Toutes les langues dans lesquelles nous traduisons les articles de Global Voices, pour rendre accessibles à tous les médias citoyens du monde entier

En savoir plus Lingua  »

Quand un politicien français et une Miss RDC se font reprendre par Internet sur la colonisation

Dorcas Dienda et François Fillon

Dorcas Dienda et François Fillon

François Fillon et Dorcas Dienda ont peu de choses en commun. Mais l'ancien premier ministre français et candidat probable aux élections présidentielles de 2017 et la candidate aux élections de Miss RDC (République Démocratique du Congo) ont dû faire face à quelques jours d'intervalles à l'opprobre des internautes africains quant à leurs propos sur la colonisation par la France d'une partie de l'Afrique.

Pour rappel, M. Fillon qui est entré en campagne pour les primaires à droite, a déclaré à Sablé-sur-Sarthe le 30 Août 2016 que la France n'était “pas coupable d'avoir voulu faire partager sa culture aux peuples d'Afrique” à propos de la colonisation. La déclaration de Fillon s'est faite dans le contexte de la présentation de son projet de refonte des programmes scolaires et de l'importance de réapprendre la fierté pour la France à l'école. La phrase n'est pas passé inaperçue sur les réseaux sociaux.  Un hashtag #partagedecultureinFrench a été largement utilisé sur Twitter et Facebook pour rallier les propos du candidat aux élections présidentielles et lui faire un rappel de ce que signifie la période coloniale pour les pays concernés:

L'opinion de M. Fillon n'est pas sans rappeler la loi de 2005 qui avait instauré la notion de « rôle positif » de la colonisation. L'historien martiniquais Gilbert Pago explique comment l'élite française peut aussi facilement occulter toute une partie de son histoire:

Nous sommes dans un moment pénible des montées des chauvinismes nationalistes, des poussées populistes du rejet de l’autre, des affirmations de sectarisme racialiste, des replis identitaires ; tout ceci accompagnant la crise mondiale. Mais nous devons nous interroger sur l’esprit de fermeture de dirigeants politiques qui voudraient électoralement surfer sur ce qui est une régression du vivre ensemble. Pour que la France avance, pour que l’Europe aille de l’avant, pour que l’humanité entière se propulse et pour que nous Antillais nous progressions, il faut refuser le « négationnisme » de l’histoire du monde, c’est à dire de notre histoire à toutes et à tous. Il faut tant du côté des descendants des vainqueurs que du côté des descendants des vaincus. [Il ajoute] Ce n'était pas un partage de culture, c'était un choc, un trauma quant à la conquête de richesses, de marchés et de main d’œuvre et de destruction d'êtres humains, de civilisations et de biens matériels.

Alain Manbackou avait déjà déclaré en 2007 que de toute façon:

Après un demi-siècle de décolonisation formelle, les jeunes générations ont appris que de la France, tout comme des autres puissances mondiales, il ne faut pas attendre grand-chose. Les Africains se sauveront eux-mêmes ou ils périront. Pour l’heure, et s’agissant de l’Afrique, il manque tout simplement à la France le crédit moral qui lui permettrait de parler avec certitude et autorité.

Pour Dorcas Dienda, la jeune candidate aux élections, la question de la période coloniale est venu de manière différente.  Pendant l'émission télévisé Miss RDC 2016 du 30 Aout, la question du “branding made in Congo” versus le branding occidental lui a été posé par la présentatrice de l'émission. Dienda explique alors que ” l'homme blanc est plus intelligent que l'homme noir“. Voici un extrait de l'émission:

 

Les réactions ne se font pas attendre et provoqent un tollé sur la toile congolaise. De nombreux internautes fustigent Dienda et exigent des explications, ce que Dienda s'empresse de faire via une vidéo sur YouTube:

Mais c'est bien trop tard. Voici quelques réactions, notamment du rapper congolais Alesh:

Ce n'est pas la première fois que l'histoire de l'Afrique met dans l'embarras des personnalités publiques. Le fameux discours de Dakar de Nicolas Sarkozy en 2007 déclarant que l'homme africain “n‘est pas rentré dans l'histoire” est encore dans bien des mémoires.

La solution se trouve sans doute dans une meilleure connaissance de cette histoire, des résistances des peuples contre l'oppression de toutes formes et sous toutes les latitudes.

1 commentaire

  • Franck Obama Mukanya

    Vous avez dit une simple vérité universelle Chère Mademoiselle DORCAS DIENDA, et vous avez eu raison.
    Votre argumentation est de plus très bien développée et étayée malgré une interruption fortuite de la diffusion du programme, des tentatives désespérées de vos concurrentes de vous reprendre, et le petit animateur local, essayant de retourner vos justes propos.
    Ne vous inquiétez par pour votre avenir. Il sera brillant, avec tant de réalisme à votre jeune âge, vous êtes la preuve pour la Terre Entière que certaines, bien trop rares, Femmes Africaines, sont aussi intelligentes que l’ Homme de race blanche.
    Espérons qu’après les excuses surréalistes que l’on vous à forcée à exprimer.
    Vous poursuivrez de votre côté, une brillante existence, toujours aussi pleine de bravoure et de courage face au politiquement correct et au racisme contre l’Occident, ce dernier auquel vous avez très savamment rendu un hommage reconnaissant.
    L’Afrique civilisée, celle de demain, dans son ensemble à besoin de personnes comme VOUS !!!
    Encore BRAVO Chère DORCAS et tenez bon !!!

Ajouter un commentaire

Merci de... S'identifier »

Règles de modération des commentaires

  • Tous les commentaires sont modérés. N'envoyez pas plus d'une fois votre commentaire. Il pourrait être pris pour un spam par notre anti-virus.
  • Traitez les autres avec respect. Les commentaires contenant des incitations à la haine, des obscénités et des attaques nominatives contre des personnes ne seront pas approuvés.

Je m'abonne à la lettre d'information de Global Voices en Français
Non merci, je veux accéder au site