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Un blogueur russe condamné à cinq ans de prison pour «incitation à la haine»

Vadim Tyumentsev in court as his verdict is being read. Screencap from YouTube video, courtesy of Radio Liberty.

Vadim Tioumentsev au tribunal alors que la sentence est en cours de lecture. Capture d'écran YouTube fournie par Radio «Svoboda» [«liberté»].

Un blogueur russe de Tomsk a été reconnu coupable d'avoir publié sur Internet des contenus incitant à la haine et appelant à l'extrémisme, et condamné à cinq ans de réclusion sur la base de quelques vidéos sur YouTube et VKontakte.

Le tribunal de région de Tomsk a reconnu Vadim Tioumentsev coupable selon deux articles de la constitution de la Fédération de Russie : les articles №282 («incitation à la haine ou à l'hostilité») et №280 («appels publics à commettre des actes extrémistes») et l'a condamné à cinq ans de colonie pénitentiaire à régime général. Le tribunal a aussi interdit au blogueur de publier quoi que ce soit sur internet pendant trois années à compter de la fin de sa peine.

Selon le reportage de Radio «Svoboda», l'instruction contre Tioumetsev a été ouverte en février 2015, quand le parquet a trouvé à redire à deux vidéos publiées par le blogueur sur YouTube et sur sa page VKontakte ; certaines contenaient des diatribes sur la crise ukrainienne et l'afflux croissant de réfugiés dans le pays.

Tioumentsev a publié des dizaines de vidéos sur les deux plateformes, mais les documents du tribunal ne précisent pas dans lesquelles exactement les autorités ont trouvé le corps du délit.

L'enquête a accusé Tioumentsev d’ « hostilité envers les citoyens vivant sur le territoire des régions ukrainiennes de Lougansk et de Donetsk » et d’ « incitation publique à la haine ou à l'hostilité envers des personnes ayant obtenu le statut de réfugiés en Russie ». Le parquet a ajouté que le blogueur avait utilisé Internet pour appeler à participer à une manifestation pacifique non autorisée et pour critiquer les pouvoirs locaux. L'avocat de Tioumentsev a fait remarquer que les appels à manifester « n'entrent pas dans la liste des actes extrémistes » et que le fonctionnaires locaux, étant des personnes publiques, peuvent par conséquent être la cible des critiques de l'opinion publique, comme le prévoit la législation russe.

Le blogueur n'a pas énormément de lecteurs sur les deux plateformes, mais il a un passé d'activiste, en ligne ou non. En août 2014, il a pris part à une « Marche pour la fédéralisation de la Sibérie ».

Cette condamnation apparaît particulièrement dure par rapport à d'autres faits analogues, qui se terminent le plus souvent par des peines avec sursis. Mais elle peut être mise sur le même plan que que des peines de prison ferme pour manifestations non autorisées et activisme en ligne.

Tioumentsev a refusé de reconnaître sa culpabilité et déclaré avoir signé des aveux sous la pression du FSB (les services secrets). Le blogueur a demandé une nouvelle analyse des contenus qu'il a publiés et affirmé que celle qui a été utilisée par le tribunal « détournait le sens » de ses propos. Le tribunal a refusé d'accéder à sa requête. L'avocat du blogueur a d'ores et déjà fait appel.

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