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Le Kirghizistan aime toujours sa lutteuse éliminée à Rio

Après avoir échoué à remporter la médaille de bronze lors d’un combat de lutte qui lui semblait à portée de main, Aisuluu Tynybekova a pourtant été accueillie en héroïne par une majorité d’internautes kirghizes qui ont suivi sa sortie des Jeux Olympiques de Rio.

Que ce soit au Brésil ou à Londres, Tynybekova était considérée comme l’un des meilleurs espoirs de médaille de ce petit pays d’Asie Centrale.

Lorsqu’elle affronte Sakshi Malik, le 18 août dernier, les Kirghizes imaginaient que la deuxième médaille de bronze du pays serait assurée – après que l’haltérophile Izzat Artykov est également monté sur le podium la semaine précédente (une médaille finalement retirée pour dopage).

Seule la déception fut de mise après que Tynybekova eut perdu un combat âprement disputé, dans lequel elle mena 5-0 avant que Sakshi Malik ne l’emporte finalement 8-5, mettant fin à la disette de médailles de l’Inde.

Une star inhabituelle

La lutte demeure un sport-clé au Kirghizistan, dont l’héritage remonte au passé nomade de la population kirghize.

Tynybekova a toutefois dépassé tous les stéréotypes sexuels dans une discipline dominée par les hommes pour devenir la lutteuse la mieux classée, toute catégories confondues, un fait qui n’a pas été ignoré des Twitterazzi.

La moitié du pays est constituée de types aux oreilles en chou-fleur [des blessures fréquentes dans les sports de contact], mais seule une femme a atteint les demi-finales. Bravo Aisuluu Tynybekova !

Aisuluu: Woman power !

Mais Tynybekova n’est pas un ange.

Une accusation d’agression, qui a eu lieu dans un souterrain à Bichkek, capitale du pays, a menacé sa participation aux derniers Jeux Olympiques de Londres, où elle a été éliminée rapidement, contre toute attente.

Dorénavant âgée de 23 ans, Tynybekova a développé son jeu et est restée éloignée de tout ennui depuis la rixe dont elle affirme ne pas être à l’origine.

La lutteuse est quasiment certaine de concourir aux prochains Jeux Olympiques en 2020, et aura de nouveau sur ses épaules tout le poids des attentes du Kirghizistan.

“Il m'a dopé”

La pression deviendra encore plus forte sur Tynybekova pour amener des breloques supplémentaires alors que le pays n’en compte que trois depuis son indépendance, et qu’un autre espoir, l’haltérophile Izzat Artykov, est devenu le premier athlète de ces Jeux déchu de sa médaille pour cause de dopage.

Artykov a frénétiquement démenti les accusations de dopage, et a affirmé dans une interview à l’Agence France-Presse qu’un haltérophile français aurait « ajouté des produits dopants » dans sa nourriture ou sa boisson – il a été testé positif à un stimulant appelé strychnine.

Un ancien chef de l’équipe s’est lamenté quant au court-termisme inhérent aux actions du staff de l’haltérophile sur Twitter :

Ils disent qu’ils ne connaissaient pas la strychnine ! Bien sûr qu’ils connaissaient ! Les entraîneurs voulaient simplement gagner. A n’importe quel prix ! Nous sommes déshonorés devant le monde entier !

Le Secrétaire Général du Comité National kirghize, qui a déclaré qu’il ferait appel de ces accusations de dopage, faisait partie des quelques figures publiques ayant critiqué Tynybekova.

Il a ainsi affirmé qu’elle avait « donné la victoire » à son adversaire Malik, un commentaire qui a suscité une vague de colère sur les réseaux sociaux.

Après le choc causé par le scandale de dopage d’Artykov, de nombreux fans ont remercié Tynybekova d’avoir pris le chemin le plus long mais également le plus honnête vers le podium, en dépit du regret d’avoir loupé le coche cette fois-ci.

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