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Après les ravages de l'ouragan Matthew, la dette de la France envers Haïti à nouveau évoquée

Service members from Joint Task Force Matthew and representatives from the United States Agency of International Development delivered relief supplies to areas affected by Hurricane Matthew to Jeremie, Haiti. Photo via the official U.S. Navy Page, from United States of America Capt. Tyler Hopkins/U.S. Navy [Public domain], via Wikimedia Commons

Des employés de la Joint Task Force Matthew et des représentants de l'U.S.AID livrent des approvisionnements de secours dans les zones affectées par l'ouragan Matthew à Jérémie, Haïti. Photo Page officielle de la marine des USA, par le capitaine (USA) Tyler Hopkins/U.S. Navy [domaine public], via Wikimedia Commons

Une semaine le passage ravageur de l'ouragan Matthew sur Haïti, beaucoup écrivent sur les réseaux sociaux que le moment est venu pour la France de rembourse sa dette à ce pays.

L'ouragan de catégorie 4 a frappé ce pays de la Caraïbe le 4 octobre 2016, et y a causé la plus grosse crise humanitaire depuis le tremblement de terre de 2010. La direction de la Protection Civile de Haïti a confirmé 473 morts, 339 blessés et 75 disparus, tandis que des articles de la presse internationale ont établi le bilan à plus de 1.000 morts. Pour les 1,4 millions de personnes ayant besoin de secours, des blogueurs donnent des liens vers des “organisations qui font discrètement du bon travail en Haïti sans remplir les poches des multinationales de l'aide ou continuer à engraisser l'élite de Port au Prince”.

A la suite de la catastrophe, le Bureau des Nations Unies pour la Coordination des affaires humanitaires a lancé un appel instantané à une levée de 119,8 millions de dollars de fonds d'urgence.

Mais les effets de l'ouragan ramènent aussi la question fréquente que la France devrait apporter son aide financière en restituant enfin ses réparations coloniales à Haïti.

Comme l'a formulé sur Facebook Mandy Dalton :

L'ouragan et le tremblement de terre n'ont pas été les pires catastrophes subies par Haïti. La îre catastrophe est d'origine humaine. Haïti est toujours aux prises avec les conséquences d'une dette qu'il n'aurait jamais dû avoir à payer.

Leondra Saintil a ajouté [lien rompu, NdT] :

Les effets de l'ouragan sur Haïti brisent le coeur. Vous savez ce qui aiderait ? Que la France paye les 21 milliards de dollars qu'elle doit en restitutions. Hum.

Haïti, aujourd'hui le pays le plus pauvre de l'hémisphère occidental, a été autrefois la possession la plus lucrative de l'empire colonial français. Saint-Domingue, son nom de l'époque, faisait commerce à grande échelle de café, coton et sucre, entre autres exportations.

Haïti a proclamé son indépendance en 1804, après avoir réussi une insurrection anti-esclavage et anti-coloniale, et est devenu le premier pays de l'histoire moderne à abolir officiellement l'esclavage. Mais le prix à payer pour la liberté a été écrasant : 150 millions de francs-or, réduits par la suite à 90 millions, pour indemniser les colons et propriétaires d'esclaves français de la perte de leurs plantations.

La somme était faramineuse, et elle a paralysé le pays. En réalité, ce n'est qu'en 1947 que Haïti a fini de la rembourser. En 2003, l'ex-président haïtien Jean-Bertrand Aristide estima que la “dette de l'indépendance”, comme on a fini par l'appeler, équivalait à 21 milliards de dollars US actuels, intérêts compris. Selon d'autres calculs, ce serait près de 17 milliards de dollars. Après l'ouragan dévastateur de 2010, 100 artistes et universitaires avaient signé une pétition pour tenter de forcer la France à reverser cette somme “en réparation d'une injustice bicentenaire“.  Une demande rejetée par la France à l'époque.

Puis en mai 2015, la question a ressurgi dans l'attention internationale lorsque le président français François Hollande a déclaré à un auditoire sur l'ile française de la Guadeloupe, “Quand j'irai en Haïti, je vais, pour ma part, m'occuper de la dette que nous avons”. Ses conseillers ont par la suite insisté qu'il se référait à une dette morale et non pas financière. Dans sa visite consécutive en Haïti, Hollande a tenté d'esquiver le sujet en disant au pays, “Vous ne demandez pas de l'aide, vous voulez du développement”.

Cet échange a provoqué un déversement d'articles appelant la France à finalement dédommager Haïti en lui rendant son dû.

Depuis l'ouragan de la semaine dernière, de nombreux internautes re-publient ces articles de l'année dernière, en commentant souvent que le moment était maintenant venu de revoir la question.

L'utilisateur de Facebook Sol DjVaselli Duverne a été encore plus laconique : le titre de son partage d'article est : PASSEZ À LA CAISSE”.

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