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PHOTOS : Le Nouvel An bengali avec ses célébrations de la démocratie et de la diversité inscrit au patrimoine culturel de l'humanité

Mangal Shobhajatra, is a colorful rally which starts at the Graphics Arts Institute of Dhaka University in the morning of Pahela Baishakh, the Bengali new year. Image from Flickr by Aaapon. CC BY-NC 2.0

Mangal Shobhajatra est une marche festive et colorée partant de la faculté des Beaux-Arts de l'Université de Dacca, au premier matin du nouvel an bengali, le Pahela Baishakh. Image mise en ligne sur Flickr par Aaapon. CC BY-NC 2.0

Mangal Shobhajatra, un événement festif ouvert au public organisé par les étudiants et les enseignants de la faculté des Beaux-Arts de l’université de Dacca au Bangladesh pour célébrer le Pahela Baishakh (jour du Nouvel An bengali), a été inscrit sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l'UNESCO.

Chaque année, au matin du Pohela Baishakh, le premier jour du calendrier bengali (le 14 ou le 15 avril), des milliers de personnes, toutes origines confondues, se rassemblent pour un défilé partant de la faculté des Beaux-Arts située au carrefour très emprunté de la place Shahbag, à Dacca. Les participants revêtent des costumes traditionnels ainsi que des masques colorés et brandissent des panneaux peints représentant la vie rurale et le quotidien des Bangladais.

Selon l’UNESCO :

La Mangal Shobhajatra symbolise la fierté qu’éprouvent les Bangladais pour leur patrimoine vivant, ainsi que la force et le courage qu’ils déploient pour lutter contre les forces obscures et leur soif de vérité et de justice. Cet événement, qui réunit des individus de tout âge, sexe, caste, croyance et religion, promeut également la solidarité et la démocratie, une valeur partagée par tous. Les connaissances et les savoir-faire sont transmis par les étudiants et les enseignants au sein de la communauté.

Ces dernières années, participer au rassemblement de Mangal Shobhajatra, qui a été la cible de protestations et de menaces de la part des fondamentalistes religieux, est devenu une prise de position contre le communautarisme et le fanatisme religieux dans le pays, à majorité musulmane.

L'UNESCO a annoncé la bonne nouvelle le 30 novembre 2016, après une réunion à Addis Abeba, en Ethiopie.

Inscrit sur la Liste représentative du patrimoine immatériel.

Les Bangladais ont été enthousiasmés par cette reconnaissance. Misir Ali écrit sur Facebook :

এটা আমাদের বিজয়, বাঙ্গালী সংস্কৃতির বিজয়|সেই সাথে আমাদের দায়িত্ব আরও বেড়ে গেল বর্ষবরণের বর্নিল আয়োজন করার,কারন এটি এখন শুধু আমাদের প্রোগ্রাম থাকল না,সারা বিশ্বের মানুষের অনুষ্ঠান হয়ে গেল|

Ça n'est pas seulement la victoire d'un pays, mais aussi une victoire pour la culture bengalie. Et cela nous confère la responsabilité de nous assurer que les célébrations du Nouvel An restent toujours colorées et festives, car c'est désormais un événement mondial.

Notre cher Mongol Shobhajatra fait désormais partie du patrimoine culturel de l'UNESCO. #heureux #fier #tradition #Bangladesh

Peu après l'annonce, le ministre des Affaires étrangères bangladais Md. Shahriar Alam a expliqué sur Facebook que cette nomination était le fruit d'un long travail de leur part :

আমরা বেশ কিছুদিন যাবৎ এটা নিয়ে কাজ করছিলাম এবং আজকে সকালে দুই ঘণ্টাব্যপী বিতর্কের পর এটা নিশ্চিত করা গেছে । সবাইকে অভিনন্দন !!!

Cela fait un moment que nous travaillons là-dessus et aujourd'hui l'inscription a été validée après un débat de deux heures. Félicitations à tous.

People celebrating Pahela Baishakh at Mangal Shobhajatra (Rally), a procession organised by Dhaka University’s Faculty of Fine Arts to welcome the Bengali new year. Image by Sourav Lasker. Copyright Demotix (14/4/2015)

La foule célèbre Pahela Baishakh au défilé de Mangal Shobhajatra. Photo de Sourav Lasker. Copyright Demotix (14/4/2015)

« L'amusement et la joie peuvent repousser la peur infligée par la dictature »

Bien que la célébration du Nouvel An bengali date de plusieurs siècles, le Mangal Shobhajatra est un événement relativement récent. Le rassemblement a été initié en 1989 par des étudiants de l'Université de Dacca, oppressés par la dictature militaire qui sévissait à l'époque au Bangladesh. L'année suivante, cette même frustration a engendré des manifestations de grande ampleur à Dacca, qui ont finalement abouti à la chute de la dictature et l'avènement de la démocratie parlementaire au Bangladesh.

L'artiste Najib Tareq était l'un des organisateurs des premiers rassemblements du Mangal Shovajatra. Il se souvient avoir été l'un des plus jeunes volontaires :

১ লা বৈশাখে হবে শোভাযাত্রা এবং সেটা হবে আনন্দ শোভাযাত্রা। আনন্দই পারে স্বৈরাচারের জুজুর ভয় দূর করতে। স্বৈরাচার তো আনন্দকেই প্রথমে হত্যা করতে চায়, তো আনন্দই হোক স্বৈরাচার প্রতিরোধের প্রথম ও প্রধান হাতিয়ার।

Le rassemblement festif commençait au premier jour du Nouvel An bengali. Nous savions que l'amusement et la joie pouvaient repousser la peur infligée par la dictature. Tout dictateur veut supprimer la joie des cœurs et faire régner la peur. Nous avons donc fait du bonheur l'arme première et prévalente contre la dictature.

Rafiqun Nabi, artiste et enseignant à l'Institut des Arts graphiques de l'Université de Dacca, évoque dans une interview la résistance qu'avait rencontrée le rassemblement :

মঙ্গল শোভাযাত্রাকে একটি সার্বজনীন উৎসবে পরিণত করতে গিয়ে স্বৈরাচারীদের নানা রকম হুমকি শুনতে হয়েছে, মৌলবাদীদের রক্তচক্ষু দেখতে হয়েছে।

Nous avons rencontré d'immenses difficultés pour faire de Mangal Shovajatra une célébration publique. Nous avons reçu des intimidations du régime dictatorial et des menaces de la part des fondamentalistes religieux.

Durant 2000 ans, le Bangladesh a rassemblé une mosaïque de religions, de castes et de croyances. Aujourd'hui, la population bangladaise est à 90% musulmane. De nombreux conservateurs considèrent que les célébrations de Mangal Shovajatra ne sont pas islamiques et vont à l'encontre des valeurs religieuses.

Le leader islamique conservateur Maulana Ahmed Shafi a appelé à mettre un terme à cette fête :

মুসলমানদের বিশ্বাস মতে ভাল-মন্দ, মঙ্গল-অমঙ্গল সব কিছুই আল্লাহর হুকুমেই সংঘটিত হয়ে থাকে। মুসলমানকে কল্যাণ ও মঙ্গল কামনা করতে হবে একমাত্র আল্লাহর কাছেই। সুতরাং মুসলমানদের জন্যে মঙ্গল শোভাযাত্রার সংস্কৃতি চর্চা অবশ্যই পরিত্যাজ্য।

Selon les croyances musulmanes, le bien et le mal, le vertueux et l'infâme, tout arrive selon la volonté d'Allah. Les musulmans ne devraient prier qu'Allah pour espérer le bien. Ils devraient éviter la culture de Mangal Shovajatra.

Certains considèrent également que les festivités font partie des célébrations religieuses hindoues, et que les musulmans devraient donc les éviter.

Cependant, sur Facebook, Gazi Joyeeta Mahid s'oppose à la rhétorique des conservateurs religieux :

যতদিন বাংলাদেশ থাকবে, বাঙালি থাকবে- ততদিন এই নববর্ষের আয়োজন থাকবে। আনন্দ উৎসব থাকবে, বৈশাখী মেলা থাকবে, মঙ্গল শোভাযাত্রা থাকবে। এইটাই অসাম্প্রদায়িক চেতনার বাংলাদেশের প্রতিচ্ছবি।

Tant que le Bangladesh vivra, nous célébrerons le Nouvel An de cette façon. Il y aura de la joie et des festivités, des foires du Nouvel An et le Mangal Shivajatra. C'est ça l'image d'un Bangladesh laïc.

Une foule colorée célébrant le Nouvel An

Le journaliste de télévision Shimul Bashar a réalisé un documentaire sur le Mangal Shovajatra, partagé sur YouTube après l'inscription de la fête sur la liste du Patrimoine culturel de l'UNESCO :

Voici quelques photos des célébrations du Mangal Shovajatra partagées sur Instagram.

Les masques utilisés lors de la marche sont réalisés par les étudiants de la Faculté des Beaux-Arts de l'Université de Dacca.

Les masques, panneaux colorés et autres œuvres d'art sont tous peints à la main :

Le rassemblement envahit les rues de Dacca :

Mangal Shovajatra est aujourd'hui célébrée dans de nombreux pays par les communautés d'expatriés bangladais. C'est le cas en Australie :

Tout le monde a un rôle à jouer au cours des festivités :

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