
Une capture d'écran extraite de la page Facebook de Samson Tusiime.
Twitter était en effervescence en Ouganda le dimanche 29 mai avec le hashtag #FreeSamwyiri. La campagne faisait suite à l'arrestation d'un Ougandais dénommé Samson Tusiime parce qu'il aurait porté et distribuait des T-shirts avec la photo du leader de l’ opposition, Kizza Besigye.
La police soutient qu'il organisait des manifestations “illégales” et planifiait la distribution de T-shirts similaires dans tout le pays. Selon un journal indépendant, deux autres Ougandais, Ismail Muyinda et en Asia Nanyanzi, ont également été arrêtés.
Tusiime avait posté un message sur Facebook le 28 mai vêtu du T-shirt en question, en disant qu'il était à la recherche de son ami Ysmyl Muyinda (présumé être le même Ismail Muyinda qui aurait été arrêté comme signalé ci – dessus), dont l'entreprise les aurait imprimés et produits. Il a écrit qu'il était allé à différents postes de police à la recherche de son ami. Quand ses amis ont remarqué que M. Tusiime lui – même avait disparu, ils ont lancé le hashtag #FreeSamwyiri. Plus tard, la police a confirmé son arrestation.
L'affaire a agité de nombreux Ougandais, en état de choc qu'un T-shirt puisse suffire pour arrêter quelqu'un. Joel Nevender, un blogueur, a demandé à la police :
You're arresting @Samwyri for exercising his freedom of expression? Because of t-shirts? T-shirts? #FreeSamwyri
— Joel B Ntwatwa (@nevender) May 29, 2016
Vous arrêtez @Samwyri pour avoir exercé sa liberté d'expression? Pour des t-shirts? Des T-shirts ?
Alors que Ogutu Daudi tweetait :
Can we come out and stop calling this a democracy because it isn't. Bloody tshirts. Put us in yellow jumpsuits why don't you. #freesamwyri
— iamogutudaudi (@iamogutudaudi) May 29, 2016
Peut-on arrêter d'appeler ça démocratie car ce n'en est pas une. Fichus T-shirts. Mettez-nous donc les combinaisons jaunes [tenues des prisonniers], ne vous gênez pas.
Ces derniers mois, les autorités ougandaises se sont montrées particulièrement intolérantes envers la critique. Le Président Yoweri Museveni a remporté, en février 2016, un cinquième mandat suite à des élections controversées que l'opposition a qualifié de truquées. Les opposants et autres militants dénoncent la victoire de M. Museveni avec une série de manifestations qu'ils ont surnommé “campagne de défi“.
Depuis l'élection de février, les autorités ont arrêté Kizza Besigye [principal leader de l'opposition] et d'autres figures de l'opposition à plusieurs reprises et bloqué les médias sociaux à deux reprises dans l'intérêt de la “sécurité nationale“.
Après l'arrestation de Tusiime, Josephine Karungi se demande :
Some things are terribly hard to spin…ati now we arrested him because why…you can't really say it was the tee shirt can you?
— Josephine Karungi (@jkkarungi) May 30, 2016
Certaines choses sont terriblement difficiles à retourner … maintenant nous l'avons arrêté parce que … vous ne pouvez pas vraiment dire que c'est à cause du t-shirt, n'est-ce pas ?
L'étudiant Patoranking pense que cet acte est pire qu'à l'époque d'Idi Amin, le dictateur qui a gouverné l'Ouganda de 1971 à 1979 :
Our parents can nolonger even tell us “During Amin's time, …..” because this time we r in is even worse than Amin's time #FreeSamwyri
— Patoranking (@pyepar) May 29, 2016
Nos parents ne peuvent même plus nous dire “Au temps d'Amin, …..” parce que cette fois c'est encore pire que du temps d'Amin
Chapter Four Uganda, (Chapitre quatre Ouganda), une organisation d'assistance juridique, a répondu à ce tollé en envoyant une mission juridique à la station de police :
Our officer is at SIU Kireka to obtain a statement from @Samwyri for appropriate legal action #FreeSamwyri
— Chapter Four Uganda (@chapter4uganda) May 30, 2016
Notre agent est à SIU Kireka pour obtenir une déclaration de @Samwyri pour une action en justice
SIU Kireka signifie Unité des enquêtes spéciales à Kireka à Kampala, la capitale.
On ne connaît pas encore les accusations exactes portées contre lui. Cependant, Qatahar Raymond, un journaliste qui a suivi l'affaire de Tusiime depuis son arrestation, suppose qu'il pourrait être accusé d'incitation à la violence.
We learn that @Samwyri and his friend will likely be charged with ‘inciting violence’ if they are charged, that is.
— Qatahar Raymond (@qataharraymond) May 30, 2016
Nous apprenons que @Samwyri et son ami seront probablement accusés d'”incitation à la violence”, si accusation il y a.