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Donbass : les nouveaux accords marquent-ils un tournant vers la résolution du conflit ?

Bataillon à Kiev par Butko - CC-BY-20

Bataillon à Kiev par Butko – CC-BY-20

Avec un bilan de 8 000 morts et plus de 17 000 blessés, le Donbass est le théâtre des affrontements entre loyalistes ukrainiens et séparatistes pro-russes depuis plus d'un an. Après l'échec des accords de Minsk I et II, un nouveau compromis vient d'être trouvé entre Kiev et les séparatistes de l'Est du pays. En parallèle se tenait un sommet entre Moscou, Kiev, Paris et Berlin. Un pas de plus vers une sortie de crise ?

Retrait des armes lourdes

Plus de six mois après les Accords de Minsk II qui prévoyaient le retrait des armes lourdes d'un calibre supérieur à 100 mm, le gouvernement de Petro Porochenko et les séparatistes pro-russes ont trouvé un nouvel accord vers le désarmement de la ligne de front dans la région du Donbass. Les deux parties se sont entendues pour retirer les chars de combat, les mortiers et les pièces d'artillerie d'un calibre inférieur à 100 mm des zones de confrontation dans l'Est de l'Ukraine. L'accord a une nouvelle fois été entériné dans la capitale biélorusse, Minsk, où l'émissaire ukrainien Leonid Koutchma avait été dépêché. En revanche, les chefs séparatistes pro-russes n'étaient pas présents et ont du signer le document ultérieurement. La nouvelle mesure « prévoit le retrait à 15 km de la ligne de front des chars, des mortiers et des pièces d'artillerie d'un calibre inférieur à 100 mm », a indiqué Martin Sajdik, représentant de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). « La première étape débutera dans deux jours », a-t-il précisé, soit le jour de la tenue du sommet quadripartite entre la France, l'Allemagne, la Russie et l'Ukraine.

Pas d'avancée significative dans le processus de Minsk

Le 2 octobre s'est en effet tenu à l'Elysée une réunion au format dit « de Normandie » en référence à la réunion du 6 juin dernier où étaient réunis Petro Porochenko, Vladimir Poutine, François Hollande et Angela Merkel à l'occasion de l'anniversaire du Débarquement. La médiation franco-allemande avait déjà abouti aux précédents accords de Minsk de février dernier, qui prévoyaient un cessez-le-feu, lequel n'avait pas été respecté. Selon les quatre dirigeants, le nouveau « cessez-le-feu complet » en vigueur depuis le 1er septembre dans l'est de l'Ukraine serait « globalement respecté ». Dans les faits, le front n'a en effet jamais été aussi calme depuis le début du conflit en avril 2014, mais le retrait des forces armées dans le pays reste encore difficile à observer. L'objectif réaffirmé est bien d'appliquer les accords de Minsk II avant la fin de l'année et d'aboutir à un cessez-le-feu complet entre loyalistes et séparatistes. Le rétablissement de la paix en Ukraine orientale permettrait une levée progressive des sanctions occidentales contre la Russie. Paris et Berlin laissent à Moscou jusqu'au 31 décembre pour retirer les forces stationnées et sécuriser la frontière russo-ukrainienne, après quoi ils pourraient – ou non – demander à leurs homologues européens de lever les sanctions économiques.

Guerre en Syrie et paix en Ukraine ?

Le retour de la Russie sur la scène internationale inquiète plusieurs observateurs. Pourtant, les récentes interventions russes en Syrie laissent l'espoir d'une accalmie sur le front ukrainien. L'engagement russe en Syrie pourrait ainsi permettre de désamorcer le conflit dans le Donbass, Moscou ne souhaitant pas se voir mener simultanément deux fronts militaires suscitant la désapprobation occidentale. Rédacteur en chef de La Croix, Jean-Christophe Ploquin, décrit dans son éditorial la stratégie russe et identifie « un front qui refroidit, l'autre qui s’échauffe. Vladimir Poutine sait manier deux fers au feu. Dans l’est de l’Ukraine, il veille à ce que le principe d’un cessez-le-feu soit respecté. En Syrie, il intervient directement en soutien à Bachar Al Assad. »

Le conflit dans les régions de Donetsk et de Louhansk représente-t-il un échec pour l'Europe ? Pour Florent Parmentier, maître de conférences à Sciences Po, « il est certain que l’Europe a sous-estimé la réaction de la Russie lorsqu’elle a proposé un rapprochement avec l’Ukraine. » Mais la médiation franco-allemande aura selon lui permis d'amorcer une sortie de crise. « Il ne fait toutefois aucun doute que les accords de Minsk, en mettant autour de la table la Russie, l’Ukraine, la France et l’Allemagne, ont constitué une avancée décisive dans l’apaisement du conflit. »

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