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Avant même d'exister, le pont reliant la Crimée à la Russie est sur Instagram avec un chat

Most the cat will help occupy your time #WaitingfortheBridge from Russia to annexed Crimea. Image from @cat_the_most on Instagram.

Avec Most le chat vous trouverez le temps moins long #OnAttendLePont entre la Russie et la Crimée annexée. Image de @cat_the_most sur Instagram.

Ne cherchez plus ce qui manque à votre stratégie de communication sur les médias sociaux pendant que vous construisez à petite vitesse un pont hors de prix vers un territoire annexé illégalement. La réponse, c'est un chat.

Le “Pont de Crimée” est un chantier ambitieux lancé par la Russie peu après son annexion de la péninsule de Crimée aux dépens de l'Ukraine, au printemps 2014. Comme la Russie n'a actuellement aucune liaison terrestre avec la Crimée, ce pont, qui s'étire de la région russe du Kouban aux rivages criméens, serait une artère vitale permettant à la Russie de transporter vers la péninsule et vice-versa, approvisionnements, matériaux de construction, biens et personnes.

Le président russe Vladimir Poutine a lancé dès mars 2014 l'idée d'un pont au-dessus du détroit de Kerch, avant que le premier ministre Dmitri Medvedev ne désigne l'entreprise de génie civil “Stroïgazmontaj”, appartenant à un allié de Poutine, l'oligarque Arkady Rotenberg, comme le chef de file du projet de construction du pont.

Si les coûts d'études et de construction du pont étaient initialement prévus à environ 50 milliards de roubles (709 millions de dollars), des estimations plus récentes du consortium d'entreprises publiques parties au projet approchent plutôt les 300 milliards de roubles (4,25 milliards de dollars).

Les autorités russes disent vouloir terminer les travaux pour décembre 2018, mais de nombreux spécialistes doutent de la faisabilité du projet, montrant du doigt les coûts énormes et les défis géologiques.

Le pont de 19 kilomètres n'est pas près d'être en service, ce qui ne l'empêche pas d'avoir une forte présence sur Internet, et, plus important encore, une stratégie de médias sociaux basée sur un chat.

The splash page of the Crimean Bridge website. Screenshot from most.life.

La page d'accueil extravagante du site web du Pont de Crimée. Capture d'écran de most.life.

Il y a peu, le pont a été doté d'un site internet officiel, most.life, où les visiteurs peuvent s'informer sur l'historique du projet de construction et son avancement, et voir des photos et vidéos en rapport avec l'entreprise. “L'URL même du site web ne doit rien au hasard”, proclame le service de presse du projet. “La qualité de vie des gens de part et d'autre du détroit dépend directement du pont”.

Le pont (encore inexistant) possède aussi des comptes sur Facebook, Twitter, Instagram, VKontakte et Odnoklassniki, diffusant pour la plupart les mêmes images animées d'avancement du chantier et des panoramas du site, ainsi que des bouts d'éphémères se rapportant à la fabrication de ponts.

Photo du chantier. Source : page VKontakte du Pont de Crimée.

Ce que nous préférons de l'activité du pont de Crimée sur les médias sociaux, c'est le compte Instagram particulier d'un chat du nom de “Cat the Most” (“мост” veut dire “pont” en russe) présentant une mascotte féline qui fréquente le chantier, rend compte de l'avancée des travaux et dispense des vannes régulières. Un superbe matou, non ?

Si on continue à me nourrir à ce rythme encore un mois, je deviendrai gros comme ce camion.

Most the cat a même sa légende : la bête serait apparue un jour sur le chantier et aurait été adopté par les ouvriers. Le compte Instagram du chat essaie de s'adapter à des audiences variées, y compris aux branchés.

Vais me chercher un salon de barbier à Taman. Souhaitez-moi bonne chance dans cette affaire difficile.

Indubitablement, la multitude de comptes de médias sociaux et leur activité n'ont d'autre but que d'occuper l'imagination populaire pendant que la voie de transport avance à petits pas, sans réelle date de fin en vue. Le compte Instagram officiel du pont ne compte pas plus de 1.400 abonnés, tandis que Most the cat en attire 637 autres avec ses images espiègles et ses plaisanteries. Ceux qui ont imaginé cette stratégie de médias sociaux connaissent leur affaire : sur Internet, les chats peuvent combler n'importe quel vide, même si c'est un vide en forme de pont valant plusieurs milliards de dollars.

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