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Sassou-Nguesso organise un référendum pour rester plus de 35 ans au pouvoir au Congo

Dennis Sassou Nguesso via wikipedia CC-BY-20

Dennis Sassou Nguesso via wikipedia CC-BY-20

4 présidents en exercice en Afrique (au Rwanda, Burundi, République du Congo et la République Démocratique du Congo)  essayent de prolonger leurs mandats au delà de la limite accordée par leurs constitutions respectives. Au Congo-Brazzaville, un référendum a été proposé par le président  Denis Sassou-Nguesso pour qu'il puisse se présenter une nouvelle fois.  Cette mesure électorale a été contestée par l'opposition politique entraînant plusieurs morts lors des manifestations diverses dans les rues de Brazzaville (capitale du pays).

Sassou-Nguesso a été président de la République populaire du Congo de 1979 à 1992 et est le président en exercice de la République du Congo depuis 1997.

Manifestations #Sassoudegage via kabolokongo.com

Manifestations #Sassoudegage via kabolokongo.com

Violents heurts lors des protestations contre le  référendum 

La Constitution de la République du Congo (encore nommée Congo-Brazzaville)  limite le nombre de mandats présidentiels à deux et l’âge pour se présenter à la présidence de la République à 70 ans.

Au debut de l'année 2015, Sassou-Nguesso organise une série de consultations avec des personnalités politiques du pays afin d’examiner une possible modification de la Constitution en vigueur dans le pays depuis 2002. La démarche est deja vivement critiquée par une partie de l’opposition qui y voit une manœuvre afin de pouvoir se présenter une troisième fois à la présidence de la République.

Sassou-Nguesso organise quand même un référendum qui a vocation à demander au peuple congolais s’ il souhaite une reforme de la constitution.

L'opposition appelle au boycott du référendum et des protestations contre Sassou-Nguesso éclatent alors dans les grandes villes du pays (Brazzaville et Pointe-Noire notamment) avant le référendum pour protester contre son objectif final.  Les autorités font état de 4 morts et 10 blessés.

Sur les réseaux sociaux, les mots clefs tel que #Sassoufit et #Sassoudegage se répandent pour protester contre les intentions du president sortant.

Malgré un taux de participation très faible (10%), le référendum valide donc la reforme de la constitution.

Mots clefs #sassoufit lors des manifestations contre Nguesso via canalfrance info

Mots clefs #sassoufit lors des manifestations contre Nguesso via canalfrance info

Ou va le Congo-Brazzaville ? 

Pour l'opposition, le faible taux de participation indique que la population est contre une réforme qui permettrait à Sassou-Nguesso de rester président.

Ismaël Bowend NABOLE, reporter pour Omega fm a Brazzaville, écrit que l’opposition congolaise rejette la décision prise suite au référendum:

Une des deux principales plateformes de l’opposition a qualifié le référendum de « coup d’État constitutionnel », car « le scrutin n’a été ni libre, ni juste, ni équitable, ni transparent » et s’est déroulé « dans un état de siège ».

La communauté internationale et les observateurs électoraux sont aussi sceptiques sur la fiabilité des résultats annoncés.  Michel Taube, directeur de l'Opinion Internationale, explique la position de la France sur ce scrutin:

François Hollande, président de la République française, lâche Denis Sassou-Nguesso. Dans un communiqué tardif, après des propos tenus la veille qui avaient déçu toute l’Afrique, l’Elysée « condamne toute violence et soutient la liberté d’expression. [François Hollande] rappelle qu’il avait souhaité, lors de son discours prononcé à Dakar, le 29 novembre 2014, que les Constitutions soient respectées et que les consultations électorales se tiennent dans des conditions de transparence incontestables. » Or il est clair qu’avec son référendum constitutionnel prévu dimanche, Denis Sassou-Nguesso ne respecte pas la Constitution du Congo et n’offre aucune garantie de transparence incontestable.

Taube ajoute que cette position va forcer chaque camp à durcir ses positions et que la résolution de la crise peut réserver des surprises:

Rappelons-le : en Tunisie comme au Burkina Faso, quelques heures avant, Ben Ali et Blaise Compaoré ne se doutaient pas qu’ils quitteraient dans la précipitation le pouvoir et que la démocratie l’emporterait enfin sur l’omnipotence d’un seul homme.

La jeunesse congolaise est pleine d'espoir mais elle est aussi méfiante sur les intérêts politiques en jeux. Josué Mfutila Kiangata, Aaron Malu Mukeba et Martin Nomapungu sont de jeunes étudiants  et ils nous livrent leurs points de vue sur la démocratie en Afrique:

Martin:

Certains candidats crient à la victoire avant les élections ; ils insinuent que les dirigeants des institutions chargées d’organiser les élections sont de telle obédience. Or ces institutions doivent être neutres, indépendantes. Cet organe est composé d’hommes politiques ; ils viennent avec leurs tendances politiques.

Aaron:

 je pense que les principes démocratiques sont universels et que nous sommes censés respecter ces principes. Je ne suis pas de ceux qui pensent que le système héréditaire africain d’hier était un bon système.

 

Josué:

La littérature nous enseigne qu’il faut organiser les élections dans un contexte apaisé. Or ici en Afrique, ce n’est pas le cas. Pourquoi ? Parce qu’il s’agit d’une culture empruntée, une culture des Occidentaux qu’on est venue imposer ici en Afrique.

Le règne des présidents a vie en Afrique est bel et bien mis a mal par la jeunesse africaine qui a soif d'une nouvelle dynamique.

 

 

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