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La capitale albanaise va-t-elle perdre son dernier parc public ?

Citizens attempting to remove a fence in Tirana Lake Park, Feb 21, 2015. Photo by Qytetarët Për Parkun, used with permission.

Des manifestants tentent de retirer une barrière dans le Parc du Lac à Tirana, 21 février 2016. Photo Qytetarët Për Parkun, utilisée avec autorisation.

Une centaine de militants de la société civile d'Albanie se sont rassemblés le 21 février pour protester contre le projet de la municipalité de Tirana de détruire le seul espace vert important de la capitale, autrefois protégé par la loi.

La police a violemment dispersé les manifestants et arrêté 12 militants.

Le mouvement Citoyens pour le Parc (Qytetarët Për Parkun) s'opposait au projet de remplacer l'unique parc de la ville par un Lieu des Enfants “bétonné”.

Le maire de Tirana, Erion Veliaj, et son adjoint Niko Peleshi arguaient que le développement chaotique de Tirana a créé le besoin de ce soi-disant Lieu puisque les enfants sont de plus en plus dépourvus d'endroits où jouer.

Prime Minister's decision changing the protected status of Tirana Lake Park.

Le décret du Premier Ministre valant modification du statut protégé du Parc du Lac de Tirana.

Ce qui a particulièrement provoqué la fureur des défenseurs du parc est la décision du Premier Ministre Edi Rama de révoquer le statut protégé du parc quatre jour après le démarrage du chantier du ‘lieu’, sans consultation publique.

Les défenseurs du parc ne veulent pas que la ceinture verte soit sacrifiée à cause de l'incapacité de la municipalité à fournir des services à ses administrés.

Les organisateurs de la manifestation se sont gardés de l'annoncer publiquement de crainte que les partis politiques d'opposition ne la récupèrent, ce qui avait été le cas d'un rassemblement antérieur, où les manifestants avaient démantelé les clôtures du chantier prévu sur le Parc du Lac de Tirana.

Contre toute évidence, le Parti Socialiste au pouvoir avait présenté l'événement comme l'oeuvre du Parti Démocrate dans l'opposition.

Et pour la transparence, ce n'est qu'après les manifestations que le maire de Tirana Erion Veliaj s'est lancé dans une intense campagne d'information sur les projets du parc du lac à Tirana.

L'appel d'offre pour la restructuration partielle du Parc du Lac de Tirana a été mené en l'absence de concurrence transparente, ce qui a encore réduit la confiance dans les institutions de l'Etat, qu'une étude indique être parmi les plus basses d'Europe.

L'échec de l'urbanisme dans la capitale albanaise, qui compte près d'un million d'habitants, est largement attribué à la corruption de l'administration au niveaux tant local que national.

Protest in Tirana Feb 21, 2015. Photo by Qytetarët Për Parkun, used with permission.

Manifestation à Tirana le 21 février 2016. Photo Qytetarët Për Parkun, utilisée avec autorisation.

Dimanche 21 février, les militants de la société civile ont essayé d'ôter les clôtures entourant le chantier dans le parc. Un policier a été filmé en train de frapper un manifestant. Le ministre de l'Intérieur Sajmir Tahiri a aussitôt ordonné la suspension de l'agent. Parmi d'autres incidents en rapport avec la police on compte la confiscation de la caméra d'un reporter qui filmait en direct.

Parmi les policiers sur les lieux se trouvaient des agents de l'unité spéciale Shqiponjat, qui traite habituellement de la grande criminalité. Les militants de la société civile considèrent leur présence comme insultante.

Cette vidéo des événements a été filmée par un des manifestants.

Shqiponjat Special Police Unit arresting protesters in Tirana Feb 21, 2015. Photo by Qytetarët Për Parkun, used with permission.

Shqiponjat, l'unité de police spéciale arrête des manifestants à Tirana le 21 février 2016. Photo Qytetarët Për Parkun, utilisée avec autorisation.

Protest in Tirana Feb 21, 2015. Photo by Qytetarët Për Parkun, used with permission.

Manifestation à Tirana 21 février 2016. Photo Qytetarët Për Parkun, utilisée avec autorisation.

Police arresting protesters in Tirana Feb 21, 2015. Photo by Qytetarët Për Parkun, used with permission.

La police arrête des manifestants à Tirana le 21 février 2016. Photos Qytetarët Për Parkun, utilitsées avec autorisation.

Shqiponjat Special Police Unit arresting protesters in Tirana Feb 21, 2015. Photo by Qytetarët Për Parkun, used with permission.

Shqiponjat, l'unité de la police spéciale arrête des manifestants à Tirana le 21 février 2016. Photo Qytetarët Për Parkun, utilisée avec autorisation.

Les militants sur les lieux comme sur les réseaux sociaux ont dit leur colère lorsqu'un des policiers les a menacés avec ces mots : “Ça va saigner !”

Après l'arrestation de 12 militants de la société civile, la manifestation s'est poursuivie d'abord devant la mairie de Tirana, où quelques protestataires ont déposé les clôtures qu'ils avaient emportées du parc.

Puis les manifestants se sont dirigés vers le commissariat de police où étaient encore interrogés leurs camarades.

Les preuves par vidéo et les témoignages diffusés sur les médias sociaux paraissent corroborer les affirmations des protestataires sur les violences qui ont accompagné les arrestations.

La ville de Tirana offre moins d'espace vert par habitant que la majorité écrasante des villes d'Europe.

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