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A Thessalonique, Asteris Masouras croit en la solidarité pour “sauver la Grèce”

Protesta anarquista/anti-capitalista en el centro de Tesalónica, en una crítica a la "austeridad light de Syriza".  Foto por Asteris Masouras,usada con permiso.

Une manifestation anarchiste/anticapitaliste dans le centre de Thessalonique pour critiquer l'«austérité light de Syriza». Photo d'Asteris Masouras, utilisation autorisée.

Dans sa courte biographie sur Twitter se détache la ligne suivante: «justice sociale/ demeurer humain». Et en effet, Asteris Masouras respire l'humanité. C'est pour cette raison qu'il espère que la crise socioéconomique que vit son pays, la Grèce, et qui menace de s'étendre au reste de l'Europe, sera résolue grâce à la solidarité et un engagement pour la justice.

Asteris est ingénieur logiciel et photojournaliste. En tant qu'éditeur du site grec de Global Voices, il a couvert les soulèvements populaires en Tunisie, en Egypte, en Syrie et dans les autres pays du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord. Il a consacré ces derniers mois à suivre depuis Thessalonique, la deuxième ville grecque, la crise de la dette, l'impact des politiques d'austérité et les réactions dans les rues de Grèce. Dans cet entretien avec Global Voices, Asteris analyse la crise grecque, ses origines et possibles conséquences.

Global Voices (GV): Comment s'est réveillée Thessalonique après le référendum?

Asteris Masouras (AM): El centro de la ciudad estuvo prácticamente vacío durante todo el domingo, mientras se celebraba el referéndum. La mayoría de la gente se concentraba junto a la playa, disfrutando de la brisa de estos días, como si tratasen de saborear unos momentos de paz antes de la noticia. La celebración del ‘no’ estalló horas después, junto a esa misma playa.

Asteris Masouras (AM): Le centre-ville est resté quasiment vide tout au long de la journée de dimanche, au moment où se tenait le référendum. La plupart des gens étaient rassemblés à proximité de la plage, ils appréciaient la brise de ces derniers jours, comme s'ils s'efforçaient de savourer un moment de paix avant l'annonce [du résultat]. La victoire du “non” a été célébrée quelques heures plus tard, près de cette même plage.

GV: Quelle est ton impression en ce qui concerne les résultats?

(AM): La evolución de los últimos días, y estos resultados, nos dan esperanza para enfrentar unas negociaciones hostiles y buscar un acuerdo más justo. El ‘no’ dominó en todo el país, pero lo hizo de forma abrumadora en los barrios más pobres, los más castigados por las medidas de austeridad, mientras que los barrios ricos hubo mayoría del ‘sí’. El 61 por ciento de los griegos dijo ‘no’ a un ultimátum de austeridad destructivo, en un contexto de control de capitales y de un acoso institucional y mediático brutal.

(AM): L'évolution de ces derniers jours, et ces résultats, nous donnent de l'espoir pour affronter des négociations hostiles et chercher un accord plus juste. Le “non” a dominé dans tout le pays, mais il l'a fait de manière écrasante dans les quartiers les plus pauvres, les plus touchés par les mesures d'austérité, tandis que dans les quartiers riches, il y a eu une majorité de “oui”. 61% des Grecs ont dit “non” à un ultimatum d'austérité destructrice, dans un contexte marqué par un contrôle des capitaux et un violent acharnement institutionnel et médiatique.

GV: Dis-nous en plus sur le rôle des médias, en particulier ces derniers mois.

(AM): Los medios de comunicación de masas griegos se han superado a sí mismos en su propaganda y en la forma de sembrar el miedo para intentar que la gente no pueda pensar con claridad en el momento más crítico en la historia reciente de la democracia griega (y quizás también de la europea). En vez de informar racionalmente sobre los problemas que afectan a los griegos, y las decisiones que estos toman desde su libre voluntad, se ha negado a la gente cualquier tipo de agencia, imponiendo una agenda clara basada en intereses comerciales. La corrupción en Grecia es endémica y tiene sus raíces en los intereses de los dueños de los medios y las élites políticas. Pero el referéndum ha demostrado que los griegos están dispuestos a plantarles cara y no se van a acobardar fácilmente.

(AM): Les médias de masse grecs se sont surpassés dans la propagande et la manière d'instiller la peur dans l'esprit des gens afin qu'ils ne puissent pas penser clairement au moment le plus critique de l’histoire récente de la démocratie grecque (et peut-être aussi européenne). Au lieu d'informer de façon rationnelle des problèmes qui affectent les Grecs et des décisions que ces derniers prennent en toute conscience, ils ont dénié aux gens toute capacité à agir, imposant un agenda clair basé sur des intérêts commerciaux. La corruption en Grèce est endémique et trouve son origine dans les intérêts des propriétaires des médias et des élites politiques. Mais le référendum a montré que les Grecs étaient prêts à leur faire face et qu'ils n'allaient pas se décourager facilement.

GV: En Espagne, on insiste beaucoup sur le lien entre Syriza et Podemos, et sur la manière dont le succès de l'un des partis détermine celui de l'autre. Selon toi, que signifient ces résultats pour l'Espagne?

(AM): Es obvio que el estilo duro de negociación que emplean las instituciones contra Grecia tiene mucho que ver con el deseo de evitar el “efecto contagio”. Se castiga a Grecia por votar a Syriza y desafiar el discurso dominante. Los ataques de Rajoy contra Grecia y el gobierno de coalición que han hecho daño tanto a Grecia como a la UE [Uniión Europea] tienen mucho que ver con el miedo a Podemos, pero creo que al Gobierno español esto se le puede volver en contra si el referéndum griego termina beneficiando a Podemos.

(AM): Il est évident que le style dur de négociation employé par les institutions contre la Grèce a beaucoup à voir avec le désir d'éviter un «effet contagion». On punit la Grèce pour avoir voté en faveur de Syriza et remis en cause le discours dominant. Les attaques de Rajoy contre la Grèce et le gouvernement de coalition qui ont porté préjudice tant à la Grèce qu'à l'UE sont très liées à la peur à l'égard de Podemos, mais je crois que cela peut se retourner contre le gouvernement espagnol si le référendum grec finit par bénéficier à Podemos.

GV: Nous nous sommes connus juste avant les manifestations de 2011 au Moyen-Orient, en Espagne et dans d'autres pays. Beaucoup de choses ont changé depuis. La Grèce est-elle le dernier épisode de ce mécontentement citoyen?

(AM): De algún modo sí, aunque el descontento griego con la corrupción y las políticas neoliberales es anterior a la Primavera Árabe y los movimientos “indignados”. El movimiento obrero y de protesta griego lleva años aumentando, en contra de las políticas bipartidistas clientelares. Con la crisis y las medidas de austeridad, se ha ido rompiendo el bipartidismo de Nueva Democracia y PASOK (los dos principales partidos históricos griegos) y la gente se ha unido en torno a ese movimiento indignado en el que desde luego han influido las protestas del resto de la región.

(AM): Oui, d'une certaine façon, même si le mécontentement des Grecs envers la corruption et les politiques néolibérales est antérieur au Printemps arabe et aux mouvements des «indignés». Le mouvement ouvrier et de protestation grec prend de l'ampleur depuis des années, contre les politiques bipartites clientélistes. Avec la crise et les mesures d'austérité, le bipartisme de Nouvelle Démocratie et PASOK (les deux principaux partis historiques en Grèce) s'est peu à peu fissuré et les gens se sont rassemblés autour de ce mouvement des indignés qui a bien sûr été influencé par les protestations dans le reste de la région.

GV: Qu'espères-tu de ces prochains mois?

(AM): Lo que deseo es que las instituciones paren la ofensiva contra Grecia, se den cuenta de que la austeridad está destrozando las sociedades europeas y permitan un trato justo que permita a mi país recuperarse. Aunque seguramente es ingenuo pensar que prevalecerá la razón y la humanidad en las mismas instituciones que tanto han chocado con los movimientos de justicia social, así que espero al menos que haya solidaridad entre nuestros pueblos. Entre los pueblos de Europa, y con los refugiados que llegan a diario a nuestros países. Quizás esto pueda contrarrestar el daño y la destrucción que están imponiendo nuestros líderes, antes de que sea demasiado tarde para la Unión Europea y para todo el continente.

(AM): Ce que je souhaite est que les institutions cessent leur offensive contre la Grèce, réalisent que l'austérité est en train de détruire les sociétés européennes et traitent mon pays de manière équitable afin qu'il puisse se redresser. Même s'il est sûrement naïf de penser que la raison et l'humanité vont l'emporter chez les mêmes institutions qui s'en sont tant prises aux mouvements en faveur de la justice sociale, donc j'espère au moins qu'il y aura de la solidarité entre nos peuples. Entre les peuples européens, et avec les réfugiés qui arrivent quotidiennement dans nos pays. Peut-être cela pourra-t-il faire contrepoids à la souffrance et à la destruction qu'imposent nos dirigeants et dirigeantes, avant qu'il ne soit trop tard pour l'Union européenne et pour tout le continent.

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