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Des phrases pleines de sel saisies au vol dans les rues de Buenos Aires

Translation: "I don't wanna be a princess. Princesses can't climb trees." — Girl of about 5 to a young woman, Barrio Atlaya, Isidro Casanova. Saturday. Credit: La Gente Anda Diciendo/Facebook

Traduction : “Je ne veux pas être une princesse. Les pincesses ne peuvent pas grimper aux arbres.” — Petite fille de 5 ans à une jeune femme, Barrio Atalaya, Isidro Casanova. Samedi.
Credit: La Gente Anda Diciendo/Facebook

Cet article de Maria Murriel est paru initialement sur PRI.org le 24 août 2016. Il est publié ici dans le cadre d'un accord de partage de contenu.

Vous êtes assis dans un café à Palermo, un quartier de Buenos Aires. Vous n'entendez pas clairement la conversation des deux personnes à côté, mais vous arrivez à distinguer certaines phrases. Quelque chose comme, “Toi tu as cru que je n'avais rien de mieux à faire que d'être amoureuse de toi.”

Celle-ci a en réalité été entendue dans le métro. Mais lorsque Ezequiel Mandelbaum et Tatiana Goldman se trouvaient dans un café de Palermo, il y a environ 5 ans, ce qu'ils y ont entendu malgré eux était si captivant, hors contexte, qu'ils se sont tus.

Ils ont juste écouté.

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“On ne comprenait pas vraiment ce qu'ils disaient,” dit Mandelbaum. “Mais c'était très divertissant.”

Nota Bene : Il est quasiment impossible de faire transparaître toute la saveur de ces phrases après traduction. Mais nous essayons de nous en rapprocher le plus possible.

"What confidence we Argentines have to do whatever the flying f-ck pleases us." — Man of about 25 to another. Friday. Credit: La Gente Anda Diciendo/Facebook

“Quelle confiance nous avons, nous les Argentins, de faire ce qui nous chante , et de nous en battre les fesses.” — Homme de 25 ans à un autre. Vendredi.
Credit: La Gente Anda Diciendo/Facebook

Mais ce qui est ressorti de cette journée est plus que divertissant. La Gente Anda Diciendo (“Les Gens disent en marchant”) est un aperçu “anthropologique et espiègle” de la mentalité et du mode de vie argentins — en particulier de la capitale. Mandelbaum et Goldman reccueillent ces phrases de Buenos Aires, qui dévoilent l'humour pince-sans-rire, la franchise et l'attitude désinvolte qu'ont les locaux vis-à-vis de la vie et de l'amour (même les plus petits).

“A Buenos Aires, c'est facile [d'entendre des choses amusantes],” dit Mandelbaum. “Je ne sais pas si c'est parce qu'on parle souvent fort ou parce que nous ne sommes pas prudes. On peut se trouver dans un bus, et parler au gynécologue à plein volume… Les Argentins se font beaucoup psychanalyser, donc il est courant d'entendre quelqu'un en train d'analyser la vie de son conjoint.”

"Will you buy me a toy so I can stop busting balls?" — Boy, approx. 4 years old, to his parents. Friday, 7 p.m. Credit: La Gente Anda Diciendo/Facebook

“Vous m'achetez un jouet comme ça j'arrête de casser les bonbons ?” — Petit garçon, d'à peu près 4 ans, à ses parents. Vendredi, 19h.
Credit: La Gente Anda Diciendo/Facebook

"Yo, can you pay for tits with a credit card?" — 25-year-old woman to another. Bus. 2 pm. Credit: La Gente Anda Diciendo/Facebook

“Eh, tu sais si on peut payer des nichons avec une carte de crédit ?” — Femme de 25 ans à une autre. Bus. 14h.
Credit: La Gente Anda Diciendo/Facebook

"Think of it this way: A baby is like a dog that you can, later, ultimately, teach how to talk." — Man of around 25 to his girlfriend. Transit station. Saturday, 12:40 pm. Credit: La Gente Anda Diciendo/Facebook

“Vois les choses comme ça : Un bébé c'est comme un chien auquel tu peux, au final, apprendre à parler.” — Homme de 25 ans à sa petite amie. Gare. Samedi, 12h40.
Credit: La Gente Anda Diciendo/Facebook

"Excuse me, sir — you've never been pregnant so you don't get to opine." — Woman of about 40 to a 35-year-old man. Wednesday. 10:45 am. Credit: La Gente Anda Diciendo/Facebook

“Excusez-moi monsieur, mais vous n'avez jamais été enceinte, alors c'est pas la peine de donner votre avis.” — Femme d'environ 40 ans à un homme de 35 ans. Mercredi. 10h45.
Credit: La Gente Anda Diciendo/Facebook

A l'origine l'idée était de prendre en note les phrases entendues à travers Buenos Aires et de toutes les réunir dans un livre. Après 9 mois à rassembler des phrases, Mandelbaum et Goldman ont décidé de les poster sur Facebook. Du jour au lendemain, des centaines de personnes se sont mises à les suivre, puis des milliers, et des dizaines de milliers.

Le charme de ces phrases est leur mordant, et les situations auxquelles elles font référence. Sélectionner les meilleures pour les ajouter au projet est tout un art.

“Quand on arrive à saisir un morceau de conversation on commence à s'inventer toute une histoire,” raconte Mandelbaum. “[Nous choisissons les] phrases les plus parlantes, celles qui éveillent notre imagination, qui sont drôles.”

Maintenant que ce sont les fans qui soumettent 100 pour cent des phrases, la partie la plus importante de cet art l'est encore plus : elles doivent être entendues puis écrites immédiatement.

"Don't be sad. Sadness grows in the cold." — Passerby to young weeping woman walking. Friday. Credit: La Gente Anda Diciendo/Facebook

“Ne sois pas triste. La tristesse augmente avec le froid.” — Un passant à une jeune femme qui pleurait en marchant. Vendredi.
Credit: La Gente Anda Diciendo/Facebook

"Look, you have to live life with a partner. It's always been hard. The problem is you guys don't try anymore." — Man of about 60 to a man of about 20. Plaza Constitución. Thursday. Credit: La Gente Anda Diciendo/Facebook

“Ecoute, il faut vivre sa vie accompagné. Ca a toujours été difficile. Le problème, c'est que maintenant, vous n'essayez même plus.” — Homme d'environ 60 ans à un autre de 20 ans. Plaza Constitución. Jeudi.
Credit: La Gente Anda Diciendo/Facebook

Ç

 

"Mom, you won't like what I'm gonna tell you, but I have to say it. At school we ate meatloaf and it was better than yours. I still love you, though." — Kid of about 6, walking and recording an audio message on his dad's phone, holding his hand. 4:30 pm. Credit: La Gente Anda Diciendo/Facebook

“Maman, ce que je vais te dire ne va pas te plaire, mais il faut que je te le dise. A l'école on a mangé du pain de viande et il était meilleur que le tien. Mais je t'aime quand même.” — Garçon de 6 ans qui marchait et laissait un message avec le téléphone de son père qui lui donnait la main. 16h30.
Credit: La Gente Anda Diciendo/Facebook

“On [sait lesquels sont inventés] par intuition,” avoue Mandelbaum, qui est un éditeur travaillant dans les relations publiques. “Il faut l'entendre et l'écrire tout de suite. Quand tu essaies de l'écrire plus tard, tu refais malgré toi la phrase dans ta tête.”

Ils ont parcouru l'Amérique de Sud en collectionnant les phrases, avec pour sponsor Motorola, ont publié 2 livres, et ont inspiré des émules dans d'autres villes et pays.

Et ce n'est pas fini : Mandelbaum dit que Goldman et lui espèrent que des écrivains seront inspirés par les fameuses phrases.

Avec des phrases comme celles-ci, ce ne sera pas difficile.

"See that you can? You can do anything in this life." — Mom of about 30, wiping her 9-year-old's boogers. Tuesday. Credit: La Gente Anda Diciendo/Facebook

“Tu vois que tu peux ? Toi tu vas réussir à tout faire dans la vie.” — Mère d'une trentaine d'années, essuyant la morve de son enfant de 9 ans. Mardi.
Credit: La Gente Anda Diciendo/Facebook

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