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Cuba Oui, Google Non : les autorités cubaines auraient rejeté l'offre de wifi gratuit de Google

A WiFi symbol in Old Havana, Cuba. Photo by Nano Anderson, taken from Flickr under a CC License BY 2.0.

Symbole du wifi dans le quartier de la Vieille Havane, à Cuba. Photo de Nano Anderson, prise sur Flickr sous licence CC BY 2.0.

De hauts fonctionnaires cubains auraient rejeté une offre de Google visant à mettre à la disposition de l'île le wifi public gratuit.

Bien que ni la firme ni le gouvernement cubain n'aient fait de commentaires explicites sur le sujet, diverses sources d'informations semblent avoir tiré cette conclusion d'un entretien paru dans Juventud Rebelde (“Jeunesse Rebelle”), le journal historique de la jeunesse sur l'île. Celui qui est présenté dans l'entretien, Jose Ramon Machado, un contemporain des frères Castro, semble après quarante ans à la barre de l'Union des jeunes communistes cubains déterminé comme jamais à instiller dans la jeunesse cubaine les valeurs et l'éthique de la marque singulière du marxisme cubain.

Quand le journaliste demande à Machado ce qu'il pense de l'intérêt d'Internet pour la jeunesse cubaine, sa réponse est claire:

Esto supone una gran oportunidad, a la vez que un gran reto, porque las nuevas tecnologías resultan novedosas y vitales, no solo para la comunicación entre las personas, sino además para el desarrollo. Todo el mundo sabe por qué en Cuba no hay más Internet, porque ello tiene un alto costo. 

Existen algunos que nos la quieren dar gratis, pero no lo hacen con el fin de que el pueblo cubano se comunique, sino con el propósito de penetrarnos y hacer trabajo ideológico para lograr una nueva conquista. Tenemos que poseer Internet, pero a nuestra forma, sabiendo que es una intención del imperialismo manejarla como una vía más de destruir a la Revolución.

L'accès à Internet est à la fois une grande opportunité et un formidable défi, car les nouvelles technologies sont novatrices et essentielles tant pour la communication entre les personnes que pour le développement. Tout le monde sait pourquoi Internet n'est pas plus présent à Cuba, c'est à cause de son coût élevé.

Certains voudraient nous donner accès à Internet gratuitement, mais ils ne le font pas pour que le peuple cubain puisse communiquer, mais dans l'intention de nous infiltrer sur le terrain idéologique afin de parvenir à une nouvelle conquête. Nous devons obtenir Internet, mais à notre façon, en sachant que l'intention impérialiste est de l'utiliser comme une manière de plus de détruire la Révolution.

La prise de pouvoir impérialiste dystopique que Machado imagine peut paraître tirée par les cheveux, mais il ne faudrait pas considérer le sens profond de sa remarque comme une absurdité ou une folie. Remplacez «conquête» par «profit» et la réponse semblera plus raisonnable. Selon les mots du journaliste uruguayen Fernando Ravsberg, qui réside à La Havane depuis le début des années 1990, «ils disent que lorsque les dons sont trop importants, même les pauvres deviennent méfiants».

En effet, Google représente de manière éclatante l'essence des valeurs capitalistes de l'économie de marché que des formations comme l'Union des jeunes communistes et le Parti communiste cubain dans son ensemble cherchent à déconstruire et à contester depuis les années 1960.

Ce que Machado ne mentionne pas dans l'entretien est le fait quasiment avéré que le gouvernement cubain soit allé jusqu'à rencontrer des responsables de Google, y compris le directeur général Eric Schmidt, au moins à une occasion depuis que les deux pays ont décidé de renouer des relations diplomatiques en décembre dernier. Les médias états-uniens qui abordent les nouvelles technologies se sont pris de passion pour cette affaire (voir les gros titres de Newsweek et du Havana Times) en dépit du fait qu'aucun accord formel n'ait jamais été conclu. Mais c'est important que les responsables politiques cubains se soient montrés désireux d'en envisager la possibilité.

On peut supposer qu'un débat intense est à l’œuvre au sein du parti et du gouvernement concernant ces questions et que tout le monde n'est pas du même avis que Machado. Ces dernières années, il est devenu beaucoup plus facile pour les Cubains de posséder et d'utiliser des produits et services de haute technologie, ainsi que d'échanger des fichiers multimédia via les technologies de stockage de données et Bluetooth sans crainte de sanctions. Les réseaux wifi ne sont désormais plus chose inédite, même s'ils restent pratiquement inexistants hors de La Havane.

L'interview de Machado ne constitue peut-être pas le fin mot de l'histoire, ou de la question plus large de l'installation d'entreprises états-uniennes de haute technologie à Cuba. Mais elle suggère en revanche que le débat autour de l'accès à la technologie et sa signification politique à la fois dans le pays et en-dehors continue de faire rage au sein des instances dirigeantes cubaines.

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