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Sur Twitter, le Guide suprême iranien accuse les Etats-Unis d'être responsables des conflits actuels

The Supreme Leader's YouTube video called "Satan's  Confessions" on the United States foreign policy on Iran.

La vidéo YouTube du Guide suprême s'intitule “Les confessions de Satan”, et parle de la politique étrangère des Etats-Unis vis-à-vis de l'Iran.

L'état actuel du monde est inquiétant. Que l'on pense aux attaques récentes en France, au Liban, au Mali, au Nigeria ou en Tunisie, à l'état d'urgence militaire à Bruxelles, ou encore aux guerres qui sévissent en Irak, en Syrie et au Yémen, la liste des conflits armés dans le monde est longue et ne cesse d'augmenter. C'est dans ce contexte opportun que le Guide suprême iranien, l'Ayatollah Ali Khamenei, a choisi de faire savoir son opinion sur ces problèmes mondiaux avec une série de tweets, présentés comme des bribes de ses discours et des rencontres du jour.

Dans ces messages, il attire l'attention sur ce qu'il voit comme des politiques destructrices et hypocrites des États-Unis et de leurs alliés, et montre aussi qu'il ne remet pas du tout en question les politiques du gouvernement iranien. Il est nécessaire de souligner ici que l'Iran a un président élu, mais dans les faits, la figure religieuse et non élue du Guide Suprême détient le pouvoir de décision final.

La vidéo ci-dessous, postée sur son compte Twitter le 1er novembre 2015, résume les sentiments d'Ali Khamenei à l'égard des États-Unis, appelés dans la rhétorique iranienne le “Grand Satan“, et ce en dépit des accords conclus en juillet entre l'Iran, les États-Unis et les pays du groupe P5+1. La vidéo fait le lien entre toute forme de protestation locale ou de mouvement d'opposition en Iran et une influence américaine, voire une infiltration.


Ali Khamenei tient un compte Twitter en anglais, sous le nom de @khamenei_ir, souvent complété par des traductions en arabe et en espagnol sur les comptes @khamenei_ar and @khamenei_es. Bien que Twitter soit bloqué en Iran, et que le compte ne soit pas certifié comme appartenant réellement à Ali Khamenei, les photos exclusives et les informations qui y sont publiées portent à croire que c'est bien le bureau d'Ali Khamenei qui gère le compte. Le compte en persan de l'Ayatollah, @farsi.khamenei.ir, est inactif depuis mai 2015, suggérant que son bureau utilise Twitter comme un outil diplomatique pour faire savoir son point de vue en dehors de l'Iran.

Ci-dessous un aperçu des tweets d'Ali Khamenei ces trois derniers jours [article initialement publié le 21 novembre 2015].

“M. Poutine est un homme exceptionnel dans le monde d'aujourd'hui”

Le jeudi 23 novembre, Ali Khamenei a participé à une série de visites d'Etat, et plusieurs tweets rapportent des bribes de discussions entre lui et le chef d’État invité. Le thème qui ressort est l'intervention négative des États-Unis dans les conflits régionaux.

Dans ses discussions avec le Président nigérian Muhammadu Buhari, Ali Khamenei semble arriver à la conclusion que les problèmes que posent des groupes comme Daech [ou groupe Etat Islamique] et Boko Haram au Nigéria, à l'Iran mais aussi à toute la région, sont exacerbés par les États-Unis et “l'Occident”.

C'est une erreur que de placer un espoir dans la coopération et l'aide des États-Unis et de l'Occident dans la lutte contre contre des mouvements terroristes comme DAECH ou BokoHaram.

Tandis que la moyenne était à deux ou trois tweets pour la plupart des visites, celle du Président russe Vladimir Poutine a donné lieu à 16 tweets de l'Ayatollah et un album photo publié sur le son site farsi.khamenei.ir. Ces tweets consistaient surtout en un éloge de Vladimir Poutine, une critique des États-Unis, la mention de leur collaboration en Syrie, et un engagement : maintenir la souveraineté de Bachar al-Assad en Syrie, considérant qu'il était un “Président élu démocratiquement”.

M. Poutine est un personnage exceptionnel dans le monde d'aujourd'hui ; j'apprécie les efforts de la Russie sur la question nucléaire.

Le Guide suprême au Président russe : l'Amérique essaye toujours de mettre ses rivaux dans une situation de passivité, mais vous avez neutralisé cette politique.

Les décisions et les mesures de Moscou sur la question syrienne améliorent la position de la Russie et de M. Poutine lui-même dans la région mais aussi de manière plus globale.

Les États-Unis cherchent à dominer la Syrie pour dominer la région et ainsi se rattraper de leur échec à dominer le Proche-Orient par le passé ; ça nous menace tous, mais surtout la Russie et l'Iran.

Le Président syrien a été élu par des gens de points de vue politiques, religieux et ethniques très divers ; les États-Unis ne peuvent pas ignorer le vote des Syriens.

Toute solution pour la Syrie doit d'abord être connue et acceptée par le peuple syrien et les autorités.

Soulignant que les attaques russes sur les terroristes de Syrie continuaient toujours, Vladimir Poutine réclame une coopération Téhéran-Moscou et souhaite une solution politique en Syrie.

Vladimir Poutine lundi, face au Guide suprême : L'Iran est un allié de confiance, personne ne peut décider à la place du peuple syrien.

Au beau milieu de la guerre qui fait rage en Syrie, Bachar Al-Assad a été réélu Président en 2014, avec presque 90% des voix. Le vote ne s'est tenu que dans des zones du pays encore contrôlées par ses forces ; l'Union Européenne et les États-Unis avaient condamné cette élection jugée une mascarade.

La Russie et l'Iran ont été des fervents défenseurs et des alliés de Bachar al-Assad depuis le début de la guerre civile en 2011, lui fournissant une aide militaire, des armes, des entraînements et des conseillers. Depuis septembre 2015, l'armée russe est déployée en Syrie pour combattre des groupes militants comme Daech à la demande de Bachar al-Assad, mais il est de notoriété publique que ses bombardements ont aussi frappé des groupes rebelles et des populations opposées à Bachar al-Assad.

Depuis le début de la guerre civile en 2011, les États-Unis ont offert un soutien à l'Armée syrienne libre, des rebelles modérés contre le gouvernement Assad. Depuis septembre 2015, les États-Unis sont aux côtés d'une coalition qui regroupe l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, la Jordanie, le Qatar et le Bahreïn, qui a initié des frappes aériennes contre les bastions de Daech.

Soutien pour toute personne qui “affronte et résiste à l’oppression”

Une rencontre entre le Président irakien Fuad Masum et Ali Khamenei reflète les tensions sectaires dans le pays, attribuées à l'influence néfaste des Américains avec leur invasion très critiquée de l'Irak en 2003.

Les Irakiens ont vécu ensemble sans problème pendant des siècles, mais des pays de la région et des étrangers ont exacerbé les conflits ; il faut y remédier.

La situation en Irak ne doit pas donner motif aux États-Unis d'oser venir parler de la désintégration de ce pays.

Rencontre avec le Président irakien : Les Américains ne doivent pas être autorisés à voir l'Irak comme leur propre territoire, et agir ou parler de l'Irak comme bon leur semble.

Parmi les visites de ce week-end, il y a eu celle du Président bolivien Evo Morales. Là encore, le thème s'est concentré sur la politique américaine, et tout particulièrement sur ses efforts pour “ruiner” les cultures locales et les politiques menées en Amérique latine et au Moyen-Orient. Pendant cette discussion, Ali Khamenei a affirmé le soutien de l'Iran aux opprimés, où que ce soit dans le monde.

Rencontre avec le Président bolivien : Il est nécessaire d'affirmer notre volonté de nous opposer aux politiques des États-Unis qui veulent changer les identités des nations.

La République islamique d'Iran soutient toute personne, dans le monde entier, qui affronte et résiste à l'oppression et à la domination.

Ali Khamenei: L'arrogance des États-Unis alimente le conflit

Dans un discours devant les Bassidj, organisation paramilitaire d'Iran, l'Ayatollah a révélé son point de vue sur nombre de conflits actuels au Moyen-Orient, y incluant le mouvement brutalement réprimé au Bahreïn, la guerre civile au Yémen, le mouvement palestinien contre l'occupation israélienne, et les soutiens directs ou indirects à des organisations comme Daech.

Encore une fois, il a évoqué tous ces sujets en accusant les États-Unis d'avoir non seulement contribué à faire émerger Daech avec son intervention en Irak et dans la région, mais aussi de soutenir des pays comme le Bahreïn, l'Arabie Saoudite (qui dirige une coalition intervenant au Yémen au nom du gouvernement contesté du Président Abd Rabbuh Mansur Hadi), et Israël.

Des milliers de commandants des Bassidji venus des quatre coins du pays rencontrent le Guide Suprême.

Il y a un conflit mondial entre le mouvement de l'arrogance représenté par les États-Unis, et le mouvement des valeurs, et de l'indépendance et de l'identité nationale représentée par les Bassidji.

Sur le Bahreïn: Qu'est ce qui ne va pas dans les demandes du peuple du Bahreïn ? Ils demandent le suffrage universel. Ne prônez-vous pas la démocratie ? Existe-t-il quelque chose de plus clair ?!

Le peuple yéménite innocent est bombardé depuis maintenant des mois, pourtant les organisations des droits de l'homme soutiennent toujours les agresseurs… C'est ça, l'arrogance.

L'intifada palestinienne a commencé en Cisjordanie, et 60 ans après le début de l'occupation, les générations ont changé mais la cause palestinienne existe toujours.

L'arrogance soutient directement et indirectement les organisations terroristes les plus diaboliques en Syrie.

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