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Coup d'état au Burkina Faso : 3 questions et des éléments de réponses sur les putschistes, leurs objectifs et la résistance citoyenne

Images  des manifestations au Burkina Faso (sources diverses sur Facebook)

Images des manifestations des citoyens au Burkina Faso (sources diverses sur Facebook)

Depuis le 16 Septembre 2015 , le coup d'état des militaires du Régiment de sécurité présidentielle (RSP)  enlise à nouveau le Burkina Faso dans une crise politique profonde. Le RSP, la garde prétorienne de l'ex-président Blaise Compaoré, a en effet détenu le président Michel Kafando, son premier ministre, Isaac Zida et le reste du gouvernement depuis le 16 septembre et a dissous le lendemain les institutions de la transition (le président Kafando et ses ministres ont été remis en liberté le 18 Septembre).  Dans la foulée, les putschistes  désignent le général Gilbert Diendéré, l’ancien bras droit de Blaise Compaoré, comme nouveau dirigeant du pays.

Des affrontements ont éclaté dans la Capitale Ouagadougou, faisant au moins 3 morts et 60 blessés.

Les objectifs de ce coup d’état se précisent  de par ses tenants et aboutissants, ses exécutants  et leurs liens avec les anciens détenteurs du pouvoir.  Ce derniers ne semblent pas avoir renoncé à reprendre le pouvoir,  malgré la volonté exprimée du peuple Burkinabé en 2014 qui s'est soulevé pour refuser l'extension du régime de Blaise Compaoré jugée inconstitutionnelle  Ce mouvement, appelé le mouvement du balai citoyen, est à nouveau à la tête de la résistance contre les putschistes.
Quelque soit le devenir à court ou moyen terme de ce coup de force, il constitue certainement une nouvelle atteinte à la volonté d'instaurer durablement la démocratie dans ce pays. Pour mieux comprendre le contexte de la crise Burkinabé, quelques éléments de réponses provenant d'acteurs locaux  sur  5 questions de fond:

Qui sont les putschistes du RSP ?

Le Régiment de sécurité présidentielle RSP est une unité des forces armées du Burkina Faso chargée de la protection du président du Burkina Faso, des institutions républicaines et de toute autre personne désignée par le Président du Faso. Créé le 21 novembre 1995 par Blaise Compoaré pour assoir son autorité après l'assassinat de Thomas Sankara, le RSP bénéficie d'un important armement et est indépendant du reste des forces armées car sous les ordres du chef de l'état. Le 14 Septembre, une des institutions de la transition, la Commission de réconciliation nationale et des réformes (CRNR) recommande de désintégrer le Régiment de sécurité présidentielle. L'homme fort actuel du RSP et de facto chef d'état intérimaire Gilbert Diendéré était déjà fortement impliqué dans le 1er coup d'état du 15 octobre 1987 qui avait conduit à la mort de Sankara.  Le RSP avait déjà demandé la démission du premier ministre en juin 2015 avant d'y renoncer. Les putschistes ont décrété un couvre-feu nocturne et la fermeture des frontières terrestres et aériennes du pays.

Gilbert Diendéré,  général de l'armée du Burkina Faso via wikimedia commons CC-BY-20

Gilbert Diendéré, général de l'armée du Burkina Faso via wikimedia commons CC-BY-20

Pourquoi ne pas avoir laisser évoluer le processus électoral prévu ?

Les élections présidentielles et législatives devaient avoir lieu le 11 octobre au Burkina Faso. Gilbert Diendéré justifie ainsi son action dans un entretien à Jeune Afrique :

Nous sommes passés à l'acte pour empêcher la déstabilisation du Burkina-Faso” en raison de l'insécurité pré-électorale

Il semble ce pendant que l'évocation de risques d'instabilité ne soit qu'un faux prétexte, utilisé par le RSP pour lesquels cette instabilité sera justement l'occasion de restaurer le régime précédent par la force. En effet, les anciens partisans de Compaoré avaient été tenus à l'écart  des élections  à venir. De plus, les résultats de l'autopsie sur le corps de Sankara pour comprendre son assassinat devait être publiés le 17 septembre, jour du coup d'état.

C'est à la deuxième “mort” de Thomas Sankara que l'on assiste, peut-être par les mêmes  individus, dont la responsabilité n'échappera pas aux yeux du peuple Burkinabé.

La résistance citoyenne au coup d'état va t-elle pouvoir s'opposer longtemps aux forces du RSP ?

Manifestations au Burkina faso suite au coup d'état - capture d'écran d'une vidéo d'Elisée Antoine

Manifestations au Burkina faso suite au coup d'état – capture d'écran d'une vidéo d'Elisée Antoine

Le mouvement du balai citoyen initié par la jeunesse du Burkina a été un élément essentiel au soulèvement populaire du 30 Octobre 2014 qui a fait tomber Compoaré. Ce jour, des dizaines de milliers de manifestants descendaient dans les faubourgs de Ouagadougou et autres grandes villes et convergeaient vers les bâtiments du pouvoir. A l'annonce du coup d'état le 16 septembre, des manifestations d'opposition spontanées se sont déroulées dans les rue de la capitale. Une radio, Radio de la Résistance Citoyenne, a été créé pour mobiliser les activistes contre la prise de pouvoir du RSP. Sur les réseaux sociaux, le mot-clé #lwili, centralise les nouvelles sur la crise et les initiatives citoyennes. Voici quelques images et réactions à cette nouvelle crise:

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