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Une militante russe condamnée à deux ans de prison pour incitation à l'extrémisme sur les réseaux sociaux

Дарья Polyudova на одного человека пикета.  Изображение из своей странице ВКонтакте.

Daria Polioudova tenant un “piquet” de manifestation. Photo tirée de sa page VKontakte

Le tribunal de région de Krasnodar a reconnu l'activiste Daria Polioudova [dont Global Voices a relaté le cas au début de son procès, Ndlt] coupable d'appels publics à l'extrémisme et au séparatisme, et l'a condamnée à deux ans de colonie pénitentiaire.

Selon le site Ovdinfo.org, l'accusation avait initialement requis trois ans et demi contre Mlle Polioudova.

Préalablement, Mlle Polioudova a été accusée d'avoir publiquement appelé à des activités visant à nuire à l'intégrité territoriale de la Russie (selon le nouvel article de loi 280.1, apparu en 2014), ainsi qu'à des activités de nature extrémiste (selon les alinéas 1 et 2 de l'article 280 de la constitution russe), et d'avoir diffusé ces appels sur les réseaux sociaux.

Le 4 avril 2014, Mlle Polioudova a tenu un piquet solitaire [les manifestations de groupe sont interdites en Russie, Ndlt] avec une pancarte portant ces mots : “Pas de guerre en Ukraine, mais la révolution en Russie ! Pas la guerre, la révolution !” Elle a de plus posté une photo d'elle-même tenant cette pancarte sur sa page VKontakte, le réseau social le plus populaire en Russie. Le 16 juillet 2014, Mlle Polioudova a posté sur sa page un texte contenant les phrases suivantes : “Peuple, réveille-toi ! Pourquoi ne pouvons-nous pas virer Poutine et ensuite faire la révolution, une révolution socialiste ? !!! Assez dormi ! Il est temps de descendre dans la rue et de renverser ce régime !” Daria Polioudova affirme qu'elle n'a fait que partager sur sa page les propos de quelqu'un d'autre, sans y ajouter son propre commentaire.

Le 5 аoût 2014, elle publie sur VKontakte un texte proclamant ceci : “Il faut retourner contre Poutine ses propres armes”, et rappelant que la zone du Kouban est historiquement une terre à population ukrainienne.

Daria Polioudova a été interpellée en août 2014, après avoir participé à une “Marche pour la fédéralisation de la zone du Kouban”. Il s'est avéré plus tard que c'est un message sur les réseaux sociaux adressé à l'Ukraine et à la communauté internationale pour faire reconnaître les persécutions à l'encontre de la minorité ukrainienne dans la région du Kouban qui a déclenché l'ire des forces de l'ordre. Le volet “extrémisme” a été ajouté à l'affaire par la suite. Mlle Polioudova a été formellement inculpée en janvier 2015.

Cette militante de Krasnodar, qui a passé six mois en détention à compter de septembre 2014, a été libérée en février 2015 et assignée à résidence. Elle a aussi écopé d'amendes administratives pour publication sur les réseaux sociaux.

Pour le défenseur des droits de l'homme Pavel Tchikov, Daria Polioudova doit être considérée comme une prisonnière politique. Il a déclaré que ce verdict montrait un durcissement à l'encontre des personnes soutenant des idées non conformes au pouvoir russe. Premier exemple de cette tendance, la condamnation d’Ildar Dadine à trois ans de détention pour une action de protestation non autorisée.

Le tribunal expédie Daria Polioudiva en colonnie pénitenciaire pour deux ans. Encore une prisonnière politique en Russie

Les nouveaux articles de loi se traduisent en peines d'emprisonnement plus longues dans les condamnations suivantes. Dadine et Polioudova

Avant que le verdict ne soit rendu public, Daria Polioudova a confié à un journaliste de Radio Svoboda qu'elle ne s'attendait pas à être acquittée et ne craignait pas la prison.

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