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Les prisonniers politiques, pions dans les mains du Président d'Azerbaïdjan

Rencontre entre le Président Aliyev et le Président Poutine en 2014. Photo officielle du gouvernement russe.

Rencontre entre le Président Aliyev et le Président Poutine en 2014. Photo officielle du gouvernement russe.

Le Président d'Azerbaïdjan Ilham Aliyev aime les choses chères : projets de construction grandioses, accueil de compétitions sportives et l'étrange programme à paillettes de l'Eurovision.

Mais l'une des possessions les plus précieuses du dictateur et de son régime est peut-être ses prisonniers politiques, qui sont de plus en plus utilisés comme des pions dans les négociations d'Aliyev avec l'Ouest.

Avant ton déplacement à Washington D.C. pour le Sommet de l'Industrie Nucléaire à la fin du mois, et sous la pression grandissante des autres pays face aux restrictions de plus en plus fortes, en Azerbaïdjan, sur les droits de l'homme, Aliyev a décidé de se défaire d'une de ses ‘possessions‘ en amnistiant 14 prisonniers politiques clés : les militants de N!DA Rashadat Akhundov, Mahammad Azizov et Rashad Hasanov ; les blogueurs Siraj Karimli et Omar Mammadov ; l'ancien responsable gouvernemental Akif Muradverdiyev ; le président du Parti National de l'Etat Nemat Penahli ; le militant du parti Musavat Yadigar Sadigov ; les journalistes Parviz Hashimli, Hilal Mammadov, et Tofig Yagublu ; les défenseurs des droits de l'homme Taleh Khasmammadov et Anar Mammadli.

Le cas des militants du N!DA a particulièrement attiré l'attention de la communauté internationale lorsque huit jeunes hommes (y compris les trois qui ont été libérés) furent arrêtés en mars 2013 pour avoir utilisé les médias sociaux afin d'organiser une série de manifestations contre le nombre croissant de morts parmi les conscrits de l'armée azerbaïdjanaise suite à des bizutages et des violences. En septembre 2013, ils furent accusés d'avoir organisé des soulèvements de masse accompagnés de violence, de destruction de biens et d'incendies.

Un autre cas important fut celui d'Anar Mammadli, président du Centre d'Etudes pour le Suivi électoral et la Démocratie, qui s'est retrouvé derrière les barreaux en décembre 2013, accusé d'évasion fiscale, d'entreprenariat illégal (non-possession des documents administratifs nécessaires) et d'”abus de pouvoir”, sous-entendant qu'il avait cherché à intervenir dans les résultats électoraux.

Il est surprenant que Khadija Ismayilova ne figure pas sur la liste des prisonniers libérés. La célèbre journaliste anti-corruption, défendue par l'avocat vedette Amal Clooney, purge une peine de sept ans et demi de prison sur la base d'accusations que l'on soupçonne largement d'être fausses. Certains pions sont trop précieux pour être abandonnés.

Un moment de bonheur

Bien que les libérations – comme les accusations initiales – ont sans doute des motivations politiques, elles ont égayé les festivités de Nowruz, fête particulièrement populaires en Azerbaïdjan, en Iran et à travers l'Asie centrale.

Azadliq, l'antenne azerie de RFE/RL a rendu visite (vidéo) aux famille des prisonniers politiques libérés.

Après sa libération, Rashadat Akhundov a posté sur sa page Facebook :

Girov həyatımız sona çatdı. Azadlıqdayıq!Digər içəridə qalan dostlara tezliklə azadlıq arzu edirəm.

Posted by Rashadat Akhundov on Thursday, 17 March 2016

Our hostage life is over. We are free now! I wish freedom to all our friends remaining behind bars.

Notre vie d'otages est terminée. Nous sommes libres ! Je souhaite à tous nos amis restés derrière les barreaux de retrouver bientôt la liberté.

Anar Mammadli, à la tête du Centre d'Etudes pour le Suivi électoral et la Démocratie, a publié sur sa page Facebook peu de temps après sa libération :

Dəyərli dostlar!Nəhayət, 27 ay çəkən həbsdən sonra yenidən birlikdəyik. Bizim azadlığa çıxmağımızda əməyi keçən, həmç…

Posted by Anar Mammadli on Saturday, 19 March 2016

Dear friends! Finally, we are together after 27 months of jail. I thank everyone who took part in fighting for our freedom as well as our families and friends! I had a chance to talk and see many of you in the last two days. Thank you for your kind wishes and congratulations! Sadly, while on one hand we are happy, on the other we are not. The reason for this are our friends we left behind in jail. We have a long way ahead of us, as we work to ensure the release of all political prisoners and to lift all political barriers. We must go on!

Chers amis ! Nous sommes enfin réunis après 27 mois d'emprisonnement. Je remercie tous ceux qui se sont battus à nos côtés pour notre liberté, ainsi que nos familles et nos amis ! J'ai eu la chance de rencontrer nombre d'entre vous durant ces deux derniers jours. Merci pour vos vœux et vos félicitations ! Nous sommes certes heureux, mais nous sommes aussi tristes. Certains de nos amis restent emprisonnés. Nous avons encore un long chemin devant nous, et nous devons tous œuvrer pour libérer tous les prisonniers politiques et éliminer tous les obstacles politiques. Nous devons continuer notre lutte !

Rasul Jafarov, fondateur des campagnes “Chantons pour la démocratie”, “l'Art pour la démocratie” et “les Sports pour les Droits”, a lui aussi fait une déclaration après sa libération :

Dostlar, salamlayiram haminizi, bildiyiniz kimi artiq evdeyem ve azadliga cixdigim uchun cox sevinirem, bu gunku hissler…

Posted by Rasul Jafarov on Thursday, 17 March 2016

Friends, I greet you all. As you all know, I am home and very happy I am free. Feelings I am experiencing today reminded me of what freedom really means and its importance. I believe that our friends Intigam Aliyev, Khadija Ismayil, Ilgar Mammadov as well as others will be freed soon and I am ready to do everything I can for this. With a hope to see you all and to talk…

Chers amis, je vous salue tous. Comme vous le savez, je suis à la maison et très heureux d'être libre. Les sentiments qui m'habitent aujourd'hui me rappellent la vraie signification de la liberté, et combien celle-ci est importante. Je suis convaincu que nos amis Intigam Aliyev, Khadija Ismayil, Ilgar Mammadov et les autres prisonniers seront bientôt libérés et je suis prêt à faire tout ce qui est en mon pouvoir pour cela. J'espère voir chacun d'entre vous et vous parler…

Le journaliste Rauf Mirkadirov, accusé d'espionage, a également été libéré, bien que non officiellement amnistié. Sa peine de six ans de prison a été commuée en une peine de cinq ans d'emprisonnement avec sursis par la cour de Bakou.

Outre Khadija Ismayilova, le journaliste Seymur Hezi, l'avocat des droits de l'homme Intigam Aliyev, le militant pour la jeunesse Ilkin Rustemzade et Ilgar Mammadov, chef de file du mouvement REAL ne sont que quelques uns des prisonniers politiques les plus importants que le Président détient encore.

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