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Le Paraguay, pays des vaches qui volent et des écoles qui s'écroulent

Pancarta de protesta por el derecho a la educación. Imagen de Kurtural, publicada con permiso.

Pancarte de la manifestation pour le droit à l'éducation. Photo:  Kurtural, publiée avec autorisation.

Ce texte est le premier d'une série publiée par le média paraguayen Kurtural, et est adapté et republié par Global Voices avec autorisation. 

L'éducation est au centre de confrontations et d'insatisfactions de nos jours au Paraguay à cause d'un système fissuré depuis des décennies. En dépit des menaces du Ministre de l'Education, Enrique Riera, des milliers d'étudiants ont exigé dans les rues de la capitale la restructuration des infrastructures scolaires qui s'écroulent. Le ministre a averti que les étudiants participant à la manifestation seraient punis et que les enseignants verraient leurs salaires baissés.

Au même moment, à l'Université Nationale d'Asunción, des étudiants se sont mobilisés pour défendre la procédure de réforme en dépit des ordres ratés de capture des leaders universitaires lancés par le ministère public. Pour la première fois dans l'histoire, toutes les facultés ont fait grève. Certaines revendications de réforme demandaient la déclaration de l'état d'urgence en termes d'infrastructures scolaires et l'amélioration de la qualité de l'enseignement. Selon les systèmes de classement internationaux, l'enseignement paraguayen est au plus bas en termes de qualité éducative.

Ceci reflète les symptômes d'une crise profonde de l'éducation au Paraguay et un conflit des deux parties : une classe minoritaire et puissante qui a détourné le système éducatif pour conserver ses privilèges alors que beaucoup souhaitent que l'éducation redonne des opportunités. Un article de Camila Vollenweider publié dans CELAG illustre en partie cette lutte.

Lo han puesto en evidencia los estudiantes paraguayos durante las luchas de estos años: de las 53 Universidades que hay en el país, 45 son privadas, y las 8 públicas son igualmente aranceladas; asimismo, de 32 de las 53 Universidades no han conseguido acreditar ninguna carrera por parte de la Agencia Nacional de Evaluación y Acreditación de la Educación Superior, haciendo que proliferen las llamadas “Universidades de garage”, que han sido denunciadas recientemente por estafar a 6.000 estudiantes […]

Les étudiants paraguayens ont mis en évidence que pendant les luttes des dernières années, sur les 53 universités nationales, 45 sont privées et les huit publiques sont aussi payantes. En outre, 32 des 53 universités n’ont pas reçu l’attestation d’homologation de diplômes de l’Agence Nationale d’Évaluation et d'Accréditation de l’Enseignement Supérieur – ce qui fait que prolifèrent les « Universités garage » récemment dénoncées comme ayant escroqué 6 000 étudiants […] »

Elle poursuit :

[El] presupuesto de 4,1% del PIB que destina el Gobierno a esta materia está muy lejos del 7% que recomienda la UNESCO […] La política educativa vigente data de la dictadura de Stroessner [cabeza de la dictadura paraguaya que duró de 1954 a 1989], y no ha cambiado demasiado hasta Cartes [el Presidente actual]: insuficiente presupuesto educativo -aunque este último lo haya incrementado-, endurecimiento de las condiciones de acceso a la universidad pública, criterios políticos en la designación de rectores y decanos, promoción e incremento de subsidios y becas a centros educativos privados en detrimento de la financiación del sistema público.

Le budget de 4,1% du PIB alloué par le gouvernement à ce domaine est très loin des 7% recommandés par l’UNESCO […] La politique éducative actuelle date de la dictature de Stroessner [chef de la dictature paraguayenne de 1954 à 1989] et elle n’a guère évolué depuis Cartes [le Président actuel] : budget de l’éducation insuffisant – bien que ce dernier ait été augmenté – , durcissement des conditions d’accès à l’enseignement supérieur public, critères politiques pour élire recteurs et doyens, promotion et augmentation des subventions et bourses des établissements privés au détriment du financement du système public.

Education non garantie : un commerce et une « clé d’accumulation du pouvoir politique »

Les histoires de la série Vaches qui volent, écoles qui s’écroulent nous ramènent à ce conflit. Cette série a des protagonistes qui se battent au quotidien pour que la majorité des Paraguayens puisse accéder à ses droits à l’éducation. Une bataille qui n'existerait pas si l'éducation était un plein droit dans ce pays.

Le coût élevé de l’accès à l'éducation peut se refléter dans l’histoire de Christian Quiñónez qui quitte ses enfants tous les jours pour se rendre à l’université et traverse le fleuve Paraguay pour étudier le droit, sans savoir s’il rentrera vivant. Ou dans celle des enseignants de l’école Maricevich, au nord du pays, qui doivent résister au harcèlement des groupes armés, militaires, policiers, trafiquants de drogue et tueurs à gages pour faire cours dans leurs villages. Ou dans la description de ce que, pour aller à l’école, 46 000 enfants doivent se soumettre au travail domestique, un système de servitude qui les exploite comme main d'œuvre.

Quand le droit à l’éducation n’est pas garanti, il devient alors soit un commerce, soit la clé d’accumulation du pouvoir politique. La crise de l’éducation remet en question le modèle même de la production actuelle qui devrait générer des ressources pour le bien-être de tout le monde. « Si nous sommes capables d’exporter des vaches vivantes en avion, comment est-ce possible que les écoles s’écroulent sur les maîtres et les élèves pendant la classe ? »

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