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Après la lapidation d'une jeune Afghane, “Comment ne pas croire que demain ce sera notre tour ?”

Photo extraite de la vidéo de RFE/RL montrant la lapidation à mort d'une jeune Afghane

Avertissement : cet article contient des images choquantes 
Fin octobre, une jeune Afghane accusée d'adultère a été lapidée à mort à Firozkho, capitale de la province de Ghor. Une courte vidéo, obtenue par Radio Free Europe, montre la jeune femme, identifiée sous le nom de Rokhshana, enterrée jusqu'au cou et hurlant pendant que des hommes lui jettent des pierres en chantant ” Il n'existe pas d'autre Dieu qu'Allah “. (Avertissement : séquence extrêmement perturbante).
“Rokhshana a été contrainte d'épouser un vieil homme contre sa volonté et elle a été lapidée après avoir été surprise en train de fuir avec un autre homme dans la province de Ghor” a dit à Tolo News le Général Mustafa, chef de la police de la province de Ghor après la lapidation du 25 octobre.
La Gouverneure de la province Seema Joyenda — une des deux seules femmes gouverneures d'Afghanistan – dit que la famille de Rokhsana l'a mariée contre sa volonté.
“L'homme qui s'est enfui avec elle a été puni d'une façon très clémente et n'a subi aucune violence physique” ajoute-t-elle, “c'est le premier incident dans cette zone et ce ne sera pas le dernier “.

La lapidation à mort de Rokhashana, jeune Afghane de 19 ans, est un rappel du proverbe afghan : “Les femmes sont faites pour la maison ou pour la tombe”.

Un officiel local, Mohammad Zaman Azimi, blâme les talibans, qui contrôlent le village où la lapidation a eu lieu.

Le quotidien local 8 am affirme que l'ordre de lapidation de Rokhshana a été donné par un religieux, Mollah Yosuf, qui lui avait demandé plusieurs fois d'épouser son frère malgré son refus constant. Abdul Hai Khatibi, le porte-parole du gouverneur de la province dit que le rejet du frère de Yosuf par Rokhsana était la cause directe de la lapidation.

Selon des recherches menées par 8 am, Rokhshana était une jolie femme mais n'avait étudié que jusqu'en 6ème. C'était le deuxième fois qu'elle s'enfuyait de son domicile à cause d'un mariage arrangé.

La première fois elle s'est enfuie avec un homme qu'elle aimait quelques mois après avoir été forcée par sa famille à épouser un homme riche de la localité.

Cependant, ils n'eurent pas d'autre possibilité que de retourner dans leur village après que la famille du mari eut menacé la famille de Nabi et les eut pris en otage. Quand elle revint, son mari n'était plus intéressé par le fait de l'épouser et s'était marié avec sa sœur.

Néanmoins les aînés du village ont interdit à Rockhshana et Nabi de se marier.

Les tribulations de Rockhshana ont continué. Un homme de 55 ans a offert à son père une énorme somme d'argent pour pouvoir l'épouser. Bien qu'elle ait refusé et ait averti son père qu'elle s’enfuirait de nouveau, il a accepté cette proposition.

Elle mit sa menace à exécution, cette fois en s'enfuyant avec Gul Mohammad, fils d'un homme puissant du village. Tandis que Rokhshana était lapidée à mort, Gul recevait une punition plus légère de 100 coups de fouet et était renvoyé chez lui.

Le Président Ashraf Ghani a déclaré la lapidation non-islamique et criminelle et a ordonné une enquête approfondie sur ce fait-divers.

Ashraf Ghani

La lettre du Président, ordonnant une enquête sur la lapidation.

Les députés ont aussi condamné . Fawsia Koofi, une femme-députée de Badakhshan, qui avait fait campagne sans succès pour l'élection à la présidence en 2014 a dit : “Depuis les débuts de ce nouveau gouvernement, c'est le deuxième crime le plus horrible dans l'histoire humaine”. En mars, une jeune femme, Farkhunda, avait été battue à mort puis brûlée par une foule en colère à Kaboul- suivant de fausses accusations selon lesquelles elle aurait brûlé le Coran.

Quand vous regardez la vidéo de la lapidation de Roskhana, vous vous haïssez en tant qu'homme, vous vous haïssez en tant qu'être humain.

La vidéo de deux minutes – vraisemblablement réalisée sur le téléphone portable d'un témoin oculaire – a entraîné un flot de critiques sur les médias sociaux.
L'incident a déclenché l'indignation contre les politiciens passifs ainsi que contre les religieux extrémistes.
Un utilisateur de Facebook a commenté sous la vidéo dans laquelle des parlementaires condamnent la lapidation :

Vous, politiciens inutiles continuez de parler comme toujours. Honte sur vous tous !

La nouvelle horrible de la lapidation de Rokhshana coïncide avec le succès de Maryam Monsef à l'élection au Parlement canadien. Mme Monsef, une réfugiée née en Afghanistan, est la Ministre des institutions démocratiques dans le nouveau cabinet jeune et diversifié du Premier ministre Justin Trudeau.

Les usagers des médias sociaux afghans ont comparé la vie de ces deux femmes afghanes en protestation contre les nouvelles lois liées à la violence contre les femmes dans l’ère post-talibans.

mr

Rokhshana (largement partagé)

Afghan Women

Des femmes de Kaboul protestent contre la mise à mort de Rokhshana.

Les féministes se sont levées en nombre afin de chercher à rendre justice à Rokshana. Le 6 novembre, elles ont publié un memorandum dans lequel elles demandent au gouvernement d'effectuer une enquête sérieuse, en identifiant les personnes qui ont ordonné la lapidation.

Beaucoup, cependant, considèrent ces actions comme inefficaces.

Les cas de Farkhunda et de Rokhshana ont amené les femmes afghanes à douter que leurs vies, sans parler de leurs libertés puissent être garanties en Afghanistan.

Cette fille, #Rokhshana a été lapidée en #Afghanistan. Comment ne pas croire que demain ce sera notre tour ?

Un usager de Facebook commente :

Comment est-ce possible que quelqu'un prenne une pierre et la lance sur une femme à moitié enterrée ? Comment pouvoir vivre avec soi-même après avoir fait ça ?

Le code pénal afghan ne reconnait pas la lapidation. Cependant, en 2013, quelques religieux extrémistes de la Chambre basse ont tenté de la légitimer.

Heureusement pour les femmes afghanes, la pression internationale a forcé le Président d'alors, Hamid Karzai, à rejeter cette proposition et à la remplacer par une ” détention prolongée” pour punir l'adultère.

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