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Dans le Midwest américain, un chant traditionnel perpétue la mémoire du peuple hmong

Cet article a d'abord été publié sur PRI.org le 26 mai 2016, il est republié ici dans le cadre d'un accord de partage de contenu.

Il faut imaginer le kwv txhiaj comme de la poésie chantée, ou mieux encore comme la version hmong du blues. Dans cette optique, on peut voir dans le kwv txhiaj ce que décrivait l'écrivain américain Ralph Ellison comme étant sa conception du blues : “une expression lyrique de la chronique autobiographique d'un drame personnel.”

La citation d'Ellison ouvre un nouveau livre sur les kwv txhiaj et l'un de ses chanteurs nommé Bee Yang. L'histoire a été écrite par sa fille, l'auteure plusieurs fois primée Kao Kalia Yang. Elle s'intitule “The Song Poet: A Memoir of My Father” (Le poète de la chanson : En mémoire de mon père).

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Son livre souhaite montrer que, à l'instar du blues,un kwv txhiaj peut être apaisant pour l'âme.

“Il me met en connexion avec mon père” dit Yang. “Tout le monde en Amérique le connaissait et, moi-même, j'en parlais comme d'un mécanicien, mais je sais que dans sa tête et dans son cœur il était un poète. Alors maintenant, quand j'entends un kwv txhiaj, je repense à l'homme qui, bien avant que je ne sache conduire une bicyclette ou une voiture, m'a fait découvrir le monde sur ses épaules. Sur ses épaules, il me poussait au sommet des arbres en me disant : “Un jour, tes petites mains et tes petits pieds ne limiteront plus les voyages de ta vie. Tu marcheras vers des horizons que ton père n'a jamais vu. Voilà pourquoi, quand j'entends un”kwv txhiaj” j'ai en tête ce qu'il me disait, le futur qu'il imaginait pour moi.”

Un futur bien différent de son passé marqué par la guerre. Son père avait fui le Laos pour un camp de réfugiés en Thaïlande pendant la guerre américaine au Vietnam. En 1987, il avait pu s'installer avec sa famille dans l'Etat du Minnesota, aux Etats-Unis.

“En tant qu'enfant hmong, je savais que nous étions là à cause d'une guerre. Mais ayant grandi en Amérique, je n'ai jamais su exactement de quelle guerre il s'agissait. Pendant les leçons d'histoire, on nous parlait seulement d'une guerre au Vietnam entre les Américains et l'armée nord-vietnamienne. Appartenir à un peuple qui a été effacé si totalement de l'histoire est une chose très triste. Mon père ainsi que d'autres chanteurs traditionnels hmong de kwv txhiaj ont essayé de rappeler tout cela dans leurs chansons. Rappeler comment la guerre s'est abattue sur leur peuple, comment des vies furent perdues, comment nous nous sommes relevés.”

Un kwv txhiaj, c'est aussi de l'histoire.

Yang ajoute que, pour beaucoup d'enfants de réfugiés comme elle, ces kwv txhiaj les rattachent à leurs racines, les ressuscitent, mais peu d'élus sont capables de les entonner.

“On ne peut pas comme ça se dire chanteur de kwv txhiaj. On doit être né avec le don, car votre voix est la seule musique qui puisse accompagner vos paroles en ce monde.”

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