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Réprobation contre la Hongrie après les heurts à la frontière serbe qui ont blessé des réfugiés et des journalistes

Horgošš, Serbia. 16 September 2015 -- A scene from the "Horgos 2" border crossing into Hungary, after the Hungarian police spread water on migrants. Hungarian riot police used tear gas and water cannons on migrants who tried to break through a razor wire fence and enter Hungary from the Serbian border in Horgos. Photo by Art Widak. Copyright Demotix

Horgošš, Serbie, 16 septembre 2015 — Lors de la traversée de la frontière serbo-hongroise “Horgos 2″, la police hongroise arrose les migrants. La police anti-émeutes hongroise a utilisé des gaz lacrymogènes et des canons à eau contre les migrants qui tentaient de franchir une clôture de barbelés pour pénétrer en territoire hongrois à Horgos. Photo  Art Widak. Copyright Demotix

La Hongrie a officiellement fermé sa frotière avec la Serbie sitôt après 0 heures le 15 septembre, avec l'envoi de forces de la police spéciale, d'unités de l'armée et de Humvees pour en empêcher  le franchissement par un flux constant de réfugiés en quête d'entrée dans l'Union Européenne.

Les autorités ont déclaré l'état d'urgence dans deux départements et annoncé que la frontière resterait fermée pour au moins 30 jours. Des images de drone de la frontière serbo-hongroise au matin du 15 septembre montrent un groupe nombreux de réfugiés attendant à la frontière, bientôt rejoint par des nouveaux arrivants.

Le lendemain, des heurts entre réfugiés et policiers ont fait plus de 300 blessés, selon les médias serbes, dont au moins 30 cenfants et mineurs. La police, qui affirme avoir été visée par des jets de pierres et de bouteilles, a usé de lacrymogènes et de canons à eau contre les réfugiés.

Des enfants réfugiés blessés par les gaz lacrymogènes utilisés par la police hongroise évacués du poste-frontière de Horgos, Serbie.

Le portail Mondo.rs rapporte que les heurts ont débuté lorsque les policiers hongrois ont ouvert l'une des plusieurs épaisseurs de barrières protectrices ; les réfugiés, croyant alors que la Hongrie les laissait finalement entrer, se sont mis à franchir en masse la frontière.

La vidéo en temps réel fournie par le média russe RT a permis de voir des policiers lancer des fumigènes dans la foule et l'arrivée d'ambulances pour secourir les blessés, ainsi que des images vidéo du début des affrontements entre réfugiés et policiers.

Des journalistes frappés et leur matériel endommagé

Une équipe de journalistes polonais et une de leurs collègues serbes présentes sur place figurent parmi les blessés.

Une équipe de télévision polonaise aussi blessée à Roszke. L'action des forces de l'ordre concerne surtout la communication et des attentes auto-réalisatrices. La Hongrie perdante.

L'Association des journalistes indépendants de Serbie (IJAS) a demandé des excuses officielles au gouvernement hongrois, affirmant que l'équipe de reporters de la télévision nationale RTS avait été battue par la police hongroise, une “violation flagrante des droits et libertés élémentaires des journalistes garantis par les conventions internationales”.

Le réseau slovaque TA3 a aussi rapporté qu'un journaliste slovaque avait été frappé puis retenu par la police hongroise au poste-frontière de Horgoš.

A la frontière hongroise la police frappe et retient un journaliste slovaque http://t.co/AVWmxXBCDr

— TA3 (@tvTA3) September 17, 2015

La brutalité déployée par les policiers hongrois a provoqué l'indignation dans différents pays. Plusieurs journalistes présents au passage de Horgoš ont témoigné de la difficulté croissante à faire leur travail, tandis que que ceux qui suivent la situation à travers le monde ont souligné le caractère dérangeant des scènes qui se sont déroulées.

Pas terrible pour un journaliste mais je n'arrive simplement pas à regarder les scènes de Hongrie. Monde, ONU, U.E., dites, faites quelque chose

Où veulent aller les réfugiés ?

La guerre en Syrie, les violences et l'instabilité ailleurs au Moyen-Orient, en Asie du Sud et en Afrique, poussent un nombre record de réfugiés à entreprendre le voyage souvent périlleux vers l'Europe en quête de sécurité. Beaucoup arrivent dans l'Union Européenne en débarquant en premier en Grèce et en Italie avec l'intention de poursuivre jusqu'en Allemagne où se trouvent déjà une partie de leur famille ou des amis, et vue comme plus riche de promesses économiques.

Röszke, Hungary. 15 September 2015 -- Borders along Hungary and Serbia, including an official motorway crossing border in Roszke, Hungary, were closed, and the Hungarian government declared a state of emergency. Photo by Beata Zawrzel. Copyright Demotix

Röszke, Hongrie, 15 septembre 2015 — Les passages frontaliers entre la Hongrie et la Serbie, y compris sur une autoroute à Roszke (Hongrie), ont été fermés, et le gouvernement hongrois a déclaré l'état d'urgence. Photo  Beata Zawrzel. Copyright Demotix

Jusqu'à présent, ils utilisaient l'itinéraire des Balkans, qui traverse la Macédoine et la Serbie (non membres de l'UE) pour entrer en Hongrie, qui appartient à l'UE et à l'espace Schengen, un accord qui permet la circulation sans passeport entre les pays membres.

Selon les règles de l'UE, les demandeurs d'asile doivent s'enregistrer dans le pays européen de leur première arrivée et risquent le renvoi dans leur pays d'origine s'ils se déplacent à travers l'Europe. Même si l'Allemagne a cessé d'appliquer cette procédure aux réfugiés syriens, de nombreux réfugiés s'efforcent donc de laisser aussi vite que possible derrière eux l'Europe de l'Est sans être identifiés en route.

‘Les Balkans, la dernière frontière’

Sur les médias sociaux de toute l'Europe orientale, beaucoup ont exprimé leur colère contre la décision apparemment unilatérale de la Hongrie ou de l'UE de traiter la crise des réfugiés sans consulter leurs voisins non-membres. La populaire actrice serbe Bojana Maljević, qui appelle depuis plusieurs semaines à aider les réfugiés en Serbie, a déduit que cette attitude ne manquerait pas de répercussions diplomatiques futures parmi les pays d'Europe du Sud-Est.

Evidemment ce n'est pas la politique de la seule Hongrie. Ce qui apparaîtra bientôt clairement.

Dans les cafés de Belgrade et sur les médias sociaux serbes, la croyance est largement partagée que “quelqu'un dicte à la Hongrie sa conduite” — que l'UE ne veut simplement pas accepter la plupart de ceux qui fuient la Syrie par la route des Balkans.

L'utilisateur deTwitter Goran Damnjanović le résume bien, qui dit que la Serbie et les autres pays balkaniques hors UE sont supposés traiter la crise des réfugiés sur leur propre sol :

Balkans, la dernière frontière.

Au lendemain de la fermeture de la frontière serbo-hongroise, le premier ministre de Hongrie Viktor Orban a annoncé qu'il allait faire de même avec la frontière roumaine, puisque la Serbie “cesserait à l'évidence d'être un point d'entrée” pour les réfugiés. Un article de The Economist explique que la dispute entre la Hongrie et la Roumanie “porte peut-être plus sur la politique que sur les réfugiés”, plongeant dans les contextes historique et politique qui peuvent sous-tendre les décisions récentes de M. Orban.

Le tour de la Croatie?

La Croatie, dernière venue des pays d'Europe orientale dans l'UE, est entraînée dans cette crise. Le 16 septembre, l'agence d'information serbe Tanyoug a rapporté que le gouvernement croate a dit envisager “l'ouverture d'un corridor” permettant aux réfugiés de passer dans d'autres pays de l'Union, une idée que Bruxelles avait accueilli négativement, indiquant qu'une telle décision serait “contraire aux lois de l'UE et aux obligations des Etats membres.”

Au milieu de la crise actuelle, la présidente croate Kolinda Grabar-Kitarović a annoncé que la Croatie surveillerait plus strictement ses frontières avec les Etats non- membres de l'UE à cause du “grand nombre de réfugiés déjà entrés dans le pays au premier jour” de la fermeture de la frontière serbo-hongroise. Mme Grabar-Kitarović a déclaré que la sécurité des citoyens croates et des frontières du pays étaient prioritaires. Le premier ministre a néanmoins ajouté plus tard dans la journée que la Croatie ne fermerait pas ses frontières et n'envisageait pas cette option.

D'autres pays d'Europe centrale et orientale, ainsi que leurs citoyens, ont aussi donné leur point de vue à mesure qu'évoluait la situation. Dans la section des lecteurs du portail satirique slovaque SME.sk, Gulas a posté une image du fondateur et ex-président du Parti national slovaque Ján Slota disant “Pour qui croiser les doigts ? La Hongrie ou les migrants ?”

gulas sk

“Pour qui croiser les doigts en ce moment ? La Hongrie ou les migrants ?”

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