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Des policières du Guyana sanctionnées pour être tombées enceintes

"Marching Police"; photo by Amanda Richards, used under a CC BY-NC-ND 2.0 license.

“Défilé de police”; photo d'Amanda Richards, utilisée sous licence CC BY-NC-ND 2.0.

Lorsque trois femmes appartenant au corps de police de la ville de Georgetown ont été renvoyées au début du mois pour être tombées enceintes alors qu'elles étaient toujours en période d'essai, les internautes guyanais se sont exprimés sur la décision controversée, qui a également attiré l'attention d’Amnesty International pour les Caraïbes. Les femmes ont finalement retrouvé leur travail, mais le chemin qui a mené à cette décision ainsi que celui qu'il reste à parcourir sont considérables.

Mark Jacobs, utilisateur de Twitter, n'a pas compris pourquoi les gens pensaient que la police se montrait excessive en renvoyant les trois femmes:

Plusieurs femmes ont twitté que ce qui était absurde était la politique actuelle au sein des forces de l'ordre:

Le fait qu'en 2015, les femmes continuent de subir des discriminations liées à leur grossesse en a stupéfait plus d'un, mais la situation est peut-être plus complexe que certains le croient. Lors d'un débat public sur le sujet sur la page Facebook du Stabroek News, par exemple, Yonnette Kennedy a partagé son expérience personnelle:

The law was there all the time people […] they told you that when you go for the job if you get pregnant before a year you [are] on duty you have to leave, you have one year probation before you get pregnant, it happened to me 23 year[s] ago, and I leave because I know that was [sic] the rules, I know it [is] not right to dismiss someone because they are pregnant, but they knew that before they take the job.

La loi a toujours existé, les gens […] quand tu te présentes pour le travail ils te disent que si tu tombes enceinte avant un an de service tu dois partir, tu es à l'essai un an avant [de pouvoir] être enceinte, cela m'est arrivé il y a 23 ans, et je suis partie car je savais que c'était les règles, je sais que c'[est] injuste de renvoyer quelqu'un pour une grossesse, mais elles le savaient avant d'être embauchées.

Lorette Watson est du même avis quant au fait que les femmes savaient dans quoi elles s'engageaient:

For whatever reason, I think young people don't take rules and regulations seriously and this is a example for them sorry it had to happen while they are pregnant but the rule is the rule.

Qu'elle qu'en soit la raison, je pense que les jeunes gens ne prennent pas les lois et réglementations au sérieux et c'est un exemple pour eux, désolée que cela se soit passé quand elles étaient enceintes mais la loi est la loi.

Rawle Chalmers, utilisateur de Facebook, exprime son irritation vis-à-vis des «connards de bureaucrates qui persistent à faire reculer les droits des femmes», alors qu'une autre commentatrice s'interroge sur le congé maternité, et que Donnella Collison déclare:

I hope more women that lost their jobs under these circumstances come forward so that this archaic can finally be changed.

J'espère qu'un plus grand nombre de femmes qui ont perdu leur emploi dans ces circonstances le signaleront afin que cet archaïsme puisse finalement être modifié.

Bien que tant la constitution guyanaise que la Loi de prévention des discriminations [Prevention of Discrimination Act] interdisent de tels licenciements, les trois femmes (d'après les lettres de congédiement) enfreignaient la politique ministérielle qui ne permet pas aux policières de tomber enceintes au cours de leurs deux premières années de service à l'essai.

The development (pregnancy) constitutes a clear violation of the City Constabulary Standing Order section 4:11(Para) J11.

Cet événement (la grossesse) constitue une claire violation de la section 4:11 (Para) J11 de l'ordre permanent du corps de police de la ville.

Comme si ces licenciements ne suffisaient pas, une ancienne policière âgée de 19 ans, Abassie Bobb, a affirmé à la presse guyanaise qu'elle avait été renvoyée en juillet dernier en vertu d'une politique semblable, hostile à la maternité. Abassie Bobb soutient qu'elle a été licenciée après avoir confié à ses supérieurs qu'elle attendait un enfant. La lettre de licenciement déclarait qu'il était mis fin à ses services conformément à la Loi sur la police du Guyana.

Selon le chef de la police Andrew Foo, la politique qui a conduit au renvoi des femmes policières est «très ancienne», et, même si cela peut sembler discriminatoire, elle ne devrait pas être amendée d'après lui. Il redoute qu'«un pourcentage important de femmes [au sein des forces de l'ordre] ne tombent enceintes.» Bien que la législation dans la police soit antérieure à la constitution de 1980 du Guyana et même à la Loi nationale de prévention des discriminations de 1997, Foo croirait selon certaines sources que la politique est actualisée car il a contribué à sa révision en 2013.

Une policière, Laurel Gittens, a récemment défendu cette politique, déclarant que faire preuve d'indulgence sur ce sujet ferait peser un immense fardeau sur les services de police.

It would put a burden on the organization if we allow women to become impregnated during probation…the pregnancy constitutes a clear violation of the City Constabulary Standing Order Section 4:11 (Para) J11

Cela représenterait une charge pour l'organisation si nous autorisons les femmes à tomber enceintes au cours de leur période d'essai… la grossesse constitue une violation claire de la section 4:11 (Para) J11 de l'ordre permanent du corps de police de la ville

Gittens a souligné que tout changement de politique devrait être effectué par le Parlement. Elle a également affirmé que les autorités policières étaient tolérantes, et que les femmes pouvaient prendre des congés et retourner tranquillement travailler après avoir donné naissance.

La manifestation qui s'en est suivie devant l'hôtel de ville de la capitale a attiré l'attention des autorités: les policières renvoyées ont depuis été réintégrées.

En fin de compte, il incombera peut-être au peuple guyanais de décider si une réforme constitutionnelle à venir nécessite d'amender une politique archaïque qui continue de tenir tête aux autres lois plus modernes du pays. Beaucoup ont le sentiment qu'une politique qui discrimine les femmes—en particulier les femmes qui cherchent à servir leur pays—ne devrait plus être autorisée.

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