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Le Chef de l'exécutif de Hong Kong pro-Pékin s'en va. Mais son clone n'est pas loin.

Many Hongkongers believe that Carrie Lam and Regina Ip, potential candidates for upcoming Chief Executive election, are current city's leader CY Leung's substitutions. Viral image on Facebook and Twitter via Kris Cheng.

De nombreux Hongkongais pensent que Carrie Lam et Regina Ip, candidates potentielles à l'élection du futur Chef de l'Exécutif, sont de facto des copiés-collés du dirigeant actuel de la cité CY Leung. Image virale sur Facebook et Twitter via Kris Cheng.

Le Chef de l'exécutif de Hong Kong Leung Chun-ying a annoncé le 9 décembre qu’il renonçait à briguer sa réélection pour s’occuper de sa famille. La nouvelle est tombée deux jours avant l'élection au poste de Chef de l'exécutif par le comité électoral composé de 1200 membres qui décideront du prochain dirigeant suprême le 26 mars 2017.

Lors d’une conférence de presse surprise, Leung a souligné que sa décision de ne pas se représenter était purement personnelle :

C’est une décision personnelle. En tant que mari, en tant que père, j dois prendre soin de ma famille… Ma fille n’a qu’un seul père, ma femme n’a qu’un mari.

Pourtant, la plupart des commentateurs croyaient que cette décision venait de Pékin et non de Leung qui avait clairement fait allusion à son ambition de se faire réélire lors d'une interview par l'Agence Xinhua News le mois dernier.

Beaucoup croyaient également que sa tentative musclée d'évincer du parlement deux députés très pro-indépendants était une démarche pour gagner le soutien de Pékin à sa réélection.

Même si le nouveau Chef de l’exécutif sera inévitablement issu de l’establishment, la population continue d'espérer que le chef suprême de la cité restera fidèle à la devise de la constitution « un pays deux systèmes » qui régit les relations entre Hong Kong et la Chine continentale.

Tout Sauf CY?

La frustration ne s'arrête pas aux Hongkongais, l’incapacité de Leung à négocier avec les différents groupes d’intérêt, dont ceux venant du clan de l’establishment, est aussi un casse-tête pour Pékin.

Au cours des derniers mois, le « TSC – Tout Sauf CY » est devenu un slogan politique parmi les dissidents du clan de l’establishment. Commentateur politique, Lau Sai Leung a souligné sur une plateforme de journalisme d’investigation the Initium :

ABC 陣營除了地產商外,也加入了建制派政黨,陣營決定提早終結梁振英的政治生命:曾俊華明示自己有意參選,大法官胡國興以反梁姿態宣布去馬,而中央摸底亦發現,在 ABC 因素干擾下,挺梁的危機是梁根本不夠票當選,中央必須出手終止建制分裂影響特首選舉的局面,而唯一方法就是換馬。

Les membres du clan “TSC” sont composés de promoteurs immobiliers et de quelques partis politiques pro-establishment. Le clan veut mettre fin à la carrière politique de CY Leung plus tôt [que prévu par Pékin] : John Tsang [le secrétaire aux finances hongkongais ] a exprimé son intention de mener sa campagne électorale, le juge en retraite Woo Kwok Hing a même adopté le TSC dans son programme de campagne pour l’élection du Chef de l’Exécutif. Le gouvernement central, conseillé par divers partis, a découvert que sous l’impact du TSC, Leung pourrait manquer de voix nécessaires à sa réélection. Pékin doit mettre fin à la division du clan pro-establishment et la seule façon d’y parvenir est de changer de candidat.

Lau a également expliqué que l’échec de CY Leung n’était pas personnel, mais inhérent au système politique anti-démocratique de Hong Kong :

梁的失敗,其實與前特首曾蔭權最後兩年的失敗有着驚人地相同的背景,就是當特首民望低迷,失去政治能量時,「西環治港」(指中聯辦介入香港政治)乘虛而入,而結果是令特首出現結構性低民望局面。[…] 香港人對特首的期望,是希望他能以本地利益為先,代表香港這一制,而非中央的委派代理人。

L’échec de Leung est similaire à celui du Chef de l’exécutif  Donald Tsang il y a deux ans, lorsque sa popularité s'est réduite et qu’il a perdu son dynamisme politique. Le Bureau de Liaison Chinois est intervenu [et sa popularité est descendue encore plus bas]. Leur manque de popularité est structurel [ …], les Hongkongais veulent un Chef de l’Exécutif qui fasse passer les intérêts locaux en priorité et maintienne le système en place à Hong Kong, plutôt qu’un agent à la solde de Pékin.

Ainsi, même si CY Leung quitte son poste, le prochain Chef de l’exécutif, faute de mandat populaire, sera toujours issu des structures du pouvoir. Approuvée par le Bureau de liaison chinois et soutenu par Tung Chee Hwa, premier chef de l’exécutif à Hong Kong, la députée et ancienne secrétaire à la sécurité intérieure Regina Ip Lau Suk-yee est l'une des figures susceptibles d'intégrer la course.

Carrie Lam est une alliée clé de CY Leung qu'elle a aidé dans la mise en oeuvre de nombreuses mesures impopulaires sur l’île, ces quatre dernières années. Regina Ip, en attendant, est une figure controversée pour avoir promu des lois sévères sur la sécurité nationale en 2003. Les deux sont ainsi considérées comme des substituts de CY Leung. La photo en haut de cet article, représentant le visage de Yeung « photoshoppé » sur les deux femmes, résume habilement ce sentiment.

Certains commencent aussi à appeler Regina Ip par les initiales R IP, conduisant au slogan politique « les Hongkongais ne veulent pas de RIP » (les Hongkongais ne veulent pas d’arnaque).

Voilà qui est vite fait. Les gens de HK ne veulent pas de R.Ip (Regina Ip)

Les jeux de pouvoir de CY Leung

Le commentateur de l’actualité Leung Man Tao a également rappelé aux Hongkongais que même si CY Leung ne sera plus le responsable de l’exécutif, le prochain continuera probablement de gouverner de la même manière, c’est-à-dire en intervertissant les élites et en encourageant les batailles politiques :

這整套人事變化的要點就是換血,它不是設法吸納民間潛在反對力量,更不是要加速原有建制力量的新陳代謝,卻是要以一脈除了忠於自己之外就樣樣都缺的新血去徹底代替本來的建制同盟。

Les changements majeurs dans la nomination à des postes officiels et politiques sont des « transfusions sanguines » [substitution d’élite]. Cette stratégie ne tente ni d’absorber les élites de la société civile pour les empêcher de tomber dans l’opposition, ni d’accélérer la circulation des élites à l’intérieur de l’establishment. Elle change plutôt le « sang ancien» en « sang fidèle » pour construire une alliance qui peut être entièrement sous contrôle.

「梁振英路線」的第二大特點就不必多說了,路人皆知,那便是沿襲了大陸新近維穩政治特色的鬥爭為綱,無中生有,小事化大,直至社會撕裂,達到危害國家安全的地步。利用種種外緣條件的變化,內外人鬼,一樁又一樁的案件,一個又一個的危機,然後就可以替自己樹立英勇忠義的形象,藉大義之名博取政治地位,甚至乎維穩成本,這原是內地部份地方官員的伎倆,不料近年卻也隱隱出現在香港了。[…]「DQ」議員數目從辱華反中的梁游二人增加到根本和港獨無關的四個本土派上,只是最新的例子而已。既然這一招能夠挾全國民意和政治上的根本底線來逐步壓毀非建制勢力,同時鎮懾所有建制派中蠢蠢欲動的對手,誰能擔保梁振英之後不會有人再用?而這招屢見奇效的手法又要香港和整個中國的民間為它付出多少彼此誤會、懷疑和仇視的代價呢?

La seconde caractéristique du style de pouvoir de Leung est évidente. Elle suit le principe récent du contrôle de stabilité de la Chine continentale, qui amplifie les petits conflits en menaces sur la sécurité nationale et divise la société. Si l’on se réfère aux transformations politiques des autres régions et aux incidents, il conduit directement à une série de crises politiques pour justifier la répression pour faire des héros et accumuler un capital politique. Ce genre de manœuvres électorales sont fréquemment utilisées par les officiels de la Chine continentale mais a débarqué à Hong Kong ces dernières années […]. L’exclusion des députés Leung Chung Hang et Yau Wai Ching pour leur serment anti-chinois et l’extension de telles sanctions politiques à quatre autres députés locaux sont les exemples les plus récents. Ces tactiques utilisent l’opinion publique de la Chine continentale pour réprimer les partis d’opposition et menacer les dissidents issus de l’establishment. Qui peut garantir que de telles manœuvres ne seront pas utilisées à l’avenir ? Ces jeux de pouvoir ont déjà mis la société en pièces, avec pour conséquences des relations antagonistes entre Hongkongais et Chinois continentaux.

Le comité électoral de 1,200 membres pour la nomination du Chef de l'exécutif a été élu le 11 décembre. Ce n'est un secret pour personne que Pékin contrôle les votes majoritaires. En plus des 300 candidats nommés par certains membres opérationnels pro-Pékin ayant gagné sans aucune concurrence, environ 250 membres favorables à la Chine deviennent d'office membres du comité grâce à leur fonction au sein du Conseil Législatif, du Congrès de la Chine Populaire, ou encore de la Conférence Consultative Politique de la Chine Populaire,  etc …

Contre toute attente, les pan-démocrates [partisan de la démocratie] parviennent encore à obtenir 340 sièges et sont devenus une minorité critique au sein du comité électoral. Comme chaque candidat, qui pose sa candidature au poste de Chef de l'exécutif, doit avoir 150 voix des membres du comité, les pan-démocrates peuvent proposer deux candidats. Leurs votes pourraient également permettre de mesurer la popularité du prochain Chef de l'exécutif.

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