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#NoCallamosMás (Nous ne nous taisons plus), la campagne qui répond à la violence envers les femmes en Équateur

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Image issue de Pixabay. Publiée sous licence CC0, domaine public.

[Mise à jour du 23 janvier 2017 : la page Facebook de la campagne a été bloquée par la plateforme et sera indisponible pendant trois jours suite à des dénonciations qui, en accord avec les administratrices, accusaient le groupe d'enfreindre les règles de Facebook en utilisant des termes sexuels]

Il s'agit de rompre le silence. Le harcèlement des femmes en Équateur est un thème qui reste sans statistique à jour et jusqu'à il y a peu, sans voix. Les données existantes sont celles de l’Enquête Nationale des Relations Familiales et de la Violence de Genre (2011), qui montrent que six femmes sur dix du pays ont été victimes d'une forme de maltraitance. Cependant, en janvier 2017, l'initiative “No callamos más” [Nous ne nous taisons plus] a débuté afin de faire parler les femmes sur le harcèlement, les abus et les maltraitances qu'elles connaissent au cours de leurs vies.

¿Tienes una historia sobre acoso?
Cuéntanos en tu muro usando los hashtags #PrimerAcoso y #NoCallamosMás. ¿Quieres contar una historia pero proteger tu identidad? Envíala a nocallamosmas@riseup.net y la publicaremos de forma anónima en esta página.

[Traduction : quelle est ton histoire ? Raconte-la-nous sur ton mur en utilisant les mots-clés #PrimerAcoso et #NoCallamosMás. Tu souhaites nous raconter ton histoire tout en protégeant ton identité ? Envoie-la à nocallamosmas@riseup.net et nous la publierons de manière anonyme sur la page.]

Dans un entretien avec GlobalVoices, Verónica, Vera et Francisca Frisone, les créatrices du projet, racontent que l'idée leur a été inspirée par d'autres initiatives d'Amérique Latine, comme #MiPrimerAcoso, qui a permis de dénoncer sur les réseaux sociaux les différents abus vécus par les femmes et qui a débuté au Mexique, avant de s'étendre à toute la région :

[#Nocallamosmás] es una invitación a que las mujeres puedan poner en palabras sus historias para poder colectivizarlas con el afán de sentirnos respaldadas, sentir que no estamos solas, sentir que nuestras historias son compartidas y que tienen algo en común.

[#Nocallamosmás] est une invitation lancée aux femmes pour qu'elles mettent en mots leurs histoires afin de pouvoir les collecter, et ce dans l'espoir de nous sentir soutenues, de ne plus nous sentir seules, de sentir que nos histoires sont partagées et qu'elles ont quelque chose en commun.

La page Facebook “No callamos más” compte pour le moment 6638 likes et le profil Twitter @nocallamosmas 352 followers. Des histoires de violence, d'abus, de harcèlement, de coups, de viols, d'attouchements, etc. ont été publiées avec l'autorisation des victimes.

Traduction : “Une fois arrivés chez lui, un baiser par-ci, une caresse par-là, mon instinct m'autorisait à aller un peu plus loin, mais à un moment donné, j'ai dit non, j'ai résisté, j'étais terrifiée et j'ai dit NON, j'ai crié, je me suis débattue, j'ai essayé de fuir à tout prix, mais je n'ai pas pu ! Malgré toute ma résistance, j'ai été forcée et c'est ainsi que j'ai vécu ma première expérience sexuelle, avec des douleurs au corps et à l'âme, le cœur rempli de rage envers moi-même et envers lui.”

La première étape de cette campagne, raconte Francisca, a été la création d'un groupe privé pour femmes, qui compte actuellement 26200 membres. Toutes n'ont pas partagé leurs témoignages, mais celles qui ont raconté leurs histoires dans le groupe ont donné leur autorisation pour que celles-ci soient partagées sur la page publique de No callamos más.

“Je ne voulais pas, je lui ai dit non, lui a commencé à insister pour que je le fasse…” Ainsi commence un des récits. “J'ai vécu une expérience avec un commerçant du quartier qui voulait m'emmener dans son arrière-boutique avec de douces promesses et des cadeaux. Un jour il m'a invitée en me montrant son membre, je suis sortie en courant”, raconte un autre.

La deuxième étape de ce projet est d'inviter toujours plus de personnes à ne pas accepter plus de violence. Une réunion s'est tenue le samedi 28 janvier à Quito, au parc “El Arbolito”, pour que les citoyens s'expriment sur les réseaux sociaux, en famille et dans tous les secteurs de la société. Cela permet ainsi de créer plus d'espaces sûrs où les femmes peuvent aborder le thème de la violence, de l'abus et de leurs conséquences. La page Facebook No callamos más servira de plateforme de dénonciation aussi publique qu'anonyme.

En Équateur, la problématique sociale des violences faites aux femmes dans les relations interpersonnelles et/ou familières a été dénoncée par les mouvements féministes dès les années 80. Actuellement, la violence de genre dépasse les 50 % des faits de violence qui se déroulent dans l'ensemble des provinces du pays. Selon les autorités, 80 féminicides ont été enregistrés en 2016, et au cours des quatre premiers jours de l'année 2017, on a comptabilisé un délit toutes les 32 heures.

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