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MujeresMundi : des chroniques sur le rôle des femmes dans la société

Portada de MujeresMundi. Imagen usada con autorización.

Image d'accueil de MujeresMundi. Image utilisée avec l'autorisation du site.

« Sans féminisme, il n'y a pas de changement » nous explique MujeresMundi, site web « d'origine latino-américaine et rédigé maintenant entièrement en espagnol », qui « cherche à se faire l’écho d'initiatives peu connues, solutions proposées par des femmes et des jeunes dans différentes communautés ». Sur le site web, on peut découvrir l'origine des histoires publiées chaque mois :

[…] Reunimos así a cronistas feministas de diversos orígenes y a bloggers activistas invitados.

El cambio está a la vuelta de la esquina, aunque a veces lo sentimos lejano. La única manera de acercar el cambio es proponiéndonos.

[…] Nous avons réuni ainsi des chroniqueuses et chroniqueurs féministes d'origines diverses et des blogueurs et blogueuses activistes invités.

Le changement est tout proche, même si on a parfois l'impression qu'il est encore loin. La seule façon de le faire advenir c'est de nous y atteler.

Xaviera Medina, la responsable et créatrice de MujeresMundi, est spécialiste de communication en matière sociale. Cette Péruvienne établie en Belgique est également une photographe qui a travaillé en Afghanistan pendant trois ans, où elle a récolté des témoignages. Cette expérience, entre autres, a servi de point de départ à cet espace qui donne la parole à différents intervenants qui racontent à la première personne des histoires de femmes qui ont conquis leur autonomie et de voies d'émancipation dans la vie quotidienne partout dans le monde.

Féminisme, libertés et boxe

Dans une des publications les plus récentes de MujeresMundi, Xaviera raconte comment des gants de boxe peuvent incarner la liberté pour un groupe de femmes à Kaboul :

En el estadio olímpico de Kabul “los talibanes lapidaban a las mujeres y en el gimnasio donde ahora nos entrenamos las encarcelaban”, testimonia Sadar en el documental del joven cineasta, Ariel Nasr. Un documental con un título que podría parecer surrealista para muchos: Las Boxeadoras de Kabul. […] Ariel narra la historia de este peculiar equipo, particularmente de Sadaf, Shabnam y Shalah durante las preparatorias internacionales para poder acceder a los Juegos Olímpicos de Londres. Una competencia que resultó mucho más ruda de lo que el equipo hubiera podido imaginar. […] Las boxeadoras de Kabul utilizan los guantes como una lucha interna contra costumbres e ideologías que han enraizado en su país una cultura controlada por varones.

Dans le stade olympique de Kaboul, « les talibans lapidaient les femmes et ils les emprisonnaient dans le gymnase où nous nous entraînons désormais » témoigne Sadar dans le documentaire du jeune cinéaste Ariel Nasr. Un documentaire dont le titre pourrait sembler surréaliste : Les Boxeuses de Kaboul. […] Ariel raconte l'histoire de cette équipe particulière, surtout de Sadaf, de Shabnam et de Shalah lors des phases préparatoires d'accès aux Jeux Olympiques de Londres. Une compétition qui s'est révélée beaucoup plus difficile que ce à quoi l'équipe pouvait s'attendre. […] Les boxeuses de Kaboul se servent de leurs gants pour mener une lutte de l'intérieur contre les coutumes et les idéologies qui ont ancré leur pays dans une culture contrôlée par les hommes.

De son côté, dans un article très personnel, la journaliste péruvienne Suiry Sobrino raconte des histoires familières de violence normalisée dont elle n'a compris le sens qu'une fois adulte :

Recuerdo que dentro de mi familia se contaba una historia que escuché desde pequeña, mi bisabuelo había visto a mi bisabuela, le gustó, la raptó de su casa […], la encerró en su habitación hasta que ella no tuvo más alternativa que casarse con él. […] sin ninguna explicación previa de nadie, entendí que lo que había sufrido mi bisabuela era una violación (probablemente siendo aún menor de edad).

Je me souviens que, dans ma famille, on racontait une histoire que j'ai toujours entendue : mon arrière-grand-père vit mon arrière-grand-mère, elle lui plut, il l'enleva […], l'enferma dans sa chambre jusqu'à ce qu'elle n'ait plus d'autre choix que de se marier avec lui. […] sans que personne ne me l'ait jamais expliqué, j'ai compris que ce qu'avait souffert mon arrière-grand-mère, c'était un viol (alors qu'elle était encore probablement mineure).

Et voici les réflexions que cela lui inspire :

La mayoría hemos crecido en ambientes en donde se justifica la violencia: “tu papá toma porque está estresado”, “me grita porque está borracho”; “tu hermano invade tu privacidad porque te cuida” […]. Todas estas frases ingresan a nuestros subconscientes y definen nuestra forma de actuar cuando ya somos adultas, sabemos que está mal soportar cualquier tipo de violencia, pero no hemos aprendido a hablar. […] Para cambiar el panorama, para detener los feminicidios, primero hay que asumirnos como parte del problema. ¿Qué estamos haciendo para que nuestras niñas sientan que no pueden hablar? […] Todas las violencias son en primera instancia, solo nuestras.

Pour la plupart, nous avons grandi dans des milieux où l'on justifie la violence : « si ton père boit, c'est parce qu'il est stressé », « il crie après moi parce qu'il est ivre » ; « ton frère se mêle de ta vie privée parce qu'il veille sur toi » […]. Toutes ces phrases pénètrent notre subconscient et définissent notre façon d'agir une fois adultes. Nous savons que c'est mal de supporter la violence sous quelque forme qu'elle se présente, mais nous n'avons pas appris à en parler. […] Pour changer la situation, pour mettre un terme aux féminicides, il faut d'abord reconnaître que nous faisons partie du problème. Que faisons-nous pour que nos filles sentent qu'elles peuvent parler ? […] Toutes les violences sont nôtres avant tout.

Divulgation d'informations et défense en ligne des droits de la femme

En plus des histoires racontées, MujeresMundi est présent sur les réseaux sociaux, où il se penche sur les événements et les avancées concernant le bien-être des femmes ou les violences à leur encontre. Sur son compte Twitter, @mujeresmundibxl, l'équipe a par exemple fait écho à l'indignation suscitée récemment par l'assassinat à Bogota, en Colombie, de Yuliana Samboni, une fillette de sept ans, le 4 décembre dernier ; ou encore des reculs au niveau légal, comme cela a été le cas en Turquie :

#INDIGNATION Des cas de fillettes comme Yuliana qui ne provoquent aucun scandale national

HONTE AU CRIME INSTITUTIONNALISÉ La Turquie envisage d'amnistier les auteurs de viol sur mineure s'ils se marient avec leur victime

L'équipe y annonce également des événements de portée internationale, qui célèbrent des victoires mondiales en matière de défense des droits de la femme :

La naissance d'une maternité à Kaboul. Une bonne nouvelle!

C'est ainsi que cela se passe sur MujeresMundi, avec des chroniques « sur ce qui nous dérange, sur ce qui peut être amélioré et ce qui peut être changé ».

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