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Gholamreza Takhti, le sportif iranien bien-aimé qui lutta contre le Shah

Gholamreza Takhti (middle) in an undated picture in Iran. (Source Wikimedia Commons)

Gholamreza Takhti (au centre) sur une photo non datée, en Iran. (Source Wikimedia Commons)

[Tous les liens sont en anglais]

Le 7 janvier dernier a marqué l’anniversaire de la mort de l’un des plus héroïques athlètes d’Iran, Gholamreza Takhti. L’héritage de Takhti est remarquable, non seulement en raison de ses exploits sportifs sur la scène mondiale de la lutte, mais aussi pour son humilité, ses idéaux politiques et son combat pour la liberté, mené contre la dictature du Shah. Sa vie et sa mort symbolisent la lutte du peuple iranien, dont beaucoup de ses membres ont sacrifié une vie de confort et de privilèges pour porter haut leurs principes.

Né en 1930 au sein d’une famille pauvre de Téhéran, Takhti a rapidement trouvé sa vocation : la lutte. Il devint alors très vite l’un des plus talentueux athlètes d’Iran. En 1950, il remporta ses premiers championnats d’Iran, puis la médaille d’or olympique en 1956.

Surnommé “Pahlevan” (champion) en raison de ses performances héroïques, de sa dignité et de sa réputation sans tache, Takhti était également reconnu pour son comportement chevaleresque, sur et hors des tapis de lutte. Son penchant pour l’équité et la justice lui ont permis de gagner le respect de ses adversaires et l’amour du public. Pas question pour lui de tirer parti des blessures de ses concurrents, athlètes et familles étaient ainsi traités avec égard.

Outre les prouesses inégalables de Takhti, ce sont surtout les activités politiques de ce lutteur qui ont fait de lui une figure mythique en Iran.

Takhti soutenait activement le Dr. Mohammad Mossadegh et ses efforts pour nationaliser le pétrole iranien et obtenir l’indépendance. De fait, ses convictions politiques lui ont souvent valu la désapprobation du Shah. Après le séisme de Qazvin en 1962, Takhti s’employa à trouver de l’aide pour les habitants, quitte à contourner les efforts du Shah pour collecter des fonds. Des actes de défiance envers la dictature qui imputa à Takhti la réputation d'un Robin des Bois parmi la population iranienne.

Son opposition au régime le mena aussi à sa perte. Le 7 janvier 1968, son corps sans vie fut retrouvé dans une chambre d’hôtel. Les autorités attestèrent d’un suicide, mais ses combats politiques ont amené nombre de ses supporters à croire à un assassinat commandité par la SAVAK, la police secrète du Shah.

En 2013, la cérémonie célébrant le 45ème anniversaire de la mort de Gholamreza Takhti se tint au cimetière Ibn-e Babouyeh, au sud de Téhéran, où il fut inhumé. Photo de Mehr News.

Le potentiel non exploité de Takhti et sa foi inébranlable en ses principes est symbolique du passé et du présent de l’Iran. Les Iraniens ont ainsi effectué d’importants sacrifices dans leur lutte contre le Shah, pour voir en fin de compte Khomeini voler leur révolution. Toutefois, des légendes comme Takhti continuent d’inspirer les générations futures dans la défense de leurs convictions, et dans le rejet d’une vie de confort face à l’inégalité et l’injustice.

Gholamreza Takhti ne devrait pas seulement être distingué pour son incroyable carrière sportive, mais aussi pour ses qualités humaines, lui qui usa de ses dons et de sa bonne fortune pour venir en aide aux plus démunis et pour défier l’injustice et la répression. Takhti était un héros, sacrifié sur le chemin de la liberté et de la démocratie.

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