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Netizen Report : changements en vue pour l’Iran, mais n’oublions pas les droits de l’homme

This image was created by Rich Black and the Wikimedia Foundation to spread the word about inappropriate surveillance. Art by Rich Black (CC BY 3.0)

Image créée par Rich Black et la fondation Wikimedia pour sensibiliser aux conséquences néfastes de la surveillance. Rich Black (CC BY 3.0)

Le Netizen Report de Global Voices Advocacy offre un aperçu des défis à relever, des victoires obtenues et des tendances émergentes en matière de libertés numériques dans le monde.

[Les liens de cet article renvoient vers des pages web en anglais.]

La levée des sanctions économiques et la libération de prisonniers irano-américains, dont le journaliste du Washington Post Jason Rezaian, en date du 16 janvier, semblent représenter un nouvel espoir pour l’Iran.

Mais, pendant que les yeux du monde étaient braqués sur les liens rétablis entre l’Iran et l’Occident, le blogueur et activiste iranien Hossein Ronaghi-Malaki passait ses dernières heures en famille avant de retourner en prison purger une peine de 15 ans pour ses commentaires au sujet des élections présidentielles de 2009.

Hossein Ronaghi-Malaki avait été libéré le 14 juin 2015 afin de recevoir un traitement médical, avant d’être une nouvelle fois assigné à comparaître. Peu avant son retour en prison, il faisait part sur Twitter de sa détermination à obtenir justice :

Peut-être ma dernière publication, mais je suis déterminé à retrouver ma liberté, car je suis innocent. La prison n'est pas une réponse aux opinions. https://t.co/esIZjSLh9j

Un autre prisonnier, libéré dans le cadre des récents échanges, l’Irano-Américain Nosratollah Khosravi-Roodsari, semble avoir été arrêté en raison de la surveillance de masse effectuée par les autorités iraniennes. Ses SMS étaient surveillés et ont été utilisés pour l’arrêter.

Selon certaines sources, Nosratollah Khosravi-Roodsari travaillait comme consultant pour le Federal Bureau of Investigation des États-Unis (FBI) avant de retourner en Iran en 2013. Une enquête d’IranWire prétend qu’après la diffusion d’un reportage consacré à l’ancien agent du FBI Robert Levinson sur BBC Persian, il avait, dans le but d’impressionner ses contacts au FBI, envoyé un SMS indiquant qu’il possédait des informations concernant le lieu où se trouvait Robert Levinson, alors que ce n’était pas le cas. Les services de renseignements iraniens surveillant les mots «Robert» et «Levinson» l’ont arrêté, révélant ses liens avec le gouvernement étasunien.

Censure au Pakistan, avec ou sans YouTube

Il y a peu, l’interdiction de trois ans de YouTube a été levée au Pakistan, suite au lancement par Google d’une version locale du site offrant au gouvernement plus de possibilités de demander la suppression de certaines vidéos. En parallèle, le ministre de l’Informatique du pays soutient l’adoption d’une loi sur la cybercriminalité qui renforcerait considérablement les restrictions à la liberté d’expression en ligne, ouvrant le débat aux conséquences de la censure. Comme l’indique Sana Saleem, Pakistanaise et défenseur des libertés numériques : «Avec ou sans YouTube, il appartient à chacun d’entre nous de déterminer si nous souhaitons réfléchir de manière critique et réclamer notre droit à l’accès libre à l’information ou accepter une version de celui-ci élaboré par l’État.»

Manifestations en Pologne contre la surveillance

Les citoyens polonais sont descendus dans la rue le 23 janvier pour protester contre un projet de loi de surveillance qui donnerait aux autorités accès aux données de la population relatives aux télécommunications et à Internet sans qu’une approbation judiciaire ou d’autre type soit requise. Le projet de loi, approuvé par la chambre basse du Parlement, n’a pas encore reçu l’aval de la chambre haute. Parallèlement aux manifestations, les citoyens polonais partagent des informations sur les possibilités de contourner la surveillance au moyen du chiffrement, des connexions VPN ou de Tor. Des milliers de personnes ont également signé une pétition en ligne s’opposant à cette loi.

Le Koweït renforce sa législation contre les discours critiques

Au Koweït, une nouvelle loi contre la cybercriminalité restreint fortement la liberté d’expression en ligne, selon les groupes de défense des droits de l’homme œuvrant dans le Golfe. Cette nouvelle loi criminalise les activités en ligne «nuisant à la morale publique», sans définir clairement les éléments entrant dans cette catégorie. Elle instaure également des sanctions plus sévères pour les journalistes en ligne qui critiquent les dirigeants ou la Constitution et les personnes incitant à troubler l’ordre ou le droit public. La nouvelle loi est entrée en vigueur le 12 janvier 2016.

Procès des défenseurs de la liberté d’expression marocains encore reporté

Au Maroc, quatre journalistes et trois défenseurs des droits de l’homme accusés d’«avoir reçu du financement étranger» et menacé «la sécurité intérieure de l’État» ont comparu le 27 janvier pour apprendre que leur procès était ajourné pour la deuxième fois. Le blogueur et activiste Hisham Almiraat, collaborateur de Global Voices, se trouvant parmi les accusés, a tweeté :

Notre procès est reporté au 23 mars. Les pressions font effet. Merci pour votre important soutien.

Activiste russe puni d’une amende pour publication en ligne de « propagande homosexuelle »

Sergey Alekseenko, militant russe LGBT, a été déclaré coupable de diffusion de « propagande homosexuelle auprès de mineurs » sur Internet, via le réseau social russe VKontakte. Étonnamment, la propagande en question était une citation d’un rapport du Roscomnadzor (organisme d’État de réglementation des médias) concernant Elena Klimova, condamnée pour les mêmes chefs d’accusation en 2014. La phrase en question : «Être gay signifie être une personne courageuse et confiante possédant de la dignité et de l’estime de soi.»

«Pourquoi l’exil »: un blogueur bangladais raconte son histoire

Devant les menaces, l’intimidation et les assassinats de blogueurs laïques au Bangladesh, beaucoup ont arrêté d’écrire et certains se cachent. Mahmudul Haque Munshi, blogueur et activiste en ligne en fait partie. Il s’est récemment exilé après plusieurs menaces de mort. Il décrit son expérience dans un billet publié dernièrement sur son blog, Swapnokothok. Rewzan, éditeur de la version bangla de Global Voices, en a traduit des extraits :

I never thought that I would leave my country…But then I saw that I was being followed everywhere. I became very afraid. I remembered Niloy [another blogger, slain in August 2015] said that they started following him two months before his death.

[…]

Those who wanted me to die in vain, I would like to tell them, you will not win. I will live, I have to do a lot of things. I cannot die before achieving some of that.

Jamais je n’aurais pensé quitter mon pays… Mais j’ai commencé à remarquer que j’étais suivi, partout. J’ai eu très peur. Je me suis souvenu que Niloy [blogueur tué en août 2015] avait dit qu’il avait commencé à être suivi deux mois avant sa mort.
[…]
À ceux qui voulaient que je meure en vain, j’ai envie de dire que vous ne gagnerez pas. Je vivrai. J’ai beaucoup de choses à accomplir. Je ne peux pas mourir avant d’en réaliser une partie.

Nouvelle fonctionnalité relative à la confidentialité sur Facebook

Les utilisateurs Android de l’appli Facebook peuvent désormais se connecter au service du réseau social au moyen d’Orbot, le navigateur mobile de Tor. Cela permet à tout utilisateur d’utiliser les fonctionnalités d’anonymat de Tor pour masquer sa position géographique en se connectant. L’outil améliora les possibilités de contourner les contrôles dans des pays comme la Chine et l’Iran, où Facebook est bloqué. Cela ne signifie pas que les utilisateurs peuvent accéder à Facebook de manière anonyme (la plateforme maintient sa politique de vrai nom), mais  étend la portée de Facebook.

Activisme en ligne

Le 25 janvier marque le cinquième anniversaire des manifestations de la Place Tahrir en Égypte. Global Voices a commémoré cet anniversaire en remémorant les principaux protagonistes de la révolution égyptienne.

Nouvelles études

Amira Al Hussaini, Mahsa Alimardani, Ellery Roberts Biddle, Weiping Li et Sarah Myers West ont contribué à l'élaboration de ce rapport.

 

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