Toutes les langues dans lesquelles nous traduisons les articles de Global Voices, pour rendre accessibles à tous les médias citoyens du monde entier

En savoir plus Lingua  »

La police russe ne peut plus attraper facilement les « extrémistes de la toile »

Image by Kevin Rothrock

Image de Kevin Rothrock.

[Sauf mention contraire, tous les liens de ce billet renvoient vers des pages en russe]

Pendant des années, la police russe a utilisé Vkontakte, le réseau social le plus populaire du pays pour traquer les présumés criminels. Chasser les voleurs et assassins est une entreprise difficile et dangereuse et il est peu surprenant que les inspecteurs recherchent plutôt les « extrémistes de la toile ».

Vkontakte attire de nombreux utilisateurs, mais renseigne aussi systématiquement la police russe sur l'identité et la localisation des individus, données indispensables aux poursuites de personnes ayant publié des contenus illicites en ligne.

Pour savoir comment la police russe exploite les réseaux sociaux afin de compléter les statistiques de crimes résolus, consultez le rapport spécial de MediaZona traduit dans RuNet Echo [en].

Selon le site web d'information TJournal, en mettant à jour ses paramètres de confidentialité par défaut le mardi 24 janvier, Vkontakte a réduit de façon significative le nombre de partages de photographies visibles publiquement sur les comptes personnels. Ce changement s'applique aux images « sauvegardées », caractéristique proposée par Vkontakte qui permet aux utilisateurs de s'approprier les images partagées par d'autres. Jusqu'à mardi, tout ce qui était « sauvegardé » par quelqu'un pouvait être ajouté dans l'album d'un tiers pour autre usage, exposant ainsi plusieurs utilisateurs à leur insu.

Le nouveau règlement de Vkontakte ne permet qu'aux propriétaires des photographies de les voir et les cache aux autres. Des personnes peuvent cependant partager leurs « sauvegardes » d'albums publics en modifiant les paramètres de confidentialité de leur profil.

Si ces changements vous semblent insignifiants, pensez à Evgeny Kort, moscovite de vingt ans accusé d'extrémisme en novembre dernier et derrière les barreaux pour un an. Heureusement pour Kort la cour d'appel a ensuite réduit sa peine à une amende de deux cent mille roubles (environ trois mille euros), ce qui reste cher payé pour le crime d'avoir « sauvegardé » une caricature du nationaliste russe Maxime « le Boucher » Martsinkievitch attaquant le célèbre et (de longue date) défunt poète Alexandre Pouchkine.

Kort dit n'avoir jamais voulu diffusé cette image, mais elle s'est affichée publiquement sur la toile à partir de son album de photos « sauvegardées » sur Vkontakte ; preuve pour le système judiciaire russe de sa volonté de propager la haine illégalement.

Les nouveaux paramètres de confidentialité de Vkontakte pourraient aussi avoir des répercussions en Biélorussie où le réseau touche des millions d'utilisateurs. Plus tôt ce mois-ci, une femme a été accusée en Biélorussie de diffusion de pornographie car elle a « sauvegardé » une photographie montrant deux personnes ayant des rapports sexuels. Diana Selvanova, dit avoir « sauvegardé » sur son portable l'image sans y penser ni même réaliser qu'elle montrait un pénis.

Pour son crime, Selvanova encourt deux ans d'emprisonnement, mais pire, elle a perdu son travail et les services de protection infantile ont averti sa famille et l'ont menacé de lui enlever son fils de six ans.

Si Vkontakte avait changé les paramètres de confidentialité des photos « sauvegardées » il y a un an, la police n'aurait probablement pas découvert, ni même poursuivi des personnes comme Evgeny Kort et Diana Selvanova.

Commentez

Merci de... S'identifier »

Règles de modération des commentaires

  • Tous les commentaires sont modérés. N'envoyez pas plus d'une fois votre commentaire. Il pourrait être pris pour un spam par notre anti-virus.
  • Traitez les autres avec respect. Les commentaires contenant des incitations à la haine, des obscénités et des attaques nominatives contre des personnes ne seront pas approuvés.

Je m'abonne à la lettre d'information de Global Voices en Français
Non merci, je veux accéder au site