et des enjeux au sein du système carcéral russe, a fait part de son indignation sur Twitter.

La police va être autorisée par la loi à ouvrir le feu sur des femmes. «Ces meufs sont devenues incontrôlables» a décidé la Douma.

Toutefois, certains utilisateurs de Twitter ont immédiatement mis en doute l'indignation de Nadya Tolokonnikova, en s'appuyant sur sa réputation de féministe.

Nadya, tu es féministe, pas vrai? Les femmes devraient être à égalité avec les hommes devant la loi.

Un autre aspect du débat autour de la «présomption de confiance» de la police russe dans les médias sociaux a consisté à établir des comparaisons avec des législations similaires d'autres pays. Des internautes ont dressé des parallèles avec les Etats-Unis, où les forces de police ont été confrontées à l'opinion publique après les manifestations de grande envergure contre la brutalité policière dans des lieux comme Ferguson et Baltimore.

Aux Etats-Unis, la police a eu beaucoup de droits pendant pas mal de temps.

Nous nous rapprochons presque de la législation et des droits de la police aux Etats-Unis. Là-bas, ils peuvent même tirer pour des «motifs valables.»

 La politique de la vitre brisée [lien en français] à l’œuvre.

Alors que les amendements soumis doivent encore franchir l'étape du Parlement, il semble que l'idée de doter les forces de l'ordre du pays de pouvoirs accrus et de les décharger d'une partie de leurs responsabilités ne réjouisse pas vraiment les Russes.

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