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Après la disparition d'éditeurs les habitants de Hong Kong craignent pour l'autonomie de leur ville face à la Chine

Thousands rallied on Sunday demanding the release of the missing five booksellers. Image from PH Yang.

Des milliers de personnes ont manifesté dimanche pour demander la libération des  éditeurs disparus. Photo de PH Yang.

Des milliers de personnes on manifesté dimanche 10 janvier pour demander la libération des 5 éditeurs disparus. On pense qu'ils ont été enlevés par les autorités de Chine continentale en raison de leurs publications d'ouvrages qui critiquent le Parti Communiste Chinois.

Par ailleurs, certaines personnes influentes des milieux politiques, juridiques ainsi que du secteur culturel se sont exprimées par une vidéo devenue virale intitulée “Disparition de Lee Bo… disparition de Hongkong”, et font appel à la communauté internationale pour lutter contre ces disparitions.

Cette vidéo commente l'enlèvement présumé de Lee Bo, qui a disparu le 30 décembre, devenant ainsi la cinquième personne disparue travaillant pour une maison d'édition spécialisée dans la publication d'ouvrages interdits en Chine. Ces disparitions qui s'étalent sur quelques mois sont contraires au principe du “un pays, deux systèmes” et menacent la sécurité des habitants de la ville.

Selon la Déclaration Commune Sino-Britannique, signée en 1984, Hong Kong, alors colonie britannique, devait continuer à jouir d'un système capitaliste et d'une autonomie politique, juridique, économique et culturelle lors de son rattachement à la Chine continentale. Cependant, avec la disparition de Lee Bo, la protection constitutionnelle semble elle aussi avoir disparu — il est prouvé que Lee peut avoir été enlevé illégalement et emmené en Chine continentale sans ses papiers d'identité pour “participer à une enquête”.

La police de Hong Kong a fait une demande auprès des autorités chinoises, mais jusqu'à présent aucune explication officielle n'a été fournie sur la disparition et la localisation des 5 éditeurs disparus.

D'autre part, Lee Bo aurait faxé une lettre manuscrite à l'un de ses collègues, dans laquelle il dit être entré volontairement en Chine continentale pour participer à une enquête. Une autre lettre est également signalée par des organes de presse en faveur de Pékin. Elle est accompagnée d'une vidéo sur laquelle Lee insiste auprès du public pour ne pas faire d'histoire au sujet de sa disparition.

‘Peut-être qu'un jour on sera enlevé’

Le 10 janvier, face à la menace ressentie, des milliers de manifestants, menés par plus de 10 juristes pro-démocratie, sont descendus dans la rue à Hong Kong.

“Il a été arrêté, privé de sa liberté, il est tombé sous le contrôle d'autorités intraitables, on le roule dans la farine,” rapporte Lew Mon-hung, ancien membre de la Conférence Politique Consultative du Peuple Chinois, au Hong Kong Free Press, organe de presse indépendant en ligne, lors de la manifestation. Lew dit participer à la manifestation “pour que le monde entier sache que les habitants de Hong Kong sont attachés aux droits civils garantis par la loi Fondamentale et qu'ils n'ont pas peur.”

Comme l'explique la vidéo “Disparition de Lee Bo… Disparition de Hong Kong”, l'incident ne concerne pas que Hong Kong, mais aussi la sécurité des gens qui vivent et travaillent dans cette ville internationale. Comme le dit Gregory Wong, comédien, dans la vidéo:

Je ne sais pas jusqu'où cela peut aller et si cela peut empirer. A l'avenir, que pourra-t-on dire ou ne pas dire publiquement, ou à un ami, ou même au téléphone sur le gouvernement chinois, sur le gouvernement de Hong Kong, sur le responsable de Hong Kong Mr CY Leung ou sur n'importe quoi lié de près ou de loin à la politique. Je veux dire que peut-être qu'un jour on sera enlevé uniquement parce que l'on n'apprécie pas le système politique.

Au moins deux des disparus ont une double nationalité. Gui Minhai, le propriétaire de la maison d'édition, est citoyen suédois et Lee Bo a un passeport britannique.

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