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Eduardo Galeano (1940-2015) biographe de l'Amérique Latine

Eduardo Galeano. Foto: Rafael H Barroso bajo licencia Creative Commons.

Eduardo Galeano. Photo: Rafael H Barroso, sous iicence Creative Commons.

La Salle des Pas perdus du palais de l'assemblée législative à Montevideo, où sont exposées les dépouilles mortelles de personnes célèbres, a été le 15 avril la scène de l'adieu terrestre à Eduardo Galeano. L'auteur de Las venas abiertas de América Latina (les veines ouvertes de l'Amérique latine) et de la trilogie Memorias del fuego (mémoires du feu) s'est éteint le 13 avril 2015 à 74 ans.

Ce personnage phare de la gauche latino-américaine dans les années 70, a reçu également à cette occasion les adieux des réseaux sociaux, qui se sont empressés de mettre en évidence le legs de l'écrivain sous les mots-dièses #Galeano et #GaleanoPorSiempre (Galeano pour toujours)

L'enseignante et journaliste cubaine Liliam Marrero a partagé l'anecdote suivante tirée de son œuvre Los abrazos rotos (les étreintes brisées) #AbrazosDeGaleano (étreintes de Galeano) #CelebraciónDeLaAmistad (célébration de l'amitié).

“En los suburbios de La Habana, llaman al amigo mi tierra o mi sangre. En Caracas, el amigo es mi pana o mi llave; pana por panadería, la fuente del buen pan para las hambres del alma; y llave por…
-Llave por llave, me dice Mario Benedetti.
Y me cuenta que cuando vivía en Buenos Aires, en los tiempos del terror, él llevaba cinco llaves ajenas en su llavero: cinco llaves, de cinco casas, de cinco amigos: las llaves que lo salvaron.”

Dans les faubourgs de la Havane on appelle l'ami : ma terre ou mon sang. A Caracas l'ami c'est mon pain ou ma clé : le pain pour la boulangerie, la source du bon pain pour les fringales de l'âme ; et la clé pour…
– la clé pour la clé me dit Mario Benedetti.
Puis il me raconte que lorsqu'il vivait à Buenos Aires, au temps de la terreur, il avait toujours cinq clés d'autres personnes sur son porte-clés, cinq clés pour cinq maisons de cinq amis : les clés qui l'ont sauvé”.

L'écrivain a dû quitter son pays à la suite d'un coup d'Etat et se réfugier en Argentine en 1973, et son oeuvre emblématique “Las venas” a été interdite par les dictatures de l'époque. Outre ses livres, Galeano laisse un héritage musical éparpillé sur plusieurs thèmes dans lesquels il a laissé des textes, des titres ou des voix. Le site Verne présente une galerie sonore pour quelques unes des chansons en rapport avec l'écrivain, ou sa plus récente collaboration avec le groupe portoricain Calle 13.

Bien que  Galeano ait déclaré que lui même  ne pourrait pas le relireLas venas abiertas de América Latina est son livre le plus remarqué et une véritable référence pour le continent. Ils sont nombreux, ceux qui se souviennent du président vénézuélien Hugo Chávez offrant au président Barack Obama lors du sommet de amériques 2009 un exemplaire des “veines ouvertes…” ; et du livre passant en quelques heures du rang des 60 000 plus vendus dans le monde aux Top 10.

“Ni Obama ni Chávez entenderían el texto –afirmó Galeano en la Segunda Bienal del Libro en Brasilia, en abril del año pasado–. El (Chávez) se lo entregó a Obama con la mejor intención del mundo, pero le regaló a Obama un libro en un idioma que él no conoce. Entonces, fue un gesto generoso, pero un poco cruel.”

Ni Obama, ni Chávez n'ont compris ce texte, affirmait Galeano lors de la seconde biennale du livre en avril 2014 à Brasilia,”   Chávez l'a offert à Obama avec la meilleure intention du monde, mais il lui donnait un livre écrit dans une langue qu'il ne connaissait pas…c'était un geste généreux mais un peu cruel”.

Dans cette même ville, à l'étonnement de beaucoup de journalistes qui l'écoutaient, il ajouta qu'il serait incapable de relire ce livre pourtant emblématique, comme il est écrit dans le journal Page 12. “J'en perdrais connaissance, pour moi cette prose de la gauche traditionnelle est ennuyeuse au plus haut point. Mon corps ne le supporterait pas, on m'emmènerait à l'hôpital.”

À propos de cette  déclaration qui fait un peu polémique Mansueti Alberto apporte l'éclairage suivant :

Attention ! Monsieur Galeano ressent un malaise devant la forme, le style, la prose pesante, mais pas devant le fond ou le contenu idéologique de son pamphlet.

A través del Marco explique la genèse de l'oeuvre :

Lo cierto es que detrás del libro, hay un trabajo de 4 años hecho por el autor en donde recopila información acerca de los saqueos a los que fue sometido el continente americano por sus conquistadores. Un libro que fue publicado en los setentas, pero que aún tiene vigencia en nuestros tiempos y que de una manera dura pero muy objetiva, explica la herencia actual y el lastre que arrastran los pueblos que en su momento fueron colonizados.

Ce qui est clair, c'est que derrière ce livre il y a un travail de quatre ans de l'auteur pour rassembler des informations sur le pillage auquel a été soumis le continent américain par ses conquérants. C'est un livre qui a été publié dans les années 70, mais qui a un retentissement toujours actuel et qui d'une manière dure mais objective explique l'héritage et le fardeau que traînent ces peuples qui furent un temps colonisés.

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