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L'Union européenne signe un accord controversé visant à expulser les réfugiés vers la Turquie

Los refugiados encontrarán más dificultades para pedir asilo en Europa. Foto publicada por Diario Octubre con licencia CC-BY-4.0

Refugees will find it more difficult to request asylum in Europe. Photo published by Diario Octubre under a CC-BY-4.0 licence.

(Article d'origine publié en espagnol le 20 mars) Malgré des manifestations de masse dans de nombreuses villes européennes, les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne ont signé un accord avec la Turquie ce 18 mars afin de répondre au nombre croissant de réfugiés demandant l'asile politique au sein des pays membres. Un grand nombre de ces réfugiés sont actuellement bloqués en Grèce dans des conditions extrêmement précaires.

Selon l'accord, à compter du 20 mars, l'Union européenne commencera à renvoyer vers la Turquie tous les demandeurs d'asile, sauf ceux de nationalité syrienne. L'accord stipule également que l'UE accueillera un réfugié syrien [enregistré en Turquie] pour chaque réfugié renvoyé, selon le principe baptisé « un Syrien pour un Syrien ». En contrepartie, la Turquie recevra 6,8 milliards d'euros d'aide financière et ses ressortissants pourront entrer et voyager sans visa dans l’espace Schengen – les 26 pays européens n'ayant pas de contrôle entre leurs frontières internes. L'accord prévoit également d'accélérer le processus d'adhésion de la Turquie à l'Union européenne, alors que président Erdoğan et son gouvernement sont au coeur des critiques pour leurs atteintes à la liberté de la presse et pour leur respect douteux des droits de l'homme.

Les autorités ont quelque peu atténué le langage du protocole d'accord du 8 mars. Selon l'agence de presse espagnole Europa Press, « le texte garantit un ‘traitement individuel’ de chaque demande d'asile reçue sur le territoire grec, et mentionne clairement qu'il n'y aura ni ‘expulsions collectives’, ni ‘déportations immédiates’ ».

La chancelière allemande Angela Merkel a déclaré que l'accord « démontre que l'UE est en mesure de prendre des décisions difficiles et de faire face à des crises complexes ». D'autre part, Amnesty International a affirmé que l'accord « porte un coup sans précédent aux droits humains », et déclaré que « les garanties selon lesquelles le droit international sera scrupuleusement respecté sont incompatibles avec le renvoi proposé vers la Turquie de l’ensemble des migrants arrivant en situation irrégulière sur les îles grecques. »

La Turquie n'est pas considérée comme étant un «pays tiers sûr » par la majorité des pays membres de l'UE, ce qui rend l'accord incompatible avec la législation européenne elle-même. Selon le site indépendant d'information espagnol eldiario.es, « les institutions ont passé des journées entières à essayer de donner à l'accord un vernis de légalité sans se soucier de la moralité d'un tel accord. » De nombreuses organisations humanitaires ont vertement critiqué cet accord, comme en témoigne cette déclaration d’Oxfam Intermon :

(…) la UE tiene capacidad suficiente para acoger a las miles de personas que solicitan asilo, además del deber moral, como garante de los Derechos Humanos. Sin embargo, le devuelve la responsabilidad a países como Turquía que ya acoge a más de 2,5 millones de refugiados.

L'Union européenne dispose des ressources nécessaires pour accueillir des milliers de demandeurs d'asile, en plus de obligation morale en tant que garant des droits de l'homme. Cependant, L'UE en délègue la responsabilité à des pays tels que la Turquie, qui a déjà accueilli plus de 2,5 millions de réfugiés.

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