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Conversation avec Hugues Lawson Body, photographe des stars, des jeunes franciliens et producteur et réalisateur de la série Barber Show

Hugues Lawson Body avec sa permission

Hugues Lawson Body avec sa permission

Nous vivons une époque dans laquelle certains sujets de conversation s'abordent difficilement en société ou dans les diners de famille: l'immigration, le sexisme, les inégalités sociales, le racisme ou le mariage pour tous.

Hugues Lawson Body est de ceux qui ont le don de pouvoir en parler sans que la conversation ne se crispe.

Lawson-Body est né au Togo et mais a grandi à Paris dans le Marais. La mondialisation le cosmopolitisme ne sont pas pour lui des notions théoriques mais des concepts qui sont vécus au quotidien aux travers des portraits qu'il dresse de son univers immédiat.

Lawson-Body aime la diversité dans les portraits qu'ils photographient: il a photographié les plus grands sportifs comme Tony Parker, Jean Galfione, Roger Federer ou Magic Johnson ou les grands cinéastes comme Spike Lee et Michel Gondry. Mais il a aussi photographié les jeunes de l'Ile-de-France comme vu dans son livre les Jeunes Parisiens.
La web-série “Barber Show” que Lawson Body a créée dresse un portrait original de la diaspora africaine a Paris fait un tabac et offre un regard peu connue sur une communauté riche en culture et en entraide.

Paris-75010-00:00

Une vidéo publiée par Lawson-body (@hugueslawsonbody) le

Conversation avec un artiste moderne et cosmopolite:

Global Voices GV: Vous avez connu un parcours atypique, vous êtes né au Togo et vous avez grandi à Paris où vous avez formé votre ‘regard’. Votre carrière et vos œuvres reflètent une capacité à vous fondre dans différents univers. Comment vous décririez-vous en deux phrases ?

Hugues Lawson-Body HLB: Le mot clé est l’adaptation ! Je pars sans aucun a priori. J’aime les gens, et j’adore discuter avec des inconnus. Mon métier me le rend du coup tellement bien. Il colle à ma personnalité ou l’inverse !

GV: Quelles sont les qualités nécessaires pour réussir une photo ?

HLB: Tout dépend du style de la photo, mais si on ambitionne de faire du portrait il ne faut pas craindre de “rencontrer” les gens ! De les diriger et surtout il faut OSER ! Oser créer des émotions, des accidents, des photos ratés, au début du moins ! Et surtout il faut s’entrainer pour être toujours meilleur la fois suivante.

GV: Vous aviez photographié les plus grands: Spike Lee, Gary Kasparov, Michel Gondry, Roger Federer. Avez-vous une anecdote qui vous a particulièrement frappé auprès d'eux ? Une qualité que vous retrouviez chez la plupart d'entre eux ?

HLB:  J’ai eu la chance d’avoir la confiance des gens qui m’engageait pour réaliser ces portraits et de me trouver souvent au bon endroit !
Les 4 personnalités que vous m’avez cites sont finalement très différentes les unes des autres. Elles sont motivées par des objectifs différents, mais elles n’ont pas peur du boulot ! C’est cela selon moi leur point commun ; Le travail, le travail et pour finir le travail. Même si ces personnalités semblent être de véritables génies et donnent l’impression d’avoir une facilité naturelle à pratiquer leur profession. Le talent ne suffit pas : Ceux sont des grands bosseurs !

GV: L'actualité mondiale est accaparée par la montée des extrêmes : Donald Trump aux USA, Le Pen en France (que vous avez aussi photographié)  et la montée des sentiments anti-immigrants en Europe. Comment expliquez-vous ce phénomène et comment peut-on l’arrêter ?

HLB: L’arrêter je ne sais sincèrement pas mais je crois que les gens souffrent et que la facilité surtout en période de crise est de trouver des boucs émissaires. On a tous peur de perdre nos avantages, notre vie tranquille. Les Le Pen en ont fait leur fond de commerce, de père en fille. Même si je suis persuadé qu’ils croient à 90 % à leur histoire, c’est surtout une affaire de business. Le pouvoir est un sacré fuel également.
Je crois que changer les mentalités prend du temps, de l’éducation et beaucoup de patience. L’homme adore reproduire ses erreurs ou l’histoire bégaye, au choix.

GV: Le Togo vous manque-t-il ? Y retournez-vous souvent ?

Le Togo de mon enfance me manque, cela fait longtemps que je n’ai pas eu l’occasion d’y retourner. J’en garde des souvenirs forts. Je pense que je vais le redécouvrir. Même si je me sens en lien permanent avec ma culture togolaise. C’est d’autant plus important pour moi aujourd’hui car j’ai 2 filles à qui je dois transmettre cette culture qui est aussi leur héritage.

GV:  Un des vos thèmes de prédilection est la jeunesse urbaine. Pourtant elle semble incomprise. Qu'est ce qu'on ne comprend pas et que vous essayez de transmettre par vos portraits ?

Je traite la jeunesse dans sa globalité. Je me vois dans l’obligation de l’illustrer dans toute sa diversité : loin des clichés, juste la réalité. J’essaie de prendre des photos des jeunes tels qu’ils sont. La jeunesse a tout autant de valeur que le monde adulte. Elle souffre d’être négligée et a besoin d’être inspiré. Nous, adultes, devons entendre l’espoir de cette jeunesse et lui répondre en tenant nos promesses et nos engagements. Si nous continuons à prétendre que les jeunes sont transparents, nous allons créer une rupture. Des jeunes gens frustrés en quête de reconnaissance et d’existence qui risquent de s’exprimer dans la violence ! Notre responsabilité d’adulte doit passer par le dialogue, de découvrir cette jeunesse et d’embrasser sa diversité et sa singularité.

GV: Un message que vous souhaitez transmettre aux lecteurs de Global Voices

HLB:  Rien ni personne ne doit entraver notre liberté, ne cédons pas à la peur !

 

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